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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 15:59

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Les classiques de Disney restent des films indétrônables, véritables petites merveilles de films naïfs, mais honnêtes dans leurs intentions et soucieux de délivrer un spectacle de qualité. Un soin qui ne semble plus vraiment au programme de la firme qui capitalise sur les marmots, où le jouissif pour moins de 10 ans semble avoir pris le pas sur la pureté des sentiments. On subit block buster sur Block Buster (Il était une fois, Mission G 1&2, Tron legacy (script de merde, mais jolis design et musique qui déchire)) alors qu’il n’y a plus que Pixar pour donner le change. Ainsi, avec le succès modéré de Narnia (qui sponsorise l’église catholique, il est vrai), on voit émerger quelques projets qui tentent de s'en rapprocher, alors qu'en fait pas dut tout. Véritable foutage de gueule commercial (l'affiche qui dit Narnia 2 en gros et qui nous fait miroiter un univers), Le secret de Térabithia est un Disney qui se veut un peu plus malin que la moyenne, malgré la patte monstrueuse que le studio a imposé au matériau d'origine. Néanmoins, cette production s'en sort un peu mieux que les autres productions des studios.

L'histoire : un jeune paysan devient la tête de turc de sa classe et se lie peu à peu d'amitié avec une nouvelle élève à l'imagination débordante.

 

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Pour une fois qu'on voit ses dessins, profitez !


Le secret de Térabithia essaye de renouer avec un certain côté magie de l'enfance, chose assez louable au vue des super productions numériques qu'on se tape d'habitude. Ainsi, d'entrée de jeu, le film veut se focaliser sur le ressenti émotionnel de chaque héros de l'histoire. Voilà des intentions plutôt bonnes, qui se veulent fidèle au roman de Katherine Patterson, qui contient une part d'autobiographie, l'auteure ayant perdu une amie d'enfance à peu près à l'âge du héros. Ainsi, bien plus qu'un film pour enfant, c'est aussi un film sur les enfants auquel on est en train d'assister. Des ambitions qui l'honorent, mais qui seront gâchés par quelques gros défauts. Déjà, le plus gros, c'est Disney. Sa patte morale alourdit considérablement certains points du récit, faisant tâche sur bien des domaines (la méchante racketteuse est une Punk, la banalité des situations tend à alourdir le récit, et surtout, l'infantilisation des enjeux fait vraiment mal (le "libre pipi" est un gros moment de silence)). De plus, pour un film de sentiments, ces derniers ont énormément de mal à être transcendés (avant le gros retournement de situation et un peu de tristesse pour relever le tout), s'attacher à nos héros est assez difficile, leurs sentiments relevant de la plus stricte banalité (ils sont agacés par les cons, mais ils se dominent, ils sont gentils avec tout le monde, bref les clichés du parfait petit écolier). Plus grave encore, le film essaye de les placer comme des personnages atypiques par leurs dons (notre héros dessine, notre héroïne écrit, mais on ne verra jamais rien (ou presque) de leurs travaux). C'est un peu rapide, non, pour qu'on les aime ? Enfin, nos bambins se créent un monde imaginaire pour vivre leurs aventures en dehors de ce monde cruel. Un fait qui est très bien illustré par leur bataille de pomme de pins avec les écureuils, mais qui devient vraiment lourdingue avec l'usage d'effets spéciaux. Si ces derniers ont au moins le mérite d'avoir de designs originaux, ils sont traités comme les monstres chez Disney (on leur chatouille les pieds, et hop, il est vaincu), ce qui nous fait un peu nous poser la question du "pourquoi les montrer si on sait qu'ils ne sont pas réels" ? Le procédé des effets spéciaux alourdit plus le film qu'il ne sert finalement son discours sur l'imagination. Après débat, j'apprends qu'en fait, le monde de Térabithia pourrait être réel. Pourtant, le film n'arrive jamais à paraître comme du fantastique sérieux (ses perpétuels retours à la réalité ruinent toute tentative). Il n'y a que la fin qui impose enfin l'ambiguité de l'existence d'un tel monde (séquence gâchée par l'usage de couronne en plastique qui vont de paire avec le bouclier en alu de Gnargnia). Le symbolisme qu'il y a derrière est simple (le gamin essaye de préserver l'imagination de sa petite soeur vu le traumatisme qu'il est en train de vivre), mais il manque aussi terriblement de finesse. Finalement, au vu des ambitions du film et de ses arguments, l'exemple qui s'en rapprocherait le plus serait le labyrinthe de Pan, à l'exception que ce dernier se révélait beaucoup plus fin dans sa gestion du fantastique, pour le coup beaucoup plus magique que dans Térabithia, et beaucoup plus ambigu (le faune aux mimiques louches). Sans parler de la peinture historique parfaitement affreuse qu'elle s'autorisait. En bref Térabithia, c'est loin d'être encore au point, mais l'effort du film à se concentrer d'avantage sur ses personnages et à les épauler dans leur quotidien le tire un peu plus vers le haut que les abrutissants Kuzco.

 

2/6

 

2007
de Gabor Csupo
avec Josh Hutcherson, AnnaSophia Robb

 

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commentaires

Avel-Yuffie 17/11/2011 08:28


EN ce qui me concerne j'ai été super déçue par ce film, pour une raison simple : je ne m'attendais à ça. Quand j'ai vu la bande-annonce, je pensais que c'était un film fantastique (style Narnia ?).
Autant dire que j'ai été vraiment dégoutée de voir que la bande-annonce était aussi mensongère. Du coup, je n'ai pas trouvé d'intérêt à ce film et je me suis bien ennuyée.


voracinephile 17/11/2011 22:48



Oui, tu es une des nombreuses victimes de sa promo mensongère et outrancièrement racoleuse. Disney a distribué ce film comme le Blockbuster de l'année alors qu'il s'agit ouvertement d'un film
intimiste. Ce qui montre bien leurs ambitions matérialistes de faire un max de pognon en se foutant de leurs produits. Du coup, le choc est rude et il devient dur d'aimer le film, mais en l'état
il est un peu mieux foutu que la plupart des Disney récents. Si vraiment tu as du temps à perdre un jour, rejette-y un coup d'oeil car il faut mieux que le retour de barre qu'il s'est pris (de
façon justifiée, mais c'est sur ces cons de distributeurs qu'il faut crier...). Mais, c'est pas fabuleux non plus, mais un peu plus humain que la moyenne (surtout après le drame du milieu). Mais
pour la première moitié, c'est clair qu'on s'ennuie.



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