Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 12:54

http://images.fan-de-cinema.com/affiches/aventures/le_nouveau_monde_05,9.jpg

 

Avec Le nouveau Monde, Malick s’attaque au sujet d’école de la conquête de l’amérique et des premières expéditions qui rencontrent les indiens. Toutefois, vu l’importance du fanatisme dans les confrontations avec les indigènes, on pouvait se demander quel allait en être le résultat. Il s’agit au final d’un cru mineur du réalisateur, qui toujours en imposant son style poétique, souffre de comparaisons et du choix de son acteur principal.

L’histoire : L’arrivée des premiers colonisateurs anglais en Amérique. John Smith, ancien capitaine dégradé pour mutinerie, est chargé de diriger une expédition pour aller traiter avec le chef des indiens locaux.

 

http://lyc-george-sand-la-chatre.tice.ac-orleans-tours.fr/eva/sites/lyc-george-sand-la-chatre/IMG/jpg/18832987_w434_h_q80_1_.jpg

 

Par essence, ce sujet était taillé pour Malick. Outre les plans de nature merveilleux qu’il glisse à chaque fois dans ses films, il avait là l’occasion de faire une reconstitution d’époque splendide, une histoire faisant intervenir moult sentiments et des relents tragiques propices à devenir un classique. Et au vu du résultat final, il a largement atteint ses objectifs. D’une beauté rare, le film tente de faire oublier ce que l’on nous a dit dans la version Disney pour s’attarder à la fois sur les modes de vie des amérindiens et des colons. La princesse (Pocahontas, mais chut, elle ne s’appelle pas comme ça) est l’incarnation de la perfection, que l’ingénuité, la beauté physique, morale, et la sensibilité rendent immédiatement attachante. La description des mœurs peaux-rouges est amoureusement idéalisée, c’est la représentation classique du paradis qui fait cas d’école au cinéma. C’est en revanche dans la description des maux des colons que Malick se révèle beaucoup plus subtil et pertinent. Toujours par le biais d’images, il cerne les peurs de ces derniers, leur avidité (ils cherchent de l’or continuellement en délaissant les autres travaux de campement)… Ce n’est pas tant le fanatisme qui domine, ce dernier n’interviendra d’ailleurs que dans les conflits ouverts. On retrouve la pensée Malickienne qu’on avait vu dans La ligne rouge (en considérablement plus développée dans ce dernier), puis le film se focalise sur la princesse, forcée de se conformer aux usages de la société anglaise. Si c’est le personnage qui se révèle le plus attachant du film (ses joies et ses peines sont communiquées avec une spontanéité rare, certains plans décrivant les mêmes actions peuvent décrire des sentiments complètement différents), celui de John Smith a plus de mal à convaincre. Campé par Colin Farell, le héros traîne ses airs de chien battu pendant tout le film, mais cela ne confère pas plus de profondeur au personnage. Ca l’handicape seulement quand il faut montrer qu’il est amoureux de la princesse. Pour meilleur exemple, les plans qui saisissent le mieux cet amour sont ceux où l’on ne voit pas son visage. Si Le nouveau monde se révèle être un travail exemplaire, il passe après plusieurs films. La comparaison avec le Disney ne se pose pas vraiment (la poésie subjuguant la simplicité du script), mais avec 1492, Christophe Colomb, c’est autre chose. Le chef d’œuvre de Ridley Scott étant plus fastueux, mais aussi plus ancien, les choix similaires de mise en scène jouent parfois en la défaveur du Nouveau Monde. La comparaison avec le Jardin d’Eden notamment, agace par sa redondance. Mais autant le faste de la version Scott, plus tournée vers les colons, impressionne encore par sa majesté et par ses ambiances majestueuses, autant les aspirations poétiques du Nouveau Monde, sa douceur sentimentale et ses contemplations fréquentes le font paraître chétif, timide, là où Scott déballait la grosse artillerie. Sans doute une comparaison un peu dure, mais difficile de ne pas la faire. Dans Le Nouveau Monde, si il le fait toujours très bien, on a l’impression que Malick recycle un peu ses thématiques en les adaptant bien sûr à son script, l’audace d’un La ligne rouge ou d’un Tree of Life n’étant pas présente. Néanmoins, Le Nouveau Monde est pour moi une porte d’entrée intéressante dans le cinéma de Malick puisque, d’une certaine manière, il résume assez bien les ambitions du réalisateur tout en l’adaptant à une histoire classique et ancrée dans la culture collective (et d’ailleurs, la religion est nettement moins présente dans ce nouveau film). Un bon drame à l’ancienne.

