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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 11:23

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Un bon film de trouille, un vrai, qui nous parle de démons et de religion sans sombrer dans la redite exorcisante, peut-on encore ne trouver ? Oui ! Avec La sentinelle des Maudits (qui utilise en prime les charmes d’Ava Gardner), on a droit à un spectacle de qualité, original et parfaitement mené, qui parvient à faire de l’angoisse pure tout en tapant sur la façade d’une vie de colocataires semblant anodine. Un véritable morceau de bravoure qui oublie toutes les références du genre jusqu’ici explorés (on croirait avoir affaire à du Rosemay’s baby, mais les enjeux sont autrement plus troublants), pour culminer dans un final plutôt tendu et un épilogue loin des conclusions habituelles apportées au genre.

L’histoire : Alison Parker, top model très demandée dans le monde de la mode et ayant une relation épanouie avec Michael, avocat renommé, souhaite conserver un peu d’indépendance en ayant son propre appartement. Son choix se porte sur une petite annonce vantant les mérites d’un vieil édifice du centre ville. Mais rapidement, les colocataires se révèlent troublants avec Alisson.

 

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Vraiment, il s’agit d’une très bonne surprise quand on découvre La sentinelle des Maudits, véritable petite bombe dans le domaine du film horrorifique mêlant la religion à son intrigue. Ici, point de possession à attendre… Il s’agit d’une histoire plus complexe, qui pourrait vaguement rappeler, dans son idée principale, L’au-delà de Fulci. Le film opère assez classiquement dans le développement de son intrigue, en décrivant d’abord le quotidien d’Alisson (la très belle Ava Gardner) qui s’installe dans un nouvel appartement plutôt isolé. Un petit flash back nous informera sur une étape déterminante de sa vie : sa tentative de suicide (après découverte d’une orgie où participait son père). Passé ce traumatisme, la belle Alisson avait alors lancé sa carrière, et se trouve maintenant dans le monde de la pub. Mais une fois installée dans son appartement, elle commence à recevoir la visite de ses étranges colocataires. Un vieillard un peu fou, un couple de lesbiennes particulièrement glauque (la première entrevue mettra immédiatement le spectateur mal à l’aise). Sans parler du mystérieux prêtre du dernier étage, qui passe son temps à regarder par la fenêtre alors qu’il est aveugle. Et la nuit, de mystérieux bruits proviennent de l’appartement supérieur, pourtant déclaré comme inhabité. Si les éléments perturbateurs commençaient à apparaître, l’histoire progresse d’un bond lors de la révélation qui arrive après la première demi-heure : à l’exception du prêtre, l’hôtel est désert, aucun des autres appartements n’est occupé. Diable, nous avons vécu une demi heure d’hallucination sans jamais nous en rendre compte… Et ces dernières de reprendre de plus belles, en virant de plus en plus sur le glauque avec des apparitions dérangeantes (les animaux de compagnie qui se dévorent), quand elles ne virent pas dans les moments de flippe totale (l’angoissante exploration de l’appartement supérieur, qu’une morbide (et gore) apparition rendra mémorable. Alors que la top model s’enfonce chaque jour un peu plus dans la dépression (considérée comme folle par tous les médecins qu’elle voit), son compagnon commence à mener sa petite enquête, qui le conduit bientôt vers le clergé. Les révélations qui suivront seront déterminantes dans la compréhension des enjeux qui animent le récit depuis les premières hallucinations, et le résultat final en sera grandement marqué (avec notamment un épilogue assez atypique). La sentinelle des maudits reste donc essentiellement un travail d’ambiance, qui essaye par le recours de plus en plus insidieux à l’hallucination de brouiller complètement les repères de la vie quotidienne d’une pauvre victime, qui ne sait alors plus quand elle s’adresse à une personne réelle ou à… on ne sait quoi. Toujours est-il que le film a fait polémique lors de sa sortie pour son dernier acte, où une cohorte de démons ont été joués par d’authentiques malformés. Les êtres difformes apparaissant à l’écran ne sont pas maquillés, ce qui superpose à leur laideur un côté démoniaque qui a fait couler un peu d’encre à l’époque. Un choix osé qui se révèle payant sur l’écran, le résultat parvenant nettement à dépeindre les émotions recherchées. Fort d’un casting sérieux et d’un scénario en béton, La sentinelle des maudits demeure un excellent film d’horreur, ayant bien supporté le poids des années (les quelques maquillages sont loin d’être ratés) et dont l’ambiance particulière devrait combler les amateurs. A redécouvrir d’urgence !

 

4.7/6

 

1977
de Michael Winner
avec Chris Sarandon, Cristina Raines

 

http://4.bp.blogspot.com/-W6034HPe7sA/Tqp9ypPe7FI/AAAAAAAAAKs/vW5ReUWe9x4/s1600/Image+1+-+copie+2.jpg

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Published by voracinephile - dans Epouvante ( qui stresse)
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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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