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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 06:31

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Dans les années 50 a été tourné un film : l’homme au masque de cire. Malgré un style Hammer très appréciable, l’œuvre se révélait décevante pour un rythme platonique et au final peu de cire qui nous était montré. Avant que Jaume Collet Serra ne s’empare du matériau et nous offre le slasher gothique ultra léché qu’on lui reconnaît, Sergio Stivaletti s’est lui aussi essayé attelé à la tâche, en nous proposant un spectacle fauché, mais honnête dans ses intentions. Le constat est… dirons nous… mitigé, mais la bonne humeur est là.

L’histoire : Paris 1901, un couple est assassiné dans une chambre d’hôtel. Leur fille est retrouvée cachée sous un meuble. 11 ans plus tard à Rome, un musée de cire dirigé par un certain Boris ouvre ses portes, en présentant les statues de cires les plus réalistes de son époque. Cependant, des évènements étranges vont vite attirer l’attention de la survivante venue s’établir dans la ville et de son ami journaliste.

 

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Ce qui frappe tout de suite quand on découvre le film, c’est qu’il se permet tout. Après une introduction ultra cheap sur un Paris en aquarelle qu’on essaye de nous faire passer pour une vue à la fenêtre, on découvre une scène de carnage assez exagérée, où des clichés de policiers de l’époque farfouillent. Que dire de la prostituée de la séquence suivante, dont l’anachronisme flagrant avec l’époque n’est pas sans interpeller… Avec un pote, on s’est amusé à compter le nombre de faux raccords que le film contient, et c’est peu dire si on dépasse la quarantaine. Plan réutilisés, détails anachroniques ou illogiques, design ridicule (le meurtrier est la seule personne dans tout Rome à se balader en gabardine noire avec chapeau noir en plein été)… Une foule de détails qui plomberaient d’ordinaire un film en le condamnant sans doute au Z le plus infâme. Mais ici, l’ambiance de l’œuvre tire clairement le récit vers le haut (l’hommage à Lucio Fulci en début de film place tout de suite dans un certain état de réceptivité… ou pas). Toujours est-il que l’œuvre a du charme, du charisme. C’est un cocktail d’une multitude d’éléments que nous adorons, ultra indigeste en l’état, mais qui sur le coup contente un aspect de nos recherches culturelles. Les plans nichons abondent avec des femmes plantureuses (les ritals savent choisir leurs actrices), et certains détails marqueront notre imaginaire, comme le gore ultra brutal de l’arrachage de cœur dans le flash back. En bref, le film est ridicule d’un bout à l’autre, mais on finit par l’aimer, tellement il a l’air généreux et sincère, bien qu’involontairement drôle. Il apporte son lot de portraits morbides (le design de l’assassin est jouissif). Jouissif est un mot qui revient ici souvent, les ingrédients étant fait pour exciter notre curiosité, alors que les figures clichées ultra classiques des personnages font venir les rebondissements une demi-heure à l’avance. De ces perpétuelles contradictions, d’un déséquilibre constant entre la jouissance procurée par le thème et la maladresse de la narration (le musée est amené de manière tellement téléphonée, Boris répond aux questions des enquêteurs avec de tels sous entendus qu’il ne trompe jamais personne à part les enquêteurs du film), le spectacle se développe, cherchant à prendre une ampleur qui sera toujours frustrée par la maladresse des effets spéciaux ou des idées conceptuelle, séduisantes mais terriblement hors de propos (les statues sont maintenues en vie par un liquide bleu, pompé dans tout le musée… par un cœur maintenu artificiellement en vie !?). Au final totalement anachronique montrant bien que le réalisateur se branle de toute cohérence (je ne dis rien, mais ceux qui l’ont vu comprendront), le spectacle s’achève dans toute la grâce bancale qu’il a mis en place pendant une heure et demie, achevant un spectacle vraiment sympathique malgré un manque certain de professionnalisme et de conscience artistique. Un pur trip de bisseux en somme, dont les perpétuels zigzags de la narration entre le Bis et le Z ne devraient pas laisser indifférents les fans de spectacles. Moi, j’adore, mais objectivement, c’est un peu court.

 

3/6  (mais dans mon esprit tordu 6/6)

 

de Sergio Stivaletti (1996)
avec Robert Hossein, Romina Mondello

 

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Un casting classieux, qu'on vous disait...

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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