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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 22:12

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Bon, il y a un petit film avec un pigmée et quelques nains qui arrive sans crier gare en fin de cette année 2013, espérant sans doute rafler à la dernière minute la place du meilleur film de l’année (en faisant un gros pied de nez à ces boursouflures Gravity et Elysium). Manque de pot pour lui, il est tombé sur un chroniqueur à la dent dure (certes cariée), qui avait trouvé l’introduction assez piteuse. Et petit miracle, comme pour Thor 2, cette suite se révèle meilleure que son prédécesseur, en nous prenant un peu moins pour des gamins régressifs. Est-ce pour autant qu’il ne commet pas quelques bourdes ?

L’histoire : une montagne, un royaume, un trésor, un dragon, des nains, des elfes, des magiciens…

 

The-Hobbit-The-Desolation-of-Smaug-Dwarves.jpg

 

Le film s’ouvre sur un travelling assez ambitieux dans le village de Bree. Et alors que la caméra s’abaisse au niveau de la grand rue, un type barbu grincheux passe devant la caméra en mangeant une carotte. Murmure et rires dans la salle. Ayant conscience d’être très intelligent, je m’écrie « Hey, mais c’est Peter Jackson ! ». « Ta gueule ! » me réplique le pote venu profiter de mon abonnement Gaumont Pathé, approuvé par tous les spectateurs alentours. Qu’on se le dise, ce Hobbit 2 commence très bien. Je trouverai toujours abominablement rasoir la piteuse initiation de la trilogie, mais sur cette suite, Peter insiste moins sur l’humour et se la joue nettement plus sérieux. Si Radagast est obligé de revenir polluer l’intrigue, il ferme désormais sa gueule et oublie de passer pour un revival de Narnia, ce qui fait carrément plaisir. D’ailleurs, ce Hobbit assume davantage sa carrure de divertissement familial en évitant de prendre son public par le bas. A l’exception d’un point noir sentimental que j’aborderai plus loin, les sentiments ne sont pas exagérés, et les morceaux de bravoure s’enchaînent en oubliant les Deus ex Machina du premier (exit Gandalf et ses multiples sorts trop cheatés). Même les scènes cultes évitent de s’alourdir (je pense notamment à celle des Trolls dans le prédécesseur, abominable de lourdeur). Le baptême de Dard, la fuite dans les tonneaux, le face à face avec Smaug (un peu longuet, mais pas ridicule), les forges des nains… Tous ces gros arguments sont traités sobrement, et quand l’excès arrive, c’est avec un ton bon enfant complètement réjouissant qui va de pair avec l’étoffe de cette nouvelle saga d’aventure (les ravages d’un nain dans un tonneau, Legolas qui virevolte en défiant les lois de la vraisemblance…). Questions paysages, on en a à nouveau pour notre argent, et malgré le recyclage de quelques lieux de tournages, le résultat a quand même une sacré gueule. Question musique, le compositeur semble enfin s’être réveillé, en composant davantage de nouveaux morceaux. Hélas, aucun n’a la trempe de l’hymne de son prédécesseur, que ce soit pour le chant des nains ou le thème principal. Enfin, concernant le dragon Smaug… On se contentera de dire qu’ils ne l’ont pas foiré, c’est d’ailleurs un des plus beaux dragons de l’histoire du cinéma. Trop bavard, sans doute, mais efficace. Et, une fois que vous l’aurez vu, vous pourrez enfin oser la comparaison avec Alien 3, que je n’ose développer. On en vient maintenant aux points négatifs.

Déjà, question sentiments, cette suite s’encombre d’une pseudo-amourette entre un nain et une elfe (taurielle). Depuis Blanche Fesse et les sept mains, j’ai tendance à approuver l’idée que c’est pas la taille qui compte, mais quand même, faudrait pas non plus abuser sous prétexte de donner un message d’intégration des minorités. Oui, c’est mignon, mais lourd, inutile, et surtout, l’espèce de trio amoureux avec Legolas, c’est digne d’un Harry Potter 7 ! L’apothéose du ridicule sera atteinte sur la fin, au cours d’une séquence en surbrillance très gênante qui semble tout droit sortir d’un Amour Gloire & Beauté, le passage où Brett voit Jenny pour la première fois… Avec les anachronismes, on poursuit avec l’épouvantable scène de combat entre Gandalf et le Necromancien. Je n’en dévoilerai pas l’issue, mais le déroulement de ce combat est… terriblement répétitif. Et sa conclusion fait exploser de rire. Le monteur, pris d’une frénésie et sous l’influence de psychotropes, a trouvé un concept sympa pour enfin montrer l’identité véritable du Nécromancien. Mais il la fait évoluer en une sorte de vision psychédélique pas très éloignée du trip sensitif de 2001 L’ODYSSEE DE L’ESPACE ! Allo, quoi ! Un suicide artistique intégral. D’ailleurs, cet épisode est complètement laissé en suspens, signe des problèmes évidents de gestion scénaristique de ce film. On passe maintenant aux défauts techniques. La séquence avec les tonneaux, elle est très bien. Y a de l’action, du mouvement, de l’aventure, quoi ! Et des plans en GO-PRO. Oui, vraiment ! Des plans GO-PRO en HD, rajouté comme ça, l’air de rien, au milieu de l’action… Mais c’est quoi cette idée de chiotte ? C’est suicidaire, artistiquement parlant, d’utiliser une GO PRO de façon si voyante, à moins que ça soit une pub déguisée. Comme pour le coup du Cognac ! Enfin, question photographie, le film est beaucoup trop sombre. Certes, dans les mines, il fait rarement clair, mais il est bon de voir quelque chose parfois. Au moins pour le plaisir des yeux. Une petite imperfection technique qui se ressent surtout dans les passages sombres du film, ou le gris s’impose comme la couleur dominante. Enfin, le dénouement. Moins 2 points d’office ! Je n’ai pas entendu une seule personne ne pas insulter Peter Jackson dans la salle devant la façon dont il conclut son film. Peter Jackson, sale enfoiré ! On le savait que tu voulais du fric, mais là, si je te croise dans la rue, tu te prends une baffe ! On ne la fait pas comme ça à son public… C’est… C’est encore pire que Prometheus ! Moins 2, d’office ! Et vu que tu te retrouves obligé de commencer la suite par un flash back (obligé, à moins de faire le pari suicidaire de faire commencer immédiatement l’action), moins 1 déjà pour Le Hobbit 3 ! Bravo Peter, on récolte ce que l’on sème ! Fumier !

Sinon, The Hobbit, la désolation de Smaug est sympa, on s’y amuse davantage qu’avant, l’humour est moins envahissant, et malgré un rythme globalement poussif (pas grand-chose entre les scènes d’action), il passe davantage, à l’image d’un Thor 2. Allez, la saga n’est peut être pas encore foutue…

 

4/6


2013
de Peter Jackson
avec Benedict Cumberbatch, Martin Freeman

 

thehobbit-smaug-blog630-jpg_201437.jpg

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Published by voracinephile - dans Aventure (la mine d'or)
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commentaires

borat8 22/12/2013 17:25

Perso cela ne me frustre pas le fait de s'arrêter sur le dragon. Souvenons-nous qu'à l'époque, une grande partie des fans avait gueulé au vue du nombre ahurissant de coupes sur Les deux tours et Le
retour du roi. Il a fallu les versions longues pour calmer tout le monde. Pour The Hobbit c'est ironiquement l'effet contraire puisqu'il y a trop pour un récit court. Or, moi cela ne me dérange pas
du temps qu'il y a une cohérence dans le montage, ce qui est le cas ici. En rappelant qu'initialement le premier aurait dû finir sur l'équipe kidnappée par les araignées. Soit le même effet de
suspens alors qu'on était encore sur un dyptique. Pas sûr que cela aurait été aussi jouissif à attendre.

voracinephile 24/12/2013 15:23



Oui, mais sur Les Deux tours, il se passait déjà beaucoup de choses. Et le siège du gouffre remplit largement le contrat. Couper au Dragon, c'est comme si ils avaient coupé au moment où le troll
tape sur la porte de la salle du trône avec toute l'armée des orcs derrière... La sodomie totale pour les attentes du spectateur.


Trop pour un récit court, je suis d'accord en revanche. Il n'y a pas non plus de grandes batailles ni d'étapes clefs. Il n'y a que de petits évènements qui s'enchaînent et qui forment l'aventure.
Ca pourrait ne pas être un mal en soit, La communauté était aussi dans ce registre. Mais j'ai assez développé ce qui m'agaçait chez le hobbit. Mais sa fin était bien, prête à continuer à marcher
en ayant clos les différentes péripéties.



princécranoir 22/12/2013 07:55

C'est étrange cette obsession pour un gadget de chez Decathlon... Tu touches un dividende à chaque fois que tu le cites ? Plus sérieusement, les plans de caméra emabrquée existe depuis des lustres
au cinéma. Si Peter Jackson veut s'amuser à donner à sa séquence un effet parc d'attraction, je ne vois pas en quoi c'est gênant. Du moment qu'il n'en fait pas un gimmick sur tout le film ou pire,
qu'il filme toute la séquence de cette manière. Il s'agit de quelques plans insérés au montage pour donner l'illusion d'"immersion", augmentée par la 3D. On peut trouver ça maladroit, voire puéril,
mais ça fait tellement plaisir de sentir derrière la caméra un réalisateur qui s'amuse, surtout avec la responsabilité d'un budget pareil !

voracinephile 22/12/2013 17:44



Une obsession sans doute. Mais je trouve que c'est un détail technique qui fait tâche. Dans un film comme Death race 3 qui en utilise à foison, à la limite, je peux comprendre. Mais ça n'a aucun
style, aucune classe. Du coup, voir Peter Jackson, qui ne manque pas de moyens, utiliser un procédé aussi tape à l'oeil dans un film d'héroïc fantasy à grandes ambitions esthétiques, ça me reste
en travers de la gorge. Evidemment, c'est un détail (grands dieux, je n'aurais pas mis 4/6 si ça apparaîssait davantage !). Mais certes, c'est bien de s'amuser, faut aussi conserver une certaine
exigence. Le coup du nain en tonneaux qui dégomme tous les orcs, c'est très bien, les tonneaux qui avancent dans le courant, c'est très bien. Et là, go-pro (avec la qualité d'image qui change en
conséquence). Pour l'immersion, avec moi, ça semble complètement râpé. Bien dommage, j'aimerais ne plus passer pour un petit ingrât.



princécranoir 20/12/2013 19:51

Mais bien sûr c'est digne d'une série ! et d'une bonne ! C'est un film en trois partie, pas deux suite d'une franchise qui a eu la chance de faire des thunes lors de son entrée en lisse (Matrix, si
tu m'entends ?) Ent ous cas, on n'est effectivement pas dans un lénifiant épisode de Harry Potter en effet. Enfin bref, je pense qu'on n'est pas sur les mêmes attentes de ce point de vue. Moi j'y
trouve mon compte en tous cas, un peu plus que dans d'autres blockbusters débilitants (Pacific Rim, Thor)qui n'ont rien à dire. Il suffit juste de me raconter une histoire et la magie du cinéma
fait le reste.

voracinephile 21/12/2013 21:58



Oui, pour le coup, c'est vrai que Matrix a tiré beaucoup trop sur la corde (d'ailleurs, dans le genre suite qui coupe l'action en plein milieu, la transition entre le 2 et le 3 n'a rien à envier
au Hobbit). Mais le premier Hobbit ne nous quittait pas comme ça, le ryhtme était plus calme pour la conclusion, on avait un petit aperçu pour la suite, bref, c'était une conclusion digne.


Beuh... Pacific rim raconte une histoire... Non, je plaisante, aucune histoire, le concept fait déjà largement le film et les effets spéciaux envoient vraiment le pâté. Le Hobbit veut la jouer
héroïc fantasy classe... mais avec une GO Pro...



princécranoir 19/12/2013 19:42

Je ne comprends pas ce que tu reproches à cette fin sinon de nous donner envie de voir la suite. Il faut arrêter de croire qu'un film à 225 millions de dollars ne serait fait que sur la base d'une
simple vision d'auteur. Aurait-il fallu alors que les Nains détruisent ce dragon, puis se fassent un fiesta avec le Hobbot, tout en pensant déjà au mariage de Tauriel et Kili qui auraient pu vivre
heureux et auraient eu tout plein de petits nailfes en attendant de nouvelles zaventures ? Ce cliffhanger a le mérite d'avoir de la prestance et de nous allécher pour la suite. Je dis banco. Et
puis, comme le dit très bien Borat, on sait depuis un bail que trois films sont prévus et qu'on pourra se les enfiler à la chaîne d'ici une paire d'années dans nos home cinéma. Par contre, là où la
Warner déconne vraiment, c'est sur leur politique éditoriale qui consiste à sortir une première version ciné dans les bacs avant de lâcher la version longue en fin d'année. Mais la palme revient à
la Fox avec le dernier "Wolverine" dont le director's cut n'est dispo que dans l'édition Blu-ray 3D !

voracinephile 20/12/2013 18:03



Nous donner envie ? Mais c'est digne d'une série ! Même dans Harry Potter 7 première partie, ils tentaient un minimum de faire une sortie, une petite conclusion mélancolique avec l'enterrement de
Dobby. Ici, on est en pleine action, bien remontés pour le final, et... ça coupe. Merde ! Ils ont frustré beaucoup de choses en faisant ce choix commercial de tout simplement mettre le dénouement
dans le prochain film... J'avais prédis qu'on ne verrait pas le combat avec le dragon. Je me suis planté, mais à moitié seulement. Il est intact et remonté. Evidemment que cette fin donne envie
de voir la suite. Mais c'est frustrant de casser autant le rythme.


Le mariage entre Taurielle et Kili, c'est pour le 3, j'en suis presque sûr ^^


Ce qu'il aurait fallu faire ? Virer les dialogues à la con et l'intrigue amoureuse. On aurait gagné une demi heure, largement de quoi terminer l'épisode du dragon. Mais noooon ! On veut faire du
brousouf alors on étaaaale le plus longtemps possible.


Concernant les blockbusters d'auteur, evidemment, j'ai conscience de la visée première. Mais il y a les blockbusters jouissifs (type pacific rim) et ceux qui délivrent simplement la marchandise
(voire ceux qui arnaquent : arhem Cartel). The Hobbit 2 a des bons moments, c'est sûr. Mais cela se sent dans son rythme, il traîne gentiment le pas pour bien durer les 3 films prévus au
programme (alors qu'il ne se passe pas grand chose, les rajouts sont d'ailleurs de plus en plus visibles...). Je dis juste que Peter devrait faire gaffe...


 



borat8 15/12/2013 22:38

L'affrontement n'est pas grandiose mais dans tout le passage dans le château en ruine, Jackson joue sur les perspectives de manière admirable. En revanche, je ne sais pas si tu l'as vu en 3D ou en
HFR 3D (le 48 images par seconde donc). Encore une fois j'ai été convaincu par ce dernier format qui donne un aspect spectaculaire de plus. Pour avoir revu Un voyage inattendu vendredi soir en DVD,
je peux dire qu'on y perd un peu.

voracinephile 20/12/2013 17:50



J'ai vu en 3D, mais donc pas en HFR... Dommage, je le rate encore... Peut être que je tenterai de rattraper ça pendant les vacances.



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