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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 10:52

 

http://images.fan-de-cinema.com/affiches/drame/docteur_jivago,2.jpg

 

Place au genre Epopée avec Le docteur Jivago, petit classique du cinéma avec Omar Sharif, qui par l’intermédiaire du docteur Jivago, va nous faire suivre l’évolution politique et sociale de la Russie pendant la révolution russe. Du romesque à l’état pur, pour un récit qui s’écoule sur la durée d’une vie et qui cerne avec de bonnes idées la dureté de l’époque.

L’histoire : Jivago, étudiant en médecine dans les années 1900, projette de se marier prochainement. Dans la rue, des protestations pacifiques manifestant pour la révolution se font massacrer par les soldats du Tsar. On s’intéresse alors au destin d’un activiste et de sa femme.

 

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Le frère du docteur Jivago, intéressante personnalité tentant de sauver son frère poète des griffes des gardes rouges...

 

Excellent film que ce Docteur Jivago, qui peut se vanter d’avoir fait un portrait définitif de la Russie pendant sa guerre civile et son basculement dans le communisme. Partant sur des bases connues (et familières : nos héros côtoient des gens aisés, les décors sont fastueux…), le film  se dépouille peu à peu de toutes ces richesses, en même temps que nos héros qui se voient peu à peu déposséder de tous leurs biens. En début de film, la révolution semble être la promesse d’une liberté (comme toutes les révolutions). Jusqu’à cette séquence cruelle où la cavalerie charge littéralement une procession pacifique et massacre une cinquantaine de civiles. Et alors que Jivago tente de soigner une survivante, cette dernière est emmenée par les militaires et chargée avec les cadavres ramassés sur la chaussée. Si le film s’intéresse beaucoup à nos personnages et filme leurs destins respectifs, les périodes qu’ils traversent sont très intéressantes historiquement. Avec la première guerre mondiale, Jivago est envoyé sur le front pour soigner les blessés. Jusqu’à ce que les militaires abandonnent le front et se rebelle contre leurs supérieurs. Une scène de mutinerie assez barbare (pour le coup, voir des soldats tuer un commandant à coup de crosse de fusils, ça fait bizarre dans un film romanesque comme celui-ci) qui annonce la violence de la révolution à venir. Cette dernière a lieu sur le chemin du retour, et quand Jivago obtient enfin la permission de rentrer chez lui, le communisme a déjà commencé. Sa maison ayant été réquisitionnée, il vit cloîtré dans une pièce avec sa famille, alors que des membres du Parti intrusifs cherchent tous les prétextes pour leur nuire ou leur confisquer des biens. Une situation particulièrement frustrante, où un simple vol de bois de chauffage peut valoir une exécution sommaire. La situation, ô combien frustrante, est magnifiquement exploitée, parvenant à introduire suffisamment de pression pour former les Jivagos à partir se réfugier à la campagne. L’occasion de juger des conditions de voyage en train, nos personnages se retrouvant dans des wagons à bestiaux où sont installés sommairement quelques paillasses et un réchaud. J’en profite pour glisser entre parenthèses que les paysages sont magnifiques, dans la grande tradition des épopées grandioses du cinéma des années 60. Le voyage en train sera aussi l’occasion de faire intervenir notre ancien activiste, devenu général des gardes rouges (œuvrant pour la Révolution) et massacrant des villages entiers pour lutter contre les gardes blancs. Un véritable boucher qu’il est agréable de retrouver après sa disparition lors d’un assaut de tranchée. Mais la maison de campagne de Jivago a été elle aussi réquisitionnée par la Révolution. Ils s’installent donc dans un petit cabanon à proximité, mais si la splendeur des lieux a de quoi émerveiller, l’incertitude concernant l’avenir a de quoi inquiéter gentiment le spectateur. En fait, le rebondissement abrupt viendra d’une bande de gardes rouges qui recrutent de force le docteur sur un chemin, l’arrachant à sa famille et le laissant dans la plus complète incertitude. C’est d’ailleurs un des côtés cruels du film : à part une lettre datée et jamais renouvelée, le docteur Jivago ne retrouvera tout simplement jamais sa famille, partie se réfugier quelque part en France. D’une beauté naturelle réellement sublime et doté d’une narration classique, mais solide, fréquemment traversé de scènes tableaux très bien dirigées (la toundra russe, les scènes de batailles, les steppes enneigées…), Le docteur Jivago est un délice pour les amateurs de vieux films, de récits réalistes et de destins humains, qui s’érige immédiatement comme un grand film à redécouvrir d’urgence.

 

5/6


1965
de David Lean
avec Omar Sharif, Julie Christie

 

http://i78.servimg.com/u/f78/15/08/01/26/vlcsn123.jpg

Et en plus, y a cette bonne vieille trogne de Klaus Kinski qui passe cachetonner...

 

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Published by voracinephile - dans Aventure (la mine d'or)
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commentaires

Vince12 07/09/2012 17:25

Peut être je le verrai à l'occasion même s'il n'en vaut pas le coup.

voracinephile 08/09/2012 21:04



Certes. Il y a quelques acteurs sympathiques au menu. J'attends ton avis, mais je ne pense pas avoir de grosses surprises. Un essai qui n'a pas réussi à trouver le bon équilibre...



Vince12 06/09/2012 14:12

D'ailleurs je n'ai toujours pas vu Chungkaï. mais le Pont de la rivière Kwaï fait indéniablement parti de ses monuments à grands spectacle dont on ne se lasse (et puis à l'époque ce n'était pas un
festival d'effets spéciaux, quand on pense aux décors, aux figurants...)

voracinephile 07/09/2012 13:44



Chungkaï, maintenant que j'y réfléchi, tu peux t'en passer. Si le film a pour ambition d'être une expérience humaine forte, il exagère vraiment beaucoup de chose... Avec notamment les prisonniers
qui pardonnent à leurs bourreaux en pleine captivité (on les maltraite encore, mais il pardonnent... Certes, c'est beau dans l'idée, mais les images peinent vraiment à convaincre...)



Vince12 06/09/2012 12:45

Chef d'oeuvre de David Lean pour moi son troisième meilleur après le Pont de la rivière Kwai et Lawrence D'arabie

voracinephile 06/09/2012 12:58



Il faut vraiment que je vois le pont de la rivière kwai en entier, son début m'a vraiment plu. Pour le coup, Chungkaï le pompe vraiment, mais en moins subtil (la balle dans la tête du commandant
la première fois où il parle de la convention de Genèves, c'était déjà trop).



borat8 05/09/2012 21:57

Jamais vu au contraire de l'autre grand classique de David Lean, Lawrence d'Arabie.

voracinephile 05/09/2012 23:08



Lawrance d'Arabier, je l'ai aussi en dvd. Il va falloir que je le termine, un très grand spectacle... Pour le coup, sa vie a un intérêt historique capital. Voilà un film à montrer !



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