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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 15:32

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Le genre épique, on apprécie. Propice au bourrinage comme à la leçon d’histoire honnête ou révisée, c’est un style qui en impose, autant techniquement (les reconstitutions d’époque se doivent d’être soignées) qu’avec des acteurs  (on imagine mal Fabrice Lucchini en héros). Mais voilà, si on ne s’appelle pas Ridley Scott, vous n’êtes rien (à part Braveheart). Même Apocalypto a tendance à être oublié. Alors, quand un film se propose de mettre en scène une page de l’histoire des templiers en pleine extinction, voilà la réaction des distributeurs français. Pour un nombre de salles correct (114 en première semaine), la promo du film s'est révélée absolument minable (vous en avez entendu arlé, vous ?), pendant deux semaines d’exploitation. Un geste assez méprisant pour une fresque épique intègre cherchant à bourriner un peu plus que d'habitude. Dépassant le stade du loukoum idéologique imposé par Kingdom of Heaven, modeste en termes de budget et d’acteurs, mais efficace, Le sang des templiers, belle pièce du genre, a été humiliée, et contrainte à une sortie DTV à la sauvette. Une honte pure et simple devant les qualités d’un tel travail.

L’Histoire : en 1215, le roi Jean est contraint par les templiers de signer la Magna Carta, un document limitant l’autorité du roi et assurant une base de liberté au peuple. Quelques années plus tard, le roi montre en secret une armée de mercenaire et se lance dans l’extermination des templiers et la reconquête de son pays par les armes. Les templiers survivants choisissent de se réfugier dans le château de Rochester, un point stratégique nécessaire à Jean pour s’attaquer à Londres.

 

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Preuve qu'on peut être à la fois bourrin et franchement sympathique

 

Et voilà finalement dans quoi nous embarque le film : un long siège d’une place forte, ici tenue par des templiers dans l’attente d’une réponse du roi de France, toujours prompt à venir emmerder la perfide Albion sur son propre terrain. Pour cela, l’évêque de Canterbury se charge de convaincre le roi de s’allier aux templiers, dont le soutient à Rome décline. Mais en attendant que l’armée ne se lance, il faut du temps. Et c’est justement ce que nos templiers vont devoir faire à Rotchester : occuper les troupes du roi Jean un maximum de temps pour permettre aux français de débarquer et de faire le ménage. Mais voilà, ces bouffeurs de grenouilles prennent leur temps pour venir. Le château va devoir faire face à plusieurs attaques de mercenaires, notamment conduites par un écossais impressionnant qui ferait passer Mel Gibson pour une lavette. Mais qu’on se rassure, si les templiers sont en infériorité numérique, ils ont quelques trognes connues dans leurs rangs. Au niveau des gentils mercenaires, on retrouvera donc ce larron de Jason Fleyming, épaulé par un Brian Cox en forme pour l’occasion. Mais c’est bien James Purefoy qui en impose en templier, qui prolonge son rôle de Solomon Kane en tirant une tronche pas possible, mais en faisant un petit travail sur soit avec la dame du château. Bref, ce sont des personnages qu’on aime. Et niveau combat, si on n’atteint pas vraiment l’ampleur des champs de bataille à la Scott (le pognon, ça fait des merveilles), le résultat reste impressionnant. Si la caméra à l’épaule se révèle parfois agaçante, la rage des combats est là, nos croisés se battant comme des lions. Et, chose rare, le film ne lésine pas sur les effets gores dès qu’il y a du corps à corps. On se croirait revenu dans La Chair et le sang ! Mais en réaliste, et avec un Paul Giamatti assez savoureux en prince Jean sanguinaire (bien que cliché). C’est essentiellement pour le siège que le film tient ses promesses, en nous offrant plusieurs bonnes scènes de batailles et plusieurs techniques d’assaut de places fortes qui se révèlent être de bonnes reconstitutions d’époque. Avec en prime la fameuse technique de sape des murailles en creusant des tunnels. Bref, c’est du tout bon pendant deux heures, jusqu’à la fin. Toutefois, impossible de ne pas sourire quand l’archevêque de Canterbury approuve notre croisé qui renonce à ses vœux pour partir avec une femme (il est coulant, cet archevêque, moi, j’aurais écartelé l’importun, juste par soucis de convenance). Mais on mettra ça sur le compte de l’enthousiasme. Excellent morceau de bravoure, barbare et épique, qui a pigé tout ce qu’on aime dans ce style et qui s’y emploie avec générosité dans la mesure de son budget. Violent (la tag line nous disait « Le sang va couler », ils n’avaient pas tort), bien exécuté et finalement louable, Le sang des Templiers nécessite un achat immédiat pour réparer l’injustice qui lui a été faite.

 

4.5/6

 

2011
de Jonathan English
avec James Purefoy, Paul Giamatti

 

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commentaires

D
Argh, que 4,7 sur 10 de moyenne sur senscritique :(<br /> http://www.senscritique.com/film/Le_Sang_des_templiers/429661
Répondre
D
Tiens, je ne connais pas, c'est mieux que Black Death ou pas?<br /> Si oui, je prend :)
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V
<br /> <br /> Et bien, disons que ce morceau a de quoi provoquer le débat. Il est très mal noté partout, et j'ai un peu de mal à comprendre cette haine à son égard. C'est une des rares fresques épiques à nous<br /> donner un siège plutôt sympathique et des combats qui envoient le pâté. Quoiqu'en y réfléchissant, en plus des bourdes que j'ai déjà relevé, il s'autorise une gestion temporelle un peu facile<br /> (ils creusent un tunnel de sape très rapidement une fois dans la place). Mais c'est un film mésestimé selon moi, qui affiche une certaine virilité sans trop de mal. Après, le personnage du<br /> templier se laisse séduire par une femme (ce qui n'est pas vraiment crédible, mais bon), mais sinon, c'est une curiosité à voir.<br /> <br /> <br /> Par contre, je ne l'échangerais pas contre Black Death, qui lui me tient à coeur.<br /> <br /> <br /> <br />

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