Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 13:24

http://www.dominiquebesson.com/photos_gm/masque-mort-rouge-pt.jpg

 

Alors que je faisais négligemment des courses au super marché, je constate qu’il existe un nouveau présentoir pour les dvds. Si les premières jaquettes n’ont rien d’exceptionnel (Insidious, Mad max, Je vais bien ne t’en fais, les Saw… bref, le classique du dvd alimentaire ou déjà vu), je constate rapidement qu’il y en a une entière réservée à la filmographie de Roger Corman ! L’enterré vivant, Le masque de la mort rouge… Diable ! Qu’est-il arrivé au directeur du rayon ? Il a été touché par la grâce ? Si l’enterré Vivant est encore dans sa jaquette, j’ai fini de visionner la copie restaurée du masque de la mort rouge, et le spectacle valait nettement les 10 euros du disque.

L’histoire : Prospero est un seigneur cruel qui maltraite régulièrement ses villageois, dont il méprise la pauvreté. Alors qu’un mystérieux individu drapé de rouge s’aventure dans la région, entraînant l’apparition d’une épidémie de « mort rouge », le prince se calfeutre dans son château avec sa dernière victime et sa famille.

 

photo-Le-Masque-de-la-mort-rouge-The-Masque-of-the-Red-Deat.jpg

 

Le film nous plonge immédiatement dans une ambiance gothique des plus sympathiques, avec ses décors de studios assez soignés et un goût pour les symboles qui marquent : la rose blanche qui devient rouge une fois un peu de sang versée sur elle. Très rapidement, le film lance les hostilités en montrant d’office le comte Prospero comme un tyran cruel méprisant totalement sa population et trouvant la jouissance dans la souffrance d’autrui. Vincent Price semble avoir trouvé le ton juste pour son personnage, puisqu’il l’interprète avec une telle classe qu’il efface immédiatement les pitoyables tentatives de satanistes qu’on ait pu voir ces derniers temps. Raide comme un manche à balai, toujours paré de vêtements merveilleux, le comte regarde son auditoire avec appétit, avant de choisir une victime et de se défouler dessus. Il ne fait pas bon se faire remarquer quand le comte est dans le coin, ce dernier s’attaquant aussi bien à ses vilains qu’à ses invités de marque. D’ailleurs, le portrait fait de la noblesse invitée par le comte Prospero est accablant. Ces derniers possèdent eux aussi les mêmes goûts pour la souffrance d’autrui (mais c’est le pouvoir qui semble motiver cette jouissance) et sont d’une humeur plutôt volage, s’adonnant à la luxure et à la moquerie aussi souvent que possible (à vrai dire, dès que le comte rabaisse quelqu’un, des torrents de rires pleuvent de tout côté). Très vite, le comte devient une figure emblématique du satanisme, pour les recherches sur l’homme qu’il effectue. Une petite précision s’impose. Le culte satanique, c’est louer Satan, l’ange déchu, et tout faire pour préparer sa venue). En revanche, le satanisme vise quant à lui à placer l’homme au rang de Dieu, par la Connaissance et le Pouvoir. Aussi, si le film mélange parfois les deux notions, Prospero apparaît vite comme un sataniste, puisqu’il tente de tirer des enseignements des souffrances qu’il impose à ses victimes, et qu’il semble impartial dans ses punitions (il rabaisse régulièrement la noblesse qui l’entoure, qu’il semble mépriser). Il prend aussi un malin plaisir à corrompre l’innocence, un thème qui reviendra régulièrement puisqu’il se choisit une victime dans le village voisin, à qui il impose de choisir entre l’exécution de son père ou de son amoureux. Autant dire que le dilemme atroce va exciter la curiosité du comte, qui va convier tous les membres du problème dans son château, à l’abri du fléau rouge qui sévit dans la région. L’épouse du comte est quant à elle plutôt satanique, offrant sa chair au Diable avant de tenter une cérémonie blasphématoire pour offrir son corps au démon. Ce qui nous donnera une vision de l’enfer assez étrange, constitué de fumée et de voiles noirs où danseront des sortes de prêtres de différentes cultures. La conclusion préfère quant à elle nous laisser sur une note de poésie, avec les incarnations de différents fléaux qui ne sont plus vu comme des plaies, mais comme des libérateurs qui rassemblent toutes les classes sociales, sans distinctions. Si le film évite soigneusement tout excès graphique, l’amoralité de certaines scènes et quelques pistes de réflexion intéressantes font du Masque de la mort rouge un vrai plaisir gothique, magnifié par des décors digne de la Hammer et des acteurs au charme fou, bien que le jeu soit parfois théâtral (ah, cette victime qui refuse d’entrer dans les sophismes du compte, mais qui lui obéit au doigt et à l’œil…). Un vrai plaisir, et un film gothique qui devrait ravir les amateurs du genre.

 

5/6

 

1964
de Roger Corman
avec Vincent Price, Hazel Court

 

http://3.bp.blogspot.com/-XeBsn-t0Wg0/Twd_mEXFQiI/AAAAAAAAANI/F08yvJxb-rE/s640/red+3.jpg

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Duncan 05/04/2012 17:29

*La Chute de la maison Usher

Duncan 05/04/2012 17:28

Moi,j'ai trouvé La Chute de la maison de Corman avec Price pour 2€ en vide grenier et encore sous blister,tres grand film aussi dans le style gothique macabre ;)

voracinephile 05/04/2012 20:01



Ah, bel achat, Duncan ! Dans un article sur Roger Corman, ils parlaient en effet de La chute de la maison Usher, qui avait été un succès à son époque et avait permi à Corman de financer plusieurs
films. Pas encore vu son cru, mais si il ressort dans mon supermarché, je fonce. Je n'ai personnellement vu que son remake, un petit film d'horreur étrange, assez alambiqué, avec une ambiance
intéressante, mais un manque total de classe malgré des décors de manoir aguicheurs...



alice in oliver 04/04/2012 22:59

voilà un commentaire qui me donne encore plus envie de découvrir ce cru de Corman

voracinephile 05/04/2012 19:44



N'est-ce pas ? J suis sûr qu'il te plaira quand tu le découvriras. Rien que Vincent Price en comte sataniste, c'est un plaisir de tous les instants...



alice in oliver 04/04/2012 16:53

toujours pas vu mais certains fans le considèrent comme le meilleur film de Corman

voracinephile 04/04/2012 22:52



J'attends d'avoir vu Enterré vivant pour confirmer, mais l'ambiance sur Le masque de la mort rouge était excellente, et ce gothique quasiment hammerien, marié à une subtile dose de méchanceté
gratuite (pour le coup, le méchant est vraiment méchant) font du spectacle un excellent divertissement fantastique. La scène des enfers m'est quand même un peu restée dans la gorge (le coup des
prêtres de différentes religions... je ne suis pas rentré dans le "trip"), mais sinon, le reste était vraiment parfait. Un grand film, c'est clair !



Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche