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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 19:45

http://worldvideos.free.fr/Films/LADE.jpg

 

On connaît Jerry Bruckheimer pour ses grosses productions dans le monde du cinéma d’action. Gros financier du colossal Black Hawk down, notre homme a tâté de pas mal de calibres dans le cinéma de divertissement. Il sait donc ce que le public aime et veut lui en donner pour son argent. Avec Con air, il signe un début de carrière de producteur plutôt encourageant, car il tient une bonne opportunité pour contenter le grand public (âgé de plus de 12 ans, faut quand même un minimum), en nous offrant une histoire avec des criminels qui prennent en otage leur véhicule de transfert et qui mettent en route un plan machiavélique pour se faire la belle. Sur le papier, c’est le panard. Mais à l’écran…

L’histoire : Poe est un bon marine qui a bien servi son pays. De retour pendant une permission, il est pris dans une bagarre et tue un de ses agresseurs. Condamné à 10 ans de réclusion, il est libéré après 8 ans. Pour retourner chez lui, il transite par un avion-convoi transportant une trentaine de prisonniers sous haute sécurité.

 

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Tu vois ce qu’il va se passer ? Naan… Si l’intrigue de départ est prévisible, c’est l’heure et de mie qui reste qui va faire le spectacle. Jerry renoue ainsi avec le film d’action à l’ancienne, comme celui qu’on avait aimé dans les années 90 avec Speed. Ainsi, on a un héros gentil mais taulard en plein milieu d’un vol de prisonniers qui se rebellent et finissent par prendre le pouvoir dans l’appareil. Pour un gros spectacle d’action, on met ici les petits plats dans les grands avec un casting plutôt jouissif (Nicolas Cage, Ving Rhames, John Malkovich, Danny Trejo... Yeah !) et un bon gros budget qui va nous offrir pas mal de cascades. Malheureusement, la formule qu’on nous sert est un peu une arnaque. En effet, le film se garde bien de prendre partie. Il se place tantôt du côté des flics (même si il s’amuse un peu à les ridiculiser au départ, c’est juste pour faire durer le suspense) ou du côté des méchants (ce que les spectateurs apprécient, ces taulards étant pour la plupart assez marrants car gratinés). Pourtant, malgré la formule qui avait un potentiel énorme, le film se plie largement à la loi du PG 13. Impossible de sombrer dans l’immoralité, m’voyez ? Le problème, c’est qu’on nous montre déjà les prisonniers comme des bêtes amorales. Ils sont présentés comme ça. Alors que dans les faits, ils sont à peine méchants. On donne de vagues prétextes à Poe pour intervenir régulièrement  et limiter les effusions de sang, mais tout reste désespérément moral. C’est aussi en partie ce qui fait le jouissif du projet (on savait que c’était du gros budget film d’action américain, mais quand même, un minimum de cohérence ne fait pas de mal. Ainsi, le film se focalise surtout sur notre détenu Poe (le moralisateur) et l’agent chargé du convoi, qui va assurer lui aussi sa part de taf dans l’action. Il incarne la police compétente, il joue donc pour les bons, mais il a des sentiments qui le distingue de ses supérieurs. Voilà pour sa caractérisation, après, il ne fait qu’appliquer son manuel. Pétage d’avion à la grue, course poursuite en moto de flic, donner une leçon au supérieur… Bref, on se marre avec lui, mais ça n’ira jamais plus loin. C’est clairement Nicolas Cage qui est notre homme. Ancien marine, il a bien retenu les principes de son corps de métier. Aussi, il n’abandonne pas les potes, même si ça retarde son entrevue avec sa femme. D’ailleurs, il préfère sauver ses potes plutôt que de tenter quelque chose pour protéger l’armée (en témoigne la fusillade dans la déchetterie, qu’il traverse en courant en mode vétéran sans dénier regarder les cadavres de soldats à ses pieds). D’ailleurs, il est le pilier réac de ce film. On se refait un dialogue : le pote qui agonise « Je… J’ai un mauvais pressentiment… Je crois que je ne vais pas m’en sortir », Poe : « Ne parle pas ! Tu vas pas y passer. » « Je… Je me met à penser à des choses mauvaises. Comme Dieu n’existe pas… Qu’il n’a jamais existé… » « Attends ! Je vais te montrer que Dieu existe ! »  Et paf ! Dans vos gueules, athées de mes deux ! Ou encore, en tabassant un violeur « On… ne traite pas… Les femmes… Comme ça ! ». Misogyne de merde ! Si on ne fait pas l’éducation des masses avec ça… Roland Emmerich a dû apprécier. Bref, de la bipolarité du film, on ne retient que les moments de bravoures, des explosions, des scènes d’action pas mal filmés et quelques dialogues percutants (voir plus haut). Avec un méchant plutôt charismatique, Malkovitch arrivant à donner à son personnage une certaine folie qui n’est pas pour nous déplaire. Seule petite erreur à mon goût : Steve Bruscemi. Certes, l’acteur est génial, mais je n’arrive tout simplement pas à prendre au sérieux son personnage de psychopathe. Son entrée est tellement too much qu’elle ruine direct toute tentative de prendre sérieusement le personnage, et que ce dernier déclenchera plus souvent des éclats de rire (il apparaît dans pas mal de plans avec une tronche digne d’un film des frères cohen) que du suspense attendu (son face à face avec la petite fille a peut être fait flipper le jeune public, mais le PG 13 nous sauve de toute immoralité. Bilan mitigé pour ce film donc, qui malgré la lourdeur de ses règles et de ses partis paris parvient à nous donner un bon gros quotas d’action (pendant une heure trente, aucun temps mort) en mode 90’s avec une certaine folie généreuse qui font la fougue de ces projets (le final complètement bancal à Las Vegas). Pas intelligent pour deux sous, mais on se marrer et on peut poser le cerveau sur la table de chevet sans risque de trop se remplir la tête (à part l’introduction et les charges réac de Poe, peu de patriotisme déplacé). Le divertissement sympathoche qui ne va pas chercher très loin.

 

4/6

 

1997
de Simon West
avec Nicolas Cage, John Malkovich

 

http://www.replikultes.net/medias/uploads/films/ailes_de_l_enfer/ailes_de_l_enfer_42_bute.jpg

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commentaires

2flicsamiami 06/01/2012 13:08

Voila un excellent film d'action. Niveau amoralité, c'est sur que le personnage de Cage (Jesus Christ ?