Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 13:54

046692_af.jpg

 

Le talentueux Mr Ripley est un drame ayant raflé un joli nombre de récompenses en 2005, en ayant la particularité d’axer son portrait sur une élégante forme de personnalité, constamment dépendante de ceux qui l’entourent, et que les intentions strictement empathiques de départ finissent par transformer en une sorte de vampire de personnalité, maquillé sous des airs de thrillers identitaires.

L’histoire : Tom Ripley au cours d’un concert où il usurpait l’identité d’un autre élève, se voit confier une mission par une riche famille : retrouver leur fils millionnaire Dickie Greenleaf, qui refuse de repartir d’Europe, où il mène une vie aventureuse avec sa fiancée.

 

talentueux-monsieur-ripley-1999-07-g.jpg

 

Il est vraiment très intéressant de se pencher sur le cas du Talentueux Mr Ripley, car c’est un immense portrait qui en est fait, légèrement biaisé, mais redoutablement précis de son personnage central. Tout s’articule autour de lui, et son principal trait de caractère est finalement de vivre entièrement par les autres, essentiellement par les personnages masculins qui l’entourent. C’est une sorte d’homosexualité complètement désexualisée (tout a été évacué à ce niveau), où Tom étudie les personnalités qui l’entourent et cherche à se formater pour faire fonctionner au mieux les relations qu’il entretient avec ladite personne. Ici, l’idée est poussée à l’extrême, avec le suivi incroyablement détaillé de sa relation avec Dickie Greenleaf. Il se fabrique une passion pour le Jazz afin de se rapprocher artificiellement de Dickie, et se livre totalement à lui, révélant au grand jour son attachement violent à sa personne. Ce qui gêne à la longue ceux qui l’entourent, car ils se sentent prisonniers de cet attachement, lentement consommés par ce beau Tom Ripley qui les singe avec talent, agissant comme un miroir et leur renvoyant ce que lui-même voit. Aussi, quand survient la douleur des disputes et de l’éloignement, il n’a à leur reprocher que leur désintérêt des autres, qu’il assimile à une forme d’égoïsme. Tom Ripley refuse totalement la vie telle qu’elle se déroule, l’impossibilité de la figer, et donc ressent avec cruauté chaque éloignement comme une défaite majeure. Là où le film passe un cap, c’est dans l’usurpation d’identité. Passé le meurtre, le film se transforme en jeu de rôle où Tom jongle avec différentes identités, et où le film s’articule alors comme un thriller sur le fil du rasoir (la moindre erreur pouvant faire effondrer le mensonge comme un jeu de carte). Car finalement, c’est un film sur le mensonge à grande échelle. Tom Ripley est un menteur né qui ne semble vivre que pour vampiriser ceux qui l’entourent, et s’y attacher comme du lierre autour d’un arbre. En cela, je trouve l’angle de vision du film un peu biaisé, par si les effusions sentimentales sont sincères, Tom Ripley est bien un monstre, dans sa tragédie car il l’ignore, et que son entière personnalité semble vouée à faire le mal en souhaitant amour et fusion mentale. Tom Ripley (dont le nom ne prête pas à confusion), c’est le phagocytage total d’une personnalité, quelqu’un qui n’emporte rien de personnel dans la vie (les goûts de son intérieur quand il réaménage les lieux sous l’identité de Dickie) pour chercher la nourriture spirituelle dont il se repaitra quelques temps. Mais chaque relation est vécue puissance 10, sans le moindre recul ni regret. C’est indéniablement ce qui fait la force du film, cette proximité avec le personnage et son ressenti sincère, un magnifique exemple de portrait, à la fois psychologique et émotionnel. En rajoutant à cela une splendide direction artistique et de belles séquences de cinéma (le morceau de Jazz, l’escale en voilier glauque), Le talentueux mr Ridley a mérité son statut d’œuvre incontournable, démontrant une nouvelle fois les talents d’acteur de Matt Dammon.

