Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 15:41

Le_dernier_roi_d_ecosse.jpg

 

Nouveau drame traitant des nombreux maux de l’Afrique, Le dernier roi d’écosse vient s’ajouter à la liste des films conscients des enjeux qui régissent l’univers abordé (Blood diamond, Johnny Mad Dog…). Offrant à Ewan Mc Gregor un de ses premiers grands rôles aux côté d’un Forest Whitaker halluciné, le film se livre à une peinture convaincante de l’Afrique en utilisant intelligemment ses seconds rôles…

L’histoire : un jeune médecin tout juste promu décide de partir en Uganda afin de mettre de la distance entre lui et sa famille. Employé dans une mission, il soigne le nouveau président, récemment introduit au pouvoir par un coup d’état. Ce dernier lui propose alors de devenir son médecin personnel.

 

dernier-roi-d-ecosse-2006-26-g.jpg

 

Excellent film que ce dernier roi d’écosse, qui, ô surprise, traite son personnage principal avec un certain mépris, en laissant la part belle aux seconds rôles, illustrant des enjeux bien plus importants que le petit médecin blanc venu aider les populations en détresse avec son ingénuité. La fraîcheur du film vient surtout de la proximité qui s’installe entre le médecin et le dictateur,  qui se rapprochent considérablement pendant la première moitié du film. Première moitié qui semble donner une chance au dictateur, mais qui ne trompe pas le public avec ses évidentes ellipses qui masquent toutes les décisions politiques prises par le gouvernement récemment installé par la force. C’est d’ailleurs la principale fonction du personnage de James McAvoy : montrer combien il est facile (et commode) de se laisser aveugler en se focalisant sur un angle particulier de vision (malgré les avertissements répétés des personnes qui l’entourent, le médecin défend sans retenue Amin Dada). Jusqu’à ce que la paranoïa de ce dernier soit si évidente qu’il devient impossible de fermer les yeux ; hélas, c’est trop tard. Et commence la pathétique déconfiture du personnage, reconnaissant ouvertement son aveuglement, sans parvenir à influer d’une quelconque manière sur le cours des évènements. Dans le rôle du dictateur, autant dire que Forest Whitaker se met au jeu de la performance et qu’il en tient une belle, qui lui vaudra d’ailleurs l’oscar du meilleur second rôle masculin (amplement mérité). Tantôt charismatique, tantôt glaçant, le personnage de plus en plus imprévisible fascine, et c’est bien lui qui mène le récit, à son rythme, et avec ce qu’il faut d’intensité pour continuellement capter l’attention du spectateur. Enfin, il est nécessaire de parler du rôle de Simon mcBurney, qui incarne avec une jubilation contenue l’excellent rôle du blanc implanté en Afrique pour prospérer, qui entretient une vision parfaitement cynique de la situation (et bien hypocrite comme il faut, car c’est nécessaire pour subsister en cas de défaite de son propre camp), mais qui a assimilé les codes régissant le pays et qui cumule les contacts politiques, les conservant jalousement pour son usage personnel. Une quasi-étude de caractère dans son cas, le personnage exaltant un nauséabond parfum d’obséquiosité. Drame historique bien géré n’ayant rien perdu en impact (parallèles évidents avec d’autres dictatures africaines), Le dernier roi d’écosse peut se targuer d’être à la hauteur de sa réputation, tout en offrant à Forest un de ses meilleurs rôles. Marquant.

 

4,5/6


2006
de Kevin Macdonald
avec Forest Whitaker, Gillian Anderson

Partager cet article

Repost 0

commentaires

temple of whiskers 16/07/2013 19:57

une critique très juste, mais il me semble que Roman Polanski ne joue pas dans le film

voracinephile 16/07/2013 20:42



Bienvenue sur ce blog, Temple of whiskers ! Merci beaucoup pour ce commentaire, ces compliments et d'avoir effectivement relevé ce disfonctionnement de ma part (hérité de la lecture d'une autre
chronique que j'irai à mon tour rectifier). Il s'agit effectivement de Simon McBurney dans le rôle du blanc obséquieux (quoique la ressemblance puisse induire un doute). Merci d'avoir soulever ce
couac, je rectifierai sous peu.



Zogarok 11/07/2013 09:29

"Une quasi-étude de caractère dans son cas" c'est très féroce. Un film important sinon et oui, ce petit médecin est une tête à claque, on se retient de le haïr.

voracinephile 11/07/2013 13:47



Ah, le personnage campé par Polanski m'a vraiment plu, la parfaite ordure opportuniste qui retombe sur ses pattes dans toutes les situations, se condamnant à une lâcheté obséquieuse en public,
mais en privé, un véritable tyran. La scène où le médecin arrive en le suppliant et où il l'enfonce à chaque réplique et en le mettant complètement à sa botte, c'était jubilatoire. Le médecin
pourra remercier la chance pour sa sortie. Les personnages secondaires sont en revanche parfaitement ancrés dans le paysage et assument parfaitement leur rôle.



alice in oliver 09/07/2013 22:45

excellent rôle pour Forest Whitaker, totalement effrayant dans la peau de ce dictateur

voracinephile 10/07/2013 21:20



C'est surtout grâce à ta chronique sur Naveton que je m'étais décidé à le voir. Un bon choix, le film délivrait de vraies performances d'acteur par moments



Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche