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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 18:50

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Définitivement, Léon semble être le chef d’œuvre de Luc Besson, ou son film le plus populaire en tout cas avec le cinquième élément. Mix intelligent entre scènes d’action à base de tueur à gage (quelques années avant le populaire Hitman) et drame très émotionnel, Léon est la quintessence du style Besson, style qu’il a perdu et qu’il est réduit aujourd’hui à parodier de la pire des façons (quand on voit la décadence de ses productions actuelles…). Film culte et incontournable des années 90, Léon est à la fois puissant et beau, sa violence parvenant à remuer les tripes sans chercher l’épate visuelle.

L’histoire : Léon, tueur à gage solitaire et un peu simplet, est voisin de palier avec Mathilda, adolescente en échec scolaire malmenée par sa vie de famille. Les choses dérapent quand le père de cette dernière est mouillé dans une affaire de drogue avec une brigade des stups.

 

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Avec Léon, nous avons donc droit au couplet du gentil tueur vs les méchants flics (au moins, ce ne sont pas les abrutis que nous verrons dans Taxi). Classique en somme, mais le traitement de Besson apporte une belle subtilité à ce cocktail connu. En donnant à Jean Reno un de ses rôles les plus marquants (avec probablement Godefroy le Hardi), Besson façonne un tueur impitoyable sur le terrain et plutôt timide, limite « simple » au quotidien. Peu porté sur les longues conversations, Léon se révèle charismatique essentiellement pour son emploi, et pour le soucis qu’il a tendance à se faire pour tout ce qui perturbe son quotidien. Mathilda est attachante essentiellement pour le drame qu’elle subit (d’une violence incroyable, le premier visionnage a été un traumatisme). Pas vraiment d’autre chose à rajouter sur son compte, la fraîcheur de son personnage venant surtout de son statut d’enfant (alternant entre léger et sérieux papal pour ce qui est de la vengeance). C’est Gary Oldman qui marquera surtout la mémoire, pour le personnage le plus timbré de sa filmographie : Stan (merveilleux pendant la fusillade). Magnifique salaud en puissance, complètement glaçant pendant ses éclats de folie, on tient un méchant parfait (du même acabit, en termes d’efficacité, que Guy Pierce dans Des hommes sans loi). La magie du spectacle Léon tient dans un mélange de sentiments, d’action, de drame et aussi beaucoup d’humour. C’est le cas par exemple pour les nombreux déménagements de notre improbable tandem (quoiqu’au second, je me demanderai toujours comment s’est réglée la situation, car j’imagine mal un portier d’hôtel se contenter de foutre à la porte un client qui est soupçonné de pédophilie… Peut être qu’on tient là les bases du nazisme à la Besson (et hop, point godwin !) dans la légèreté avec la mort). L’humour joue donc beaucoup dans le capital sympathie de Léon, même si il est évacué pendant les temps forts, où on arrête de rigoler quand même. Moralement, on jette l’éponge, malgré une conclusion qui tente le pari de la reconstruction (une chose qui passe aux oubliettes dans le pourrissime Colombiana), et qui tend donc à établir un bilan nul question valeurs morales (la recherche est purement divertissante d’ailleurs). Je profite de cette chronique pour faire l’étude approfondie d’une scène révélatrice de Léon qui montre combien le style Besson a régressé. Il s’agit de la séquence sur le toit d’un immeuble où Mathilda apprend à tirer au fusil à lunette. Scène très moralement ambigüe jusqu’à la conclusion (billes de peinture), qui provoque un petit sourire soulagé. Voilà une petite dose d’ambigüité bien gérée (du genre de celles qu’emploie Tarantino dans Django Unchained). Et aujourd’hui, que fait besson ? Il fait tirer un personnage à balle réelle devant une école (Colombiana), un héros dégomme une femme d’une balle dans la tête sans sommation (From Paris with love), le héros tire une balle dans la femme d’un indic pour le faire parler (Taken…). Vous voyez où je veux en venir ? Bon divertissement Besson du temps où il soignait encore ses scénarios (un peu complaisant sur la violence, mais le divertissement va avec ici), Léon reste un sommet dans la carrière de Luc, parvenant à émouvoir avec ses bons protagonistes. Un subtil équilibre qui parvient à tirer son épingle du jeu. A noter que viendra plus tard marcher sur ses plates bandes un certain Man of Fire, qui sera le fait d’un débat beaucoup plus virulent…

 

4,5/6


1994
de Luc Besson
avec Jean Reno, Gary Oldman

 

leon1.jpg

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commentaires

Vince12 14/06/2013 23:29

Bon film de Besson qui subit à mon avis trop souvent une mauvaise foie due aux autres productions du gus.

voracinephile 15/06/2013 13:04



Disons que Besson aura rarement apparu aussi sensible sans trop donner dans la niaiserie (bon sang, les minimoys...). La quintessence de son style pour ma part, et une date des années 90. Rageant
de voir qu'il n'est jamais allé plus haut après (si il me manque Subway, son Jeanne d'Arc est pour moins raté malgré la performance de Milla Jovovich (un de ses meilleurs rôles par ailleurs,
quand on voit dans quoi elle traîne aujourd'hui...



borat8 12/06/2013 21:53

(quand il s'enfile une fille) Waaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah!
-Mais tu te sens biiiiiiiiiiiiien?!
-Ouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuiiiiiiii!

borat8 12/06/2013 18:59

Ou encore quand il gueule dans le machin de femme de ménage avec Willis. Je plains le Brucie au niveau des tympans!

voracinephile 12/06/2013 21:08



Ah oui, quand y a tout qui pète dans le hall... Waaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa... Waaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa... (respiration saccadée, l'explosion est finie)
Waaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !! (gag).



borat8 12/06/2013 17:47

Et quelle voix! On croirait un mec qui fait le tapin avec son accoutrement!

voracinephile 12/06/2013 18:13



"Ici Ruby Rôôde. Je suis encore en vie. AOOOOWWW ! Nan mais ça va pas ? ça fait mal !"



borat8 12/06/2013 15:11

Perso c'est surtout un plaisir naveteux, car Chris Tucker est insupportable dans toutes ses séquences et encore mieux aussi bien en VO qu'en VF!

voracinephile 12/06/2013 17:40



Oh oui, le présentateur Ruby Rode ! Dans le genre noir tchatcheur, un monument !



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