 

4.5/6

 

2005
de Terrence Malick
avec Colin Farrell, Christian Bale

 

http://3.bp.blogspot.com/-LvSkfh1162Y/Tmk2FEgHUaI/AAAAAAAABe8/xbz8-PSLttw/s1600/article-le-nouveau-monde-3.jpg

Partager cet article

Repost 0
Published by voracinephile - dans Aventure (la mine d'or)
commenter cet article

commentaires

borat8 19/01/2013 19:03

Sur le net peut être pas mais elle est en vente à des prix abordables.

borat8 19/01/2013 13:21

Je te conseille Les pilliers de la terre, une excellente série produite par Starz, avec Rufus Sewell et Ian McShane.

voracinephile 19/01/2013 18:36



Je suis preneur... En espérant qu'il sera facile de la trouver sur le net...



borat8 18/01/2013 17:53

Je crois d'ailleurs que c'est un téléfilm au départ.

voracinephile 19/01/2013 13:18



C'est effectivement un télé film. J'imagine que ma critique de sa facture télévisuelle paraît du coup un peu absurde, mais les ambitions sont vraiment là. Le film aurait gagné à faire moins de
gros plans, à être un peu plus ambitieux avec ses décors, au demeurant crédibles. Si les moyens restent modestes, le résultat est beaucoup plus intéressant que Kingdom, puisqu'il se passe à la
fois des choses en terre promise et dans le saint empire romain germanique où se situe l'action au départ...



borat8 17/01/2013 22:34

J'aime bien Kingdom of heaven surtout son director's cut. En sachant que j'aime beaucoup le côté politique plus que la quête de Ballian. Le destin du roi lépreux par exemple.

voracinephile 18/01/2013 08:48



Kingdom est un vrais conte visuellement, une excellente reproduction de la terre promise au moyen âge (vu que c'est celui qui a bénéficié du budget le plus confortable). Par contre, le machéisme
croisés méchants / sarrasins gentils, c'est complètement hypocrite, Scott a cédé à la facilité. Après, le reste des évènements suit un peu son cours, il y a d'excellents moments comme le roi
lépreux en effet. Mais la duallité mashmallow m'énerve à la longue. Je te recommande plutôt Arn, chevalier du temple, qui s'appuit sur des faits réels et se révèle beaucoup plus subtil que
Kingdom. Malheureusement, le budget plus modeste (quoiqu'énorme pour le pays qui l'a financé) lui donne une facture un peu télévisuelle, mais c'est une épopée de 3 heures stimulante.



borat8 17/01/2013 21:17

J'aime bien aussi l'acteur hollandais qui joue le commandement suppléant. Tu sais celui qui jouait le tuteur violeur dans Millenium version Fincher. Je le trouve vraiment excellent et il a vraiment
une gueule de bad guy. Justemen je le trouve vraiment bon le Farrell. Superbe John Smith, salaud véritable. Tiens étonnant que tu cites 1492 car dans le genre dézingué par tous, il se pose là.

voracinephile 17/01/2013 22:13



J'avoue avoir du mal à comprendre ce qu'on lui reproche. Comme d'habitude avec Ridley Scott, il prend des libertés avec les faits historiques, mais en termes d'ambiances et de décors, 1492 est
l'équivalent d'un Kingdom of Heaven sans l'hypocrisie morale : envoutant d'un bout à l'autre. Un vrai délice, et probablement le meilleur dans son genre d'ailleurs...



Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche