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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 10:54

affiche_Dragon_du_lac_de_feu_1981_1.jpg

 

Disney nous a habitué à produire plutôt de bons films jusqu’à l’aube des années 2000, après lesquelles le studio s’est embourbé dans un cinéma régressif douteux. On peut donc se consoler des récents navets qu’ils nous ont imposés par les vieux films qu’ils ont produits pendant les décennies précédentes. Et dans leur filmographie, on peut noter un cas assez troublant : celui de Dragonslayer (le dragon du lac de feu). Un film d’aventures plutôt violent qui cherche à proposer du cinéma fantastique de qualité avec un sérieux qui parfois étonne. Retour sur une production Disney qui n’a rien d’un Disney.

L’histoire : la contrée d’Urland est terrorisée par le dernier dragon du continent. Le seigneur local a installé un système de loterie afin de choisir de jeunes vierges à offrir de jeunes vierges pour les offrir en sacrifice au monstre. Un apprentis magicien décide d’aller me combattre.

 

dragonslayer.jpg


Il est assez amusant de découvrir ce film d’héroïc fantasy qui, si il a été financé pour son côté merveilleux et conte de fée par Disney, prend une tournure bien plus sombre que les productions habituelles de cette firme. En effet, tout est fait pour faire un film fantastique à l’ancienne, avec des trucages certes imparfaits mais qui réjouissent le public (attendez vous à l’un des dragons les plus beaux que le cinéma ait jamais produit), et une histoire sérieuse qui pose les bases d’un univers sympathique qui a tout pour convaincre. Un royaume abritant la tanière du dernier dragon du continent, qui choisit de cohabiter avec la bête plutôt que de se mesurer à elle (par crainte de ses représailles en cas de défaite d’une armée régulière), et qui lui offre régulièrement des sacrifices humains pour la nourrir. Pour un Disney, c’est déjà du lourd. Surtout que le dragon fait vraiment tout pour être effrayant. C’est une bête méchante et terrifiante, qui reste toujours tapie dans l’ombre de sa grotte et qui ménage ses apparitions pour mieux saisir le public. Un peu frustrant d’ailleurs de le voir souvent caché, mais le final se rattrapera en nous offrant un combat magnifique. Le héros du film, c’est un jeune apprenti magicien qui voit son maître se faire tuer en début de mission, et qui décide de continuer cette dernière en allant occire le dragon. Seulement, le jeunôt n’a aucun pouvoir. La magie qu’il essaye d’utiliser avec plus ou moins de succès, il la doit à une amulette de son maître qu’il utilise un peu à la louche. Toutefois, bien que le héros soit jeune, il n’est pas non plus traité comme un crétin benêt, puisqu’il réfléchit à quelques idées intelligentes concernant le dragon (les victimes sont attachées à un poteau devant une grotte, mais le dragon vit-il vraiment dedans ?) et qu’il s’attaque à la politique de loterie du roi local (il est en effet un peu bizarre que les filles de la noblesse ne tombent jamais au tirage au sort). Des ambitions plutôt convaincantes, surtout que la magie est traitée par un certain minimalisme réaliste qui évite aux effets spéciaux d’avoir trop vieillis. Et le gros point fort du film, c’est qu’il s’attaque à la religion catho. Tuedieu ! Un disney qui taille les cathos ! Heureusement que Narnia et consort est revenu rétablir l’équilibre de la bonne morale ! Dans Dragonslayer, la religion catholique voit en le dragon un suppôt de satan, et commande donc à ses fidèles de prier afin que la bête recule. Autant dire que la religion n’aide pas beaucoup à résoudre le problème, quand elle ne précipite pas directement ses fidèles dans la gueule du loup par une escarmouche qui vire à la débâcle. On ajoute à ça un final assez ironique où la religion s’approprie la victoire sur le dragon en méprisant l’apprenti magicien, et on obtient un réquisitoire minimaliste mais efficace sur le christianisme, ce qui avouons-le rend ce disney plus sympathique que la moyenne. Si la violence relative du film incite à imposer une limite d’âge de 10 ans pour le public (on a quelques plans d’une victime en train de se faire bouffer par des dragonnaux), la qualité du spectacle est si honnête qu’un visionnage s’impose, au moins pour se convaincre que Disney arrivait à casser son image de temps à autres.

 

4.5/6

 

1981
de Matthew Robbins
avec Peter MacNicol, Caitlin Clarke

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Published by voracinephile - dans Aventure (la mine d'or)
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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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