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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 07:51

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Ken Russell, c’est un réalisateur amusant. Si le traumatisant Les Diables m’a marqué à vie, il a aussi sorti tout un tas de films méconnus. Son Gothic (sensé disserter sur un week end réunissant les principaux écrivains fantastique du XIXe) m’avait passablement ennuyé, mais restait plutôt sobre. Aujourd’hui, jugeons son Repaire du ver blanc, intriguant film bis qui côtoie le sublime et le ridicule.

L’histoire : Au beau milieu de la campagne anglaise, l’archéologue Angus Flint découvre au fond de son jardin un crâne mystérieux, qu’il pense être celui du ver blanc, un mythe local décrivant le monstre comme une sorte de dragon souterrain. Alors qu’il s’apprête à faire part de sa découverte au monde, Lady Silvia lui dérobe le crâne avec pour ambition de former un nouveau culte pour la créature à base de sacrifices humains…

 

http://i.ytimg.com/vi/LzKf9pXUtkk/0.jpg

Attendez de la voir en tenue légère et bottes de cuir...

 

Vraiment, très surprenant film bis que voilà, car il contient absolument tous les ingrédients pour donner la trique à n’importe quel fan de fantastique à l’ancienne. Ken Russell a compris que la force de son matériau venait essentiellement de son originalité et de son premier rôle féminin. Il se centre donc sur son histoire de crâne et sur une mythologie qu’il développe au fur et à mesure du film, articulée autour du vers blanc. L’animal, qui ressemble à un gigantesque serpent, fut en effet l’objet d’un culte romain (un monastère entier fut sacrifié à la fête) et vaincu par un lord local, dont le descendant participe chaque année aux fêtes de village. Nous commençons donc sobrement avec la description d’une vie de village plutôt paisible et l’arrivée d’une femme étrange : Lady Sylvia. Et bien mes chers lecteurs, c’est la trentenaire la plus torride que j’ai pu voir ces dernières années. S’habillant dans des tenues toujours plus affriolantes les unes que les autres, se mouvant avec une grâce empreinte d’érotisme, se livrant à des sous entendus suggestifs, et tout simplement d’une beauté hypnotisante, cette démon femelle est tout simplement le point fort du film. Véritable objet de tentation et de désir, elle se révèle être un Mal insidieux, représentant à elle seule une race intéressante de femme-serpent, aussi gracieuse que vénéneuse, qui de sa morsure paralyse ses conquêtes masculines pour mieux les sacrifier à son idole païenne. Si la religion est totalement exclue du film, le culte du ver blanc, assez kitch et surchargé de symboles sexuel (le monstrueux godmichet en ivoire…), flattera l’imagination des bisseux plus qu’il ne la satisfera réellement (le final est pour le moins expéditif), et surtout leur fera apprécier la plastique de la femme serpent qui se révèle être la MILF la plus envoûtante de ma filmographie. Mais si ce personnage est incontestablement réussi, on se rend compte que Ken Russell est en train de devenir fou. Il nous avait habitués dans sa filmographie à plusieurs séquences complètement hallucinées et chargées de détails qui venaient gonfler la symbolique de ses thématiques. Mais ici, elles virent toutes au ridicule. Si certains symboles viennent rappeler la forme du ver blanc, la séquence du viol des religieuses incrustées sur un dessin animé de flammes avec un christ entravé par le ver blanc, c'est juste too much. Les séquences sont laides, incongrues et finalement involontairement drôle (que penser de la scène de rêve ou notre châtelain voit Lady Sylvia en hôtesse de l'air qui lui montre ses jambes alors qu'il mime l'érection avec un stylo rouge ?). Incapable de ménager ses élans, le film sombre par moments, ce qui est bien dommage au vu de l'originalité du matériau. Une curiosité qui reste intéressante pour l'amateur de films tortueux, mais sympathiques...

 

4/6

 

1988
de Ken Russell
avec Amanda Donohoe, Hugh Grant

 

http://3.bp.blogspot.com/-owvWFRIYXKI/T2XqTY6b5zI/AAAAAAAABK4/-X4YZZIbWXo/s1600/Lair2.jpg

Quand le ridicule arrive d'un coup...

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commentaires

alice in oliver 03/08/2012 10:57

pas vu mais ça a l'air incroyablement kitsch ! Toutefois, pourquoi pas...

voracinephile 03/08/2012 11:49



Et ça l'est ! Surtout pendant ces fameuses hallucinations complètement foireuses... C'est adapté de Bram Stocker, ici, c'est moyen, mais l'ambiance est parfois délicieuse... Et j'avoue m'être pas
mal attaché à la figure féminine tentatrice au centre du film...



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