 

5/6


1999
de Anthony Minghella
avec Matt Damon, Jude Law

 

talentueux-monsieur-ripley-1999-01-g.jpg

Partager cet article

Repost 0

commentaires

borat8 17/04/2014 20:00

Ouais mais combien d'ersatz sont sortis après? Crossed s'occupe que d'adaptations de jeux-vidéo (logique l'hébergeur est Jeuxvidéo.com) mais aussi de films abordant le thème.

voracinephile 20/04/2014 14:13



Les ersatz ne trompent personne. Ou ceux qui prêtent peu d'attention à leur culture cinématographique.



borat8 14/04/2014 18:53

Mais des américains auraient pu y voir un film divertissant ou même critique légitime. Ce ne fut malheureusement pas le cas. Certes il a touché son cachet mais Verhoeven a beaucoup perdu durant les
années 90. Il a raté le projet Crusade faute de pognon, Showgirls n'a pas marché et s'est fait descendre, avec Basic Instinct il a instillé une flopée de clones débiles et le flop d'une aussi
grosse production comme Starship troopers a dézingué son ambition à Hollywood et cela lui a fermé des portes. Reste qu'heureusement un film comme Starship troopers restera largement plus dans la
mémoire des cinéphiles que la dernière bouse de Roland Emmerich ou Michael Bay et tant mieux. Oui j'ai vu plusieurs vidéos du Fossoyeur de film et même si je ne suis pas toujours d'accord (comme
quand il cite Evil dead parmi les bons remakes ou autres), je dois avouer que c'est plutôt pas mal. Dans un autre genre il y a aussi Crossed et Le joueur du grenier.

voracinephile 16/04/2014 22:36



Oh, basic instinct... Mais c'est du plaisir coupable réjouissant, ça !


Je connais le joueur du grenier (excellent concept et pas mal de vidéos attachantes), mais pas Crossed, j'essayerai



borat8 14/04/2014 00:22

Sauf qu'à l'époque Starship troopers fut un vrai flop, assassiné par la critique ricaine l'insultant de fasciste. Quant à Hollow man, même Verhoeven trouve que c'est son plus mauvais film compte
tenu du fait qu'il n'a pas eu de libertés sur ce film. Black Book est un retour en Hollande et même s'il a été très bien accueilli partout, ce n'est pas non plus une grosse machine. Putain je rêve
qu'ils l'engagent pour Legend of Conan comme la fausse-rumeur l'évoquait il y a quelques temps.

voracinephile 14/04/2014 16:17



Oui, je connais les échos qu'il y a eu sur Starship troopers lors de sa sortie. Une réaction logique en même temps, un triomphe aux USA aurait été particulièrement cynique. Mais vu l'ampleur du
phénomène aujourd'hui, il faudrait être un peu réaliste. ëtre critiqué mais toucher plein de pognon car le film marche, ou continuer à nous pondre des merdes insipides (d'ailleurs, si tu ne
connais pas Le fossoyeur de film Borat, je t'invite à découvrir sa chaîne youtube (Vince m'a initié), son analyse sur les blockbusters de 2013 est assez intéressante).



borat8 11/04/2014 12:01

Non pas envie de le voir, j'en ai marre des remakes de film de Verhoeven. J'en ai marre qu'on pille son oeuvre sous prétexte que c'était un des meilleurs réalisateurs européens à Hollywood et qu'il
a tellement fait ce qu'il voulait qu'Hollywood l'a renvoyé à coup de pompe dans le cul pour profanation. Pourquoi dis-tu James? C'est simple: des films trop crus, trop connotés et Starship troopers
a été traité de tous les noms aux USA et a été un flop pour une grosse production. Voilà pourquoi alors sur Hollow man, les producteurs ont tout fait pour qu'il ne fasse rien d'acceptable.

voracinephile 13/04/2014 09:35



Pas vraiment d'accord pour Hollow Man, et vu le succès retentissant de Starship troopers aujourd'hui, un peu de mal à comprendre. Surtout que Black book était loin d'être un échec ici, en
europe...



borat8 10/04/2014 21:14

C'est du crowfounding après tout, mais je voudrais bien y jeter un oeil un de ces quatre. En même temps tu dis qu'il crache depuis son piedestal mais qui sont les connards qui l'y ont envoyé? Ceux
qui actuellement remake ces films. Tu verras bientôt ils vont faire un remake de Showgirls avec Miley Cyrus et Lady Gaga en stripteaseuses et Shia LaBeouf en macro; La chair et le sang avec Selena
Gomez et Zac Effron; c'est chez tonton Borat que tu viendras pleurer. :D

voracinephile 11/04/2014 08:33



Je faisais du mauvais esprit à propos de Verhoeven car ça me casse les couilles quand on utilise son nom pour descendre un film honnête qui a tout fait pour se dépétrer avec les studios (arhem
Robocop, mais tu jugeras quand tu le verras). Et si ses films marchaient, pourquoi on l'a mis au placard ? Je ne comprends pas pour ma part, vu son impeccable filmographie. Le remake de
showgirls, ça pourrait le faire XD !


On aime tous le papy Verhoeven, qui vient nous rappeler qu'il est vivant de temps à autres en faisant une déclaration de presse...



Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche