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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 09:20

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C’est l’avis d’un cinéphile blasé qui parle aujourd’hui. La vague geek est en train de mourir. Elle aura connu sa montée avec le très populaire Shaun of the dead, avant de prendre clairement son décollage entre 2009 et 2010. Elle connût alors une période fastueuse avec tout un tas de comédies horrifiques anglaises, de projets loufoques (comme Zombieland ou Kick Ass), portée par un élan public puissant. Consacrée dans de grand blockbuster (Tron Legacy), la culture geek est entrée dans les mœurs, redevenant cool (avec des évènements notables comme Scott Pilgrimm). Puis la vague a commencé à retomber. Paul s’essoufle, les comédies horrifiques sortent plutôt en dvd, Ted peine à convaincre… Et voilà aujourd’hui Le dernier pub avant la fin du monde, conclusion de la trilogie Cornetto initiée par shaun et complétée par Hot Fuzz, qui n’était attendu par personne et qui n’a pas grand-chose à offrir.

L’histoire : à la sortie du lycée, 5 amis organisent un bar-a-thon dans les 12 pubs de leur village. Les choses se gâtent et leur tournée ne sera jamais terminée. Une vingtaine d’année plus tard, leur chef de bande leur donne tous rendez-vous pour refaire la route de la bière, au complet cette fois ci.

 

Le-Dernier-pub-avant-la-fin-du-monde-Photo-Simon-Pegg-01.jpg

 

Oui, ça ressemble étrangement à Very Bad Trip, et pendant toute la première partie, on est effectivement à ce niveau là. Reste qu’on est moins dans la connerie irresponsable que dans une immaturité crasse. Et c’est bien ce qui décourage sur le cinéma d’Edgar Wright, qui depuis sa fulgurante ascension, a été sacré trop vite réalisateur à suivre (et je suis d’autant plus amer que j’ai fait parti de ses fans). A l’exception de Hot Fuzz, qui s’amusait de sa bêtise en dopant son pitch pépère avec les codes du cinéma d’action, Edgar Wright ressort toujours le même message de film en film. Être un geek, c’est cool, mais ce n’est pas ça qui aide à prendre des responsabilités dans la vie (avoir une copine, un boulot, s’intégrer…). Donc, le temps du film, le personnage geek prend conscience de son immaturité, mais avant de grandir, il va aller jusqu’au bout, pendant toute la durée du film en fait. Oui, c’est gentil, mais c’est toujours la même chose, alors que le temps passe. Edgar Wright a cristallisé cette belle image, et il la ressort à chaque nouveau projet, en la maquillant différemment. C’est calibré pour avoir l’air profond sous la légèreté, mais c’est totalement inoffensif, et d’ailleurs, c’est vide de toute substance (OK, c’est un trip régressif, et j’ai conscience que je ne suis pas intégré dans le monde, mais putain, je continue, et me traite pas d’immature, parce que je suis au courant mais que je persiste). Il est facile d’y voir un divertissement léger, car il ne contient rien. Rien d’autre qu’un humour léger (pas forcément désagréable, quelques gags sont drôles), des allusions cinéphiles et une galerie de quarantenaires qui échangent leurs vieux souvenirs. Oui, leurs souvenirs sentent un peu le vécu, et peut être que certains s’y reconnaîtront. Mais ce n’est en aucun cas ce qui se passe sous nos yeux qui va nous les faire aimer. Ils nous sont étrangers, et le restent pendant tout le film. Mais la conclusion est plus grave. En l’état, en cours de route, le film a besoin d’un twist référentiel (c’est obligé, vu que Wright ne fait que des films de geek). Et c’est vers l’Invasion des profanateurs de sépultures que le réalisateur jette son dévolu, faisant un remake comique des chefs d’œuvres de la SF bien connus des cinéphiles. C’est amusant, mais une fois la référence avalée, le film devient absolument pesant. Aucune surprise, la redondance des bars qui défilent n’est pas évitée, l’humour devient lourd… Et rien ne se renouvèle plus dans la formule qui finalement mélange deux ingrédients (Very Bad Trip / Body Snatchers) sans parvenir à les faire cohabiter. Comble de l’immaturité, le face à face final entre nos survivants complètement bourrés et l’intelligence artificielle des extra terrestres, qui annoncent clairement leur projet d’améliorer les conditions de vie terrestres en leur offrant un corps affranchi du vieillissement et la possibilité d’améliorer le cadre de vie moyen de la planète entière. Et répondant avec une insolence éthyllique, ils balancent des concepts dont ils ne comprennent même pas le sens (la liberté, pfff), décourageant à eux seuls les tentatives des aliens dans un vague élan de suffisance bouffie d’orgueil d’être des humains et d’être fiers de faire des erreurs. L’éloge de la revendication de la médiocrité comme réponse faite aux Aliens… Don Siegel doit se retourner dans sa tombe. Certes, c’est drôle de se taper des trips régressifs, mais aller jusqu’à les revendiquer pour en faire l’étendard de sa liberté… Autant dire qu’on peut faire tout ce qu’on veut comme ça on est libre. Et oui on devra se réveiller à la fin du film, mais jusqu’au générique, on fait ce qu’on veut… Non clairement, je ne vois plus ce qu’il y a d’amusant ou même de divertissant dans le cinéma d’Edgar Wright. On peut toujours trouver ses personnages amusants, son cinéma soit disant référentiel et innovant était juste inhabituel. En fait, il est facilement résumable, et donne lieu à des créations qui rivalisent en vacuité les unes avec les autres sous couvert de références ultra-sélectives. Du Tarantino sans les dialogues pêchus ou l’essence de cinéma.

 

1,8/6


2013
de Edgar Wright
avec Simon Pegg, Nick Frost

 

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commentaires

Zogarok 16/09/2013 20:28

N'étant pas fan des fientes sordides dans la lignée de "Very Bad trip", je passe mon tour et le laisse aux publics réservés.

voracinephile 16/09/2013 21:54



Pour le coup, c'est un produit estampillé "film de potes à voir avec de la bière". L'interview de Wright au sujet du film fait preuve d'une certaine subtilité, qui hélas ressort bien peu ici. Les
dialogues sont sympathiques, pour les comiques de langage, Shaun of the dead et Hot Fuzz en faisaient déjà de sympathiques, on est dans ce registre léger. En l'état, c'est bien moins con qu'un
very bad trip, mais quand l'enjeu principal d'un film est de faire une tournée de 12 bars avec une pinte à chaque étape, on peut soupirer... Surtout que la partie SF est pas mal ratée malgré
l'hommage attendu.



princécranoir 13/09/2013 18:24

Très intrigante cette désaffection croissante pour le p'tit gars Wright qui nous avait quand même bien fait bidonner avec ses zomblards à l'assaut d'un pub. C'est vrai que depuis, l'inspiration
glisse doucement vers le déclin. "Hot Fuzz" restait sympa, avec ses clichés de film d'action passé dans la boule à thé de la fiction british et sa pointe de non sens. J'ai fait l'effort jusqu'au
bout (non sans mal) pour "Scott Pilgrim" et, mine de rien, le film est sauvé sur la fin et m'a, contre toute attente, laissé un souvenir plutôt plaisant. Je ne suis pas encore entré ce "Pub de la
fin des temps" (parce que je n'en ai pas eu justement... du temps... follow me ?) mais je ne me sens pas plus attiré que ça (surtout après avoir pris connaissance de ton avis dessus).

voracinephile 14/09/2013 19:36



Je suis le premier à être désolé. J'avoue que malgré moi, je me désintéresse complètement de ce cinéma jouissif par excellence. Mais je trouve qu'il n'y a plus aucune finesse. A la base, les
films se veulent différents dans leur mélange des genres, mais là, il n'y a rien de différent, c'est juste un mix de différents films qui ne fonctionnent pas entre eux... J'avais envie d'y
croire, je partais sans à priori, et le coup du barathon m'a mis sur les rotules dans les 5 premières minutes. Heureusement que quelques bons gags viennent faire passer la pilule, je serai
beaucoup plus amer sinon...



alice in oliver 09/09/2013 20:16

tiens étonnant, j'ai, plutôt lu de bonnes critiques sur ce film

voracinephile 09/09/2013 21:01



Je suis un gros blasé d'Edgar Wright ! Non, sincèrement, même si quelques dialogues typique comique anglais léger fonctionnent, j'ai trouvé le reste totalement lourd (faut dire que la tournée des
bars, ça m'enchante moyen...), et une fois que le twist référentiel attendu est éventé, plus rien... Ce n'est pas parce que ça a l'air fou que ça l'est. C'est juste inhabituel.



Kapalsky 08/09/2013 22:02

Wright a sous la main le Ant-MAn pour Marvel et un projet de film d'horreur, espérons que ce sera l'occasion de retrouver de l'inspiration.

Quand à "Scott Pilgrim", n'étant pas du tout fan de l'oeuvre de base, je n'ai pas été séduit plus que de raison par le métrage. C'est effectivement un des meilleurs comic books traduits en films,
mais les personnages m'irritent et l'histoire m'agace, alors c'est dur de donner un avis par rapport à son statut la filmo du réal british.

voracinephile 08/09/2013 22:26



A suivre, mais je ne me fais pas vraiment d'illusions. Pour l'horreur, faut voir si il fait ça sérieusement ou si il repique sous la forme d'une comédie horrifique.


J'ai les mêmes réserves que toi sur Pilgrimm, je n'aime pas déjà le matériau de base. Aimer le film est donc impossible, toutefois, on peut noter le savoir faire référentiel. Mais ce cinéma est
aussi creux que le matériau d'origine.



Kapalsky 08/09/2013 21:08

Wow!Tu n'y vas pas de main morte avec le dernier Wright :D
Si je peux me permettre, c'est bien au-dessus d'un Very Bad Trip, qui se veut hyper-régressif au point d'en être lénifiant arrivé au troisième épisode.
Wright est un réal geek, c'est connu, mais je ne pense pas qu'il fasse ses films en porte-étendard de la communauté...certains se disent tributaires de la culture geek mais en livrent des
caricatures, Wright et ses compères sont de vrais dans l’âme, et même si leurs oeuvres n'arrivent pas à la hauteur de leurs modèles, revendiqués ou non (mille respects à vous, maitre Siegel), ils
mettent quand même du cœur à l'ouvrage.

voracinephile 08/09/2013 21:47



Je ne m'attendais pas à un constat aussi sévère de ma part. Scott Pilgrimm m'avait saoulé (je ne l'ai jamais regardé en entier), mais ça s'arrêtait là. Maintenant, je sais que je ne peux
quasiment plus. Les personnages ont beau avoir de l'humour, leurs retrouvailles n'ont rien de très enthousiasmant, et une fois le coup des extra terrestres découvert, c'est devenu complètement
lassant. C'est soit disant fou, mais il n'y a rien de fou, c'est juste un mélange de genre qui fonctionne en roue libre. Aucune surprise, plus de fraîcheur... Je n'espère plus rien de Wright
maintenant, il a atteint ses limites. Il lui aura fallu peu de temps... Edgar ne se considère pas comme un porte étendard, j'en suis sûr. Mais il n'a aucune contrainte sur ces projets, or ça
s'appauvrit considérablement sur l'autel de la jouissance référentielle. Les références, c'est marrant, mais là, ils ne jouent même pas avec les codes. Ce sont des gags à la Paul (que je méprise
un peu pour sa vulgarité). Les cornettos sont peut être toujours sincères, mais leur style est maintenant complètement sous contrôle. On reste évidemment au dessus de very bad trip, qui
récupèrera probablement un 0/6 sur ce blog...



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