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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 21:09

http://www.lefigaro.fr/medias/2012/09/24/a624480e-0636-11e2-b9cd-6f6786d898f1-493x730.jpg

 

Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce voyage inattendu… était finalement très attendu par tout le monde, et qu’il n’a pendant un temps pas été près d’aboutir (rappelons nous du procès entre la New Line et Peter Jackson). Guillermo del Toro annoncé pendant un certain temps au poste de réalisateur, avant de voir le retour de Peter Jackson, un brin de publicité tapageuse pour faire monter les attentes et voilà que le Monde peut enfin se ruer dans les salles, ce 12 décembre 2012. Alors ? Bilbo le Hobbit enterre-t-il ses prédécesseurs, s’est-on emballé trop vite ? Que met Gollum dans son caleçon ? Tout est dans la chronique qui suit !

L'histoire : 60 ans avant le Seigneur des Anneaux, Bilbon est choisit par Gandalf pour rejoindre une équipe de nain tentant de reconquérir leur ancienne demeure : le mont solitaire.

 

http://www.elbakin.net/plume/xmedia/film/news/bilbo/photos/bilbo-hobbit-film-bofur-oin.jpg

 

Très gros budget et grosses attentes oblige, le trait d’écriture s’est considérablement engraissé par rapport à la fameuse trilogie, comme le confirment les 4 noms de scénaristes dévoilés au générique (Peter Jackson, Philippa Boyens, Guillermo del Toro, Frances Walsh). Si on reconnaît la patte de Del Toro dans quelques créatures rigolotes (je mettrai ma main à couper qu’il est responsable du gobelin messager et des multiples créatures de la caverne des Gobelins), on a du mal à reconnaître le traitement sérieux que Jackson utilisait dans son immortelle trilogie. Le piège serait de comparer immédiatement Bilbo le Hobbit avec ses illustres prédécesseurs et de le descendre en flèche, car les traitements ne sont absolument pas les mêmes. A la base, Bilbo est un conte pour enfant, donc le traitement se ressent comme tel ici. Beaucoup de caractéristiques qui pourraient apparaître comme des « enfantillages » sont bien présents dans le matériau d’origine, aussi, des nuances sont à apporter. L’humour est par exemple souvent infantile, typé jeu de rôle. Certes, il reste quelques pics humoristiques qui sont fins (Gandalf qui se recogne la tête au lustre par exemple, ou encore la tête d’innocent qu’il sort à Galadrielle alors qu’il est coupable comme Judas), mais l’essentiel consistera dans les us et coutumes des nains qui ne sont pas des raffinés et qui n’aiment pas les elfes. Dur d’être fin alors qu’on remonte aux bases de l’héroïc fantasy, qui a le malheur de passer après ses successeurs dont on connaît déjà le triomphe. L’essence de Tolkien est quand même boursouflée, caricaturée à la sauce blockbuster, qui infantilise davantage les enjeux. Là où le film est sensé montrer l’émergence du Mal qui rongera la terre du milieu, le film montre un magicien nain qui passe son temps à sauver des hérissons alors que des araignées grimpent sur son toit avant de se tirer puisque la porte est fermée. Certes, ça se passe aussi comme ça dans le livre, mais disons le, la scène avec les animaux peine à montrer l’intensité dramatique de ce qui est sensé se passer. Toutefois, Peter Jackson ne fait pas parler les animaux, ce qui est une bonne chose puisqu’on aurait immédiatement pensé à Narnia… Côté héros, Bilbo passe son temps à dire qu’il ne se sent pas dans son élément et qu’il hésite éternellement à rentrer chez lui. C’est un anti héro, c’est évident dès l’introduction, et ce qui devait être un être mélancolique ne se sentant pas à l’aise se révèle être un semi-boulet, la prestation de Martin Freeman se révélant inégale, efficace sur le plan de la mélancolie mais échouant avec l’humour et les rares scènes de combat. Ses rares coups d’éclats seront à peine épiques, puisqu’il se bat comme un débutant (logique). D’ailleurs l’impact des combat sera très diminué pour le large public (les coups de masse qui font juste tomber les gens à terre…) Heureusement, Gandalf arrive toujours avec un Deus ex Machina pour lui sauver la mise. Sincèrement, Gandalf est cheaté ici, jusqu’à l’os (c’est le cas aussi dans le livre). Alors qu’un sortilège puissant consistait en un simple rayon lumineux dans Le retour du roi, Gandalf balance des ondes de choc, des boules de feu, il appelle 20 aigles en claquant des doigts (enfin, il attrape un papillon, souffle dessus et 10 minutes après, tous les aigles de la Terre du Milieu sont à ses pieds). Nous dirons donc qu’il est jeune et vigoureux, même si les rides de McKellen nous crient le contraire. Et pour ce qui est des sentiments… Dès que Gandalf le philosophe se met à parler pour dire un truc profond (« Le Bien, ce n’est pas une force surhumaine, ce sont des petits actes quotidiens qui font l’équilibre du monde… »), la musique devient tellement insistante qu’on se croirait dans un mélodrame. Les sentiments sont hypertrophiés, grossis par une musique puissante, là où un traitement plus sobre aurait sans doute été plus approprié (pas besoin de faire pleurer les violons pour comprendre les états d’âme de Thorin, clairement le personnage le plus charismatique avec Gandalf). Alors, Bilbo le Hobbit, amère déconvenue ? Et bien non ! Car malgré ses tares (je n’ai pas parlé des thèmes du Seigneur des Anneaux repompés sans vergogne par Howard Shore, qui a au final composé seulement un thème musical, mais quel thème !), les paysages sont somptueux. Bilbo s’écarte radicalement des grandes plaines qu’il nous faisait explorer dans Le Seigneur des Anneaux, préférant ici des forêts inquiétantes, ou un monde souterrain d’une richesse phénoménale. La légende qui nous est balancée au tout début du film est un régal pour les yeux, plantant immédiatement une atmosphère de conte et s’inventant une nouvelle mythologie loin de Sauron. Les teintes d’image sont ici plus chaudes, plus flatteuses pour les yeux. Et certaines scènes dantesques viennent rivaliser avec le voyage offert par La communauté de l’Anneau. La Montagne des nains promet monts et merveilles, la caverne des Gobelins est un régal pour les yeux… Et comme enjeu, le méchant roi Orc Azog est une véritable réussite. Tribal et imposant avec sa masse d’arme, c’est peut être l’adversaire qui aurait fait ployer Aragorn… Pour le dragon en revanche, il faudra attendre la suite. Mais vu que l’aventure prend clairement les virages du conte en plus adouci, on ne se fait pas de soucis, ils l’auront probablement. Du bon et de l’enfantin donc, pour un démarrage qui ne laisse pas de marbre, mais qui reste à confirmer dans les suites (d’ailleurs, ne pourra-t-on pas mieux juger de l’histoire de Bilbon quand elle sera complète ?). Vu l’émancipation de Bilbo le Hobbit sur le visuel (facture technique impressionnante, le thème musical de Bilbo déchire), le film tient quand même ses promesses sur le plan technique (on vous recommande les projections en 48 images par seconde, vous en prendrez plein les yeux). Toutefois, même si on sait que certains éléments se révèleront déterminant par la suite, le film aurait largement mérité à gagner en sérieux pour augmenter le mystère autour de certains axes thématiques (au final, le nécromancien dans la forteresse vide ne sert strictement à rien, et ça disparaît complètement de l’histoire une fois le conseil avec Saroumane passé). Une fin d’année sympathique, avec des personnages pour qui on n’a pas vraiment peur pendant les combats (oubliez la tension et l’incertitude, c’est ici une récréation fantastique), mais que l’on suit sans déplaisir…

 

   2,9/6

 

2012
de Peter Jackson
avec Ian McKellen, Martin Freeman

 

http://urbanchristiannews.com/ucn/martin-freeman-portrays-bilbo-baggins-THE-HOBBIT.jpg

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Published by voracinephile - dans Aventure (la mine d'or)
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commentaires

Xelloss 22/01/2013 14:28

Allez, a mon tour de mettre mes impressions...


Vu a sa sortie au ciné de Chalons (En 3D non HFR grr !) ma démarche était d'avoir une base de comparaison avec le rendu en Imax que nous donnera le Disney Village


Concernant l'histoire, Jackson a réussi le tour de force de nous mettre a l'écran des trucs "qui bougnent" alors que le livre est plus soporifique qu'un épisode de Derrick
(Mais nom de Zeus de nom de Zeus ! Il se passe vraiment pas grand chose dans ce bouquin !)

Pour Gandalf, j'ai été heureux de retrouver un Magicien qui fait de la Magie !
Le nombre de fois que j'ai pu le honnir dans le SDA !
"Nous avons le Magicien Blanc..." (ET MON C.... ! XD)
Faites vous la trilogie avec comme référence Héroic Fantasy les saisons de Slayers, Slayers Next et Slayers Try... et vous trouverez Gandalf pitoyable.

La séquece des aigles m'a fait hurler de rire au momoent où ils ont déposé sur le python rocheux (juste devant Erebor XD )
Puis je me suis souvenu que le dieu qui leur a envoyé les aigles est neutre et déjà bien gentil d'avoir accédé a la requète de Gandalf XD


Notez surtout que le grand fan du 4K que je suis n'a pas pu mettre la main sur une seule salle le diffusant en 4K-HFR (arrrg bis)
Car si Avatar était un petit régal pour les yeux, Le Hobbit est filmé en RED-5K ! (oui m'dame !)
=> Si quelqu'un a un ciné dans sa région qui a la copie 4K, je suis preneur.

Côté 3D, rien a dire sur la scéance au Disney Village, la dalle Imax nous offre une fenêtre grande ouverte sur ce petit bijoux de l'Heroic Fantasy
(rappelons que Tolkien a posé nombre de bases de ce genre ;) )

Côté son... c'est pas folichon
Le Hobbit est désesperement aigü... pas de gros coups de basses comme dans le Seigneur des Anneaux
Du coup, les 12000watt de son de la salle Imax... on ne les sent pas
Il me faudra le revoir en VO car ayant la bande originale longue, la chanson "Misty Mountain" est juste enorme


En début, je vous ai dit que nous avions fait le déplacement au Disney Village
Ouioui, moi de l'Est, ma compagne de Nante et deux potes, un de Brest et un autre au dessus de Paris (chez qui nous avons fêté le réveillon)
Bref, des quatre coins de l'hexagone
Et nous n'allions pas nous y rendre habillés "normalement"... non, pas assez fou et surtout trop fan pour ça !
C'est donc déguisés que nous y sommes allés.
Voici un petit montage de [url=http://youtu.be/5ValNRopKdA]La Compagnie au Disney Village[/url]


Vivement le prochain opus !




Nazg bugdhai Bruzumishi !!! [L'Anneau appelle les gens dans les ténèbres !!!]

voracinephile 22/01/2013 16:56



C'est vrai, les aigles n'auraient pas pu aller les larguer directement à la montagne... Non, faut qu'ils se fassent capturer par les elfes dans le 2 (mais chuuuttt, c'est un spoiler !). Gandalf
est juste cheaté, il claque des doigts et 20 aigles viennent lui sauver les miches. Me demande pourquoi il ne lance pas des sorts de téléportation à tout va, pour gagner du temps.


Malheureusement pour le lien, je suis tellement incompétant que je n'arrive pas à modifier ton message. Je vais rajouter l'adresse dans mon comm. Merci en tout cas, j'y jetterai un oeil (histoire
de réinventer le golf comme dans Bilbo).


 


http://youtu.be/5ValNRopKdA



Vince12 20/12/2012 13:33

Oulà du seigneur des anneaux pardon lol!

Vince12 20/12/2012 13:32

J'irai pas jusque là non plus mais c'est en dessous du silence des agneaux.

Vince12 20/12/2012 11:13

D'ailleurs c'est justement ce qui me gêne et que tu souligne. par moment Gandalf débarque un coup de bâton il défonce tout, Tu te demande pourquoi il fait pas ça à chaque coup, c'est pour faire
faire du sport au nain ?

voracinephile 20/12/2012 12:16



Cheaté, le gandalf. Je m'insurge moi aussi contre cela, mais on te répondra que c'est comme ça dans le bouquin. A partir de là, tu n'as plus le droit de rien dire, même si après le Seigneur des
anneaux, ça craint.



Vince12 19/12/2012 22:59

le petit barbu a du être heureux. Moi l'elfe avait des fringues normales sauf une cape au motif elfe et une coupe de cheveux à l'elfique (mais moins bien fait que dans le film). D'ailleurs au début
quand les elfes se barrent en laissant les nains j'avais envie de lui gueuler "va niquer ta race sale elfe!" mais j'ai eu peur qu'il me décoche une flèche!
Pour les aigles ils auraient pu les descendre direct. En fait moi je pense qu'ils ont du se dire "le vieux ils nous emmerdent à toujours nous appeler, on va te le planter sur un rocher et il nous
fera plus chier".

voracinephile 20/12/2012 09:12



On a discuté à la fin de la séance : "Tant qu'il y a des nains, je suis content !" qu'il m'a dit. On a bien rit en discutant du film. C'est déjà sympathique d'avoir quelqu'un qui s'était déguisé
pour l'évènement. J'ai un ami qui aurait aimé aller voir Iron Sky en costume nazi, mais hélas, le film n'est pas sorti en salles. Ah, mauvais goût, quand on te muselle...


Les aigles vont bientôt former un syndicat, parce que c'est pas possible d'être exploité de la sorte. Mais c'est vrais que sur ce pic, ils vont être tranquilles. Les aigles n'ont plus qu'à
bouffer les papillons messagers pour avoir la paix. Mais vu les pouvoirs de Gandalf, il va carrément les téléporter comme dans la mine. Le prochain se passera en décor intérieur uniquement,
téléportation d'un lieu à l'autre. Foncombe -> la caverne du dragon direct !



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