Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 10:56

le-grand-soir-affiche.jpg

 

Un peu de cinéma français avec un film fait par les créateurs de Groland : Le grand soir. Tourné en Charente avec des poids lourds de notre cinéma (Poelvoorde et Dupontel, excusez du peu…), Le grand soir s’attaque à un problème actuel : la crise. Celle qui fait peur à tout le monde, sauf aux punks…

L’histoire : Benoît est punk, Jean Pierre est vendeur de matelats, ils sont frères et se retrouvent à l'occasion de l'anniversaire de leur mère, caissière dans un fast food indépendant. L'occasion de confronter les caractères en ces temps de crise...

 

http://cinecdoche.com/wp-content/uploads/2012/05/les-wampas-4e2d6a6d16a12.jpg

 

Il est assez plaisant de voir des comédies décalées dans ce genre de nos jours, qui parlent en plus d'un problème actuel et qui ose donner une réponse marginale à l'état de crise. Plutôt que d'accepter la récession (et donc implicitement l'austérité), nos personnages prennent la voie punk et se mettent à hanter un centre commercial charentais (celui où je vais faire mes courses en Charente pour l'anecdote, à Gond-Pontouvre) en prônant la rébellion. Benoît est déjà punk, il vit donc en marginal, dort dans la rue, méprise la société et se revendique comme libre (mais il en chie), alors que son frère Jean Pierre, employé vendeur de literie, loue la société de consommation, vente les mérites du centre commercial, des normes du système... C'est l'employé modèle, jusqu'à ce que son patron lui annonce que ses objectifs semestriels ne sont pas suffisants et qu'il risque fort d'être licencié en ces temps de crise. A partir de là, tout se dérègle. Le moindre retard devient catastrophique, un client potentiel qui déclare ne rien vouloir acheter devient un ennemi (scène hilarante avec un petit malin qui dit venir en magasin prendre les références pour acheter au rabais sur internet), rien de va plus jusqu'au pétage de câble, et à l'attendu licenciement. Et une fois ce dernier arrivé, impossible de retrouver un boulot dans la même branche. Jean Pierre devient alors imprévisible, se lançant régulièrement dans des réactions de colère drôlissimes qui viennent agresser la façade toujours proprette de la société de consommation. Pris en main par son frère punk, nos deux oiseaux se rasent tous les deux le crâne et entament des numéros de pitrerie anti-commerciales des plus réjouissantes. Sincèrement, ce film respire la bonne humeur avec la petite dose de social que contiennent les films d'Albert Dupontel (mais ce n'est pas lui qui réalise ici), et se propose de voir la déchéance d'un employé sous un jour comique, tournant en ridicule les moments de bouillonnement d'Albert (la scène où il boxe un arbre est juste irrésistible). Si le film n'est pas optimiste sur l'issue de la crise (avec encore une fois chez Groland l'apparition de Gégé Depardieu en poivrot qui lit l'avenir dans le mars de café, prédisant pour Jean Pierre non pas du boulot mais un stage non rémunéré), son attitude marginale et volontairement kamikaze (les dégradations du centre commercial, le non respect de la propriété privée...) en font un objet rafraîchissant et totalement attachant qui vient apporter sa pierre à l'édifice du cinéma français. Pourvu que de tels films continuent à sortir...

 

4.7/6

 

2011
de Benoît Delépine, Gustave Kervern
avec Benoît Poelvoorde, Albert Dupontel

 

0.jpg

Partager cet article

Repost 0

commentaires

borat8 18/11/2012 19:08

Et oui nous vieillissons tous!lol

voracinephile 18/11/2012 22:30



Nuance, je mûris !



Vince12 18/11/2012 16:04

J'attend de voir à quoi tu ressembleras dans un an.

voracinephile 18/11/2012 22:29



Disons qu'on m'a pris en photo à Halloween et que comme mon costume avait la classe, je l'ai fait passé devant mes autres photos de profil. Mais on reviendra dans quelques mois aux montages
colorés que j'affectionne...



Vince12 17/11/2012 20:40

pas encore vu mais pourquoi pas. Sinon James tu as pris un coup de vieux ;)

voracinephile 18/11/2012 14:10



^^ Ah, tu as remarqué ça, bien ! J'ai changé ma photo de profil, puis quand j'ai vu l'âge, je me suis dit qu'il fallait quand même changer le chiffre, par soucis d'honnêteté envers mes lecteurs
(trices).



borat8 17/11/2012 20:27

Pourtant tu aurais pu le faire mercredi, il passait sur Arte!lol

voracinephile 18/11/2012 14:08



Damned ! Mais ma soeur l'aura bientôt là haut en Charente, donc je le regarderai avec elle.



borat8 17/11/2012 17:47

Pas vu encore mais j'ai vu les deux précédants de Kervern et Delépine. Une belle poilade que Louise Michel et Mammuth.

voracinephile 17/11/2012 20:02



Je dois revoir Mammuth, je n'ai pas su en profiter lorsque je l'ai découvert... En tout cas, tu devrais apprécier ce nouveau cru, très bon duo de pitre avec Dupontel et Poelvoorde ! Et puis ça se
passe en Charente, la région des tournesols et du brouillard givrant, à quelques kilomètres à peine de l'endroit où on passe nos vacances en famille... Voir la crise en Charente profonde, c'est
définitivement marrant (enfin, dans ce film, j'entends).



Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche