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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 19:56

http://www.moviesonline.ca/wp-content/uploads/2010/12/mutants-1.jpg

 

CRITIQUES-La-Horde-vite-horde-ici-2.jpg

 

Aujourd’hui, dissection du zombie français avec deux films : Mutants (certes, c’est plus un film d’infectés que de zombies) et La Horde, deux films au budget sensiblement égaux (autour de 2 millions d’euros), qui tentent d’apporter un peu de renouveau dans le cinéma de genre français, ou à défaut, d’être un divertissement sympathique. L’un y arrive assez bien (sans être trop exigent, bien sûr), mais l’autre rejoint sans peine La Meute et Bloody Malory au fond du trou.

 

http://www.films-horreur.com/wp-content/uploads/2009/11/mutants2008frdvd001.jpg

 

Mutants : Avec Mutants, David Morley essaye de façonner un huis clos dans un grand bâtiment en plein milieu d’une forêt infestée de contaminés, des humains infectés par un virus qui ont peu à peu mutés (anatomiquement parlant). D’ailleurs, cette dimension de mutation (annoncée par le titre) va être constamment exploitée par le réalisateur, qui filme la transformation progressive de Marco, blessé dès le début du film et souffrant peu à peu des symptômes de sa transformation. Un hommage à La Mouche, certes beaucoup moins ambitieux que ce dernier (budget oblige, les maquillages sont essentiellement des masques et des dentiers), mais qui reste plutôt efficace au vu du résultat. A vrai dire, c’est plus par le rythme que pêche le film, qui s’étend quand même sur une heure trente. Si le début commence sur les chapeaux de roue, le huis clos dans le complexe est plus lent, plus enclin à la digression, comme par exemple ce foyer sensé produire de la fumée visible par un hélico de l’armée qu’on sait déjà peu enclin à aider de simples civils. Si les premiers symptômes de la contamination sont là, il faut attendre l’arrivée d’un autre groupe de survivants plus enclins à la violence pour que l’histoire reparte. Nouveaux objectifs : le départ de tout le monde en ambulance, mais besoin de trouver de l’essence. Des enjeux qui nous amèneront surtout à un combat plutôt ambitieux entre contaminés et un gars armé d’une machette qui impressionne. Mais ça ne va pas vraiment plus loin, et il faut attendre le retour au grand bâtiment pour que l’hostilité des autres survivants prenne le dessus et qu’on commence à voir des querelles intestines vénères (appuyées hélas parfois par des dialogues manquant de tenue) entre humains. Le tout avant le final où les créatures investissent les lieux et traquent les derniers humains vivants. Toutefois, on notera la petite touche française qui consiste à humaniser une dernière fois notre Marco contaminé au cours d’un final assez inattendu, qui pourra en rebuter plus d’un (oui, c’est une entorse aux « règles » des films de contaminés), mais qui apporte un peu de fraîcheur avant une fin classique, ouverte (la motivation des militaires ne fait aucun doute) et qui appellerait peut être une suite, qui a cependant peu de chances d’être tournée (pas en France en tout cas, il n’y a que les comédies qui font des suites (et un peu les polar et les drames)). En bref, pour un premier film écrit et réalisé, David Morley fait preuve de quelques qualités qui devraient lui ouvrir, on l’espère, une carrière dans le cinéma honorable (mais le genre étant peu reconnu, et ce film étant loin d'être une référence...).

 

4/6

 

2007
de David Morley
avec Hélène de Fougerolles, Francis Renaud

 

http://1.bp.blogspot.com/_MdmUr7Ry4Oo/SgbAlPC0lhI/AAAAAAAAAz0/nDLJyeCVEyo/s400/mutants_10.jpg

 

La Horde : c’est un film où des flics vénères veulent décimer un gang dans une tour HLM sur le point d’être rasée, et qui en plein milieu de leur mission voient des zombies investir Paris. Ses défenseurs diront que ce film est facilement critiquable parce qu’il sacrifie régulièrement la cohérence sur l’autel du défouloir bourrin, de la jouissance instantanée. Du genre on enferme un protagoniste dans une pièce avec un zombie juste pour le voir lui éclater la gueule avec tout ce qui lui tombe sous la main… Tentons de ne pas sombrer dans la facilité en se contentant d’un « ce film est nul ». Il est évident que Dahan et Rocher tentent d’apporter du divertissement à un genre facilement pop corn (le zombie est toujours très populaire) en lui donnant une french touch. Qui passe ici par une action implantée en plein cœur des cités de Paris. Voilà pour les ambitions, qui pouvaient convaincre sur le papier, mais qui à l’écran sont nettement moins défendables. Déjà, les deux réalisateurs s’entourent de gueules pour faire leurs films, et ils oublient qu’ils doivent aussi prendre des acteurs. Ainsi, et pendant l’INTEGRALITE du film, on a l’impression de voir des hommes qui essayent de passer pour des durs en parlant fort, en faisant exprès d’avoir une voix grave, et en rajoutant un « putain ! » ou deux dans leur dialogue pour faire bad boy. Il suffit de voir la première confrontation verbale entre nos flics et nos racailles pour être agacé, et ce sentiment ne quittera jamais le spectateur. Ainsi, on atteint le degré zéro de la psychologie humaine , fréquemment illustrée par des détails au mieux passables (« Y en a p’têt dans l’couloir ! »), au pire ridicules (« Polaaaaaaaaa ! »). Les plus beaux exemples de ces dialogues ratés restent la scène sur le toit où le flic gentil tente de convaincre les badass de se joindre à eux (« Mais y’s’fout d’ta gueule, Aby ! ») et l’explication du caractère de chienne de la seule fliquette du groupe (« T’avais b’soin d’lui balancer qu’t’étais en cloque ? »), sommet de prestation désastreuse de nos acteurs de flics pour lesquels on n’entretient plus la moindre sympathie. A vrai dire, le seule personnage qui parvient à faire sourire au premier degré, c’est le vétéran français, qui a écumé l’Indochine. Un barbare de première qui ne se gêne pas pour employer des mots racistes et qui passe lui pour une force tranquille. Il cabotine à fond, et il parvient du même coup à sortir du lot tant sa prestation est la seule qui parvient réellement à convaincre. Ne parvenant jamais à être original (c’est dur, mais ça paye), le film ne provoque jamais la surprise, et foire en partie son final avec LA scène du parking, scène encore une fois pensée pour être jubilatoire (et de ce côté, les zombies font bien leur boulot, merci, les figurants !), mais ruinée par les interventions verbales de notre protagoniste (« Vous en voulez encore, bande d’enculés ? »). Les dialogues sont préjudiciables à un film, et La Horde en fait la douloureuse expérience, à tous les instants, ce qui annihile au final ses maigres ambitions. On arrive dès lors à un final glaçant, assez frustrant au vu de ce qui vient d’être enduré par le spectateur où le seul personnage détestable du film parvient à non seulement s’en sortir, mais à accomplir une vengeance maintenant hors de propos, ne relevant plus de la vengeance mais de l’exécution sommaire. C’est une première, mais ce n’est pas ça qui va rendre le personnage sympathique (on a compris le message : une femme enceinte est par conséquent doté d’un tel instinct de survie qu’elle explose tous les obstacles sur sa route). Pas ma tasse de thé, surtout au prix nouveauté de 20 euros.

 

0.5/6

 

2008
de Yannick Dahan, Benjamin Rocher
avec Claude Perron, Jean-Pierre Martins

 

http://www.reportagesphotos.fr/visuel/2908.jpg

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commentaires

Ze RIng 18/02/2012 04:12

Quand même, La horde est certes bien moisi en soi (surtout au niveau de l'écriture et de l'interprétation...) mais, tout de même, la mise en scène de Yannick Dahan est carrément irréprochable, il y
a d'ailleurs des grands moments dans le film (la scène de baston avec le flic principal et tous les zombies notamment.) et ça reste quand même assez divertissant.
J'ai lu également dans un des 3 commentaires ci-dessus qu'il s'agissait du "pire film de genre français"? Pourtant, La Horde, à côté d'un machin comme Le lac des morts-vivants, est un véritable
chef d'oeuvre.

voracinephile 18/02/2012 14:17



Hum... La mise en scène de Yannick tente de faire au mieux malgré le petit budget (je pense aux décors de Paris ravagés qui ne sont pas trop mal mis en avant, mais pour le reste, l'interprétation
ruine cette tentative d'être jubilatoire. Formellement, je ne critique pas tant que ça le film d'un point de vue formel (même si les effets numériques du final m'ont quand même un peu gâché
l'action : le bouillon sanglant qui gicle de partout sans laisser de traces...), mais le reste coule clairement les tentatives funs du film.


Quant au pire film de genre français, n'ayant pas encore vu Bloody Malory, je ne me prononcerai pas sur la question, et je laisserai Zogarok en discuter avec toi, vu qu'il revient souvent sur le
cas de La Horde. Pas encore vu le Lac des morts vivants, mais je suis tenté !^^



alice in oliver 16/02/2012 22:25

pire encore, j'ai lu aussi beaucoup de bonnes critiques sur la horde. Le film n'est pas aussi détesté que l'on pourrait le penser.

voracinephile 18/02/2012 14:04



Moui, assez bizarre de voir qu'il remporte un certain succès... Espérons que 28 mois plus tard nous offre un nouveau bon film de zombie pour oublier cet essai français décevant.



Zogarok 16/02/2012 09:02

Ainsi, et pendant l’INTEGRALITE du film, on a l’impression de voir des hommes qui essayent de passer pour des durs en parlant fort, en faisant exprès d’avoir une voix grave, et en rajoutant un «
putain ! » ou deux dans leur dialogue pour faire bad boy

Tout est dit - je n'ajouterais donc pas ma petite saillie hargneuse. Et puis tu sais ce que j'en pense.

J'estime néanmoins que la réclusion à perpétuité est à envisager pour Yannick Dahan et qu'une aide médico-psychologique n'est pas à exclure pour l'équipe du film. Je sais que ça peut paraître un
peu laxiste au vu de ce qu'est La Horde, mais il faut savoir rester modéré en toutes choses.

voracinephile 16/02/2012 21:00



^^ Pour t'avoir lu écrire "le pire film de genre français", je me doute bien de ton avis (et tes interventions chez Naveton allaient dans ce sens). Je serais alors curieux d'avoir ton avis sur
Survivant(s), que j'ai pris en grippe depuis que je l'ai découvert. Je lui préfère largement Dead set, qui ne joue pas non plus sur le même terrain, mais que je trouve fréquentable.


La tempérance est à conserver même dans ces situations, je suis d'accord. Au bûcher !



alice in oliver 15/02/2012 22:09

Une bonne petite surprise que ce Mutants, dont l'ambiance n'est pas sans rappeler celle de the thing. Pour la horde, je le considère comme un petit nanar qui tente vainement de jouer la carte
grindhouse, le talent en moins

voracinephile 16/02/2012 20:50



Tiens, the thing pour Mutants ? J'avoue ne pas avoir fait le rapprochement instinctivement, mais maintenant que tu le dis, avec cette histoire de perf sanguine...


Après, nous avons déjà débattu du La Horde sur ton blog, donc je crois que tout a été dit à son sujet. Clairement pas mon truc, mais son succès en festivals m'a toujours un peu intrigué...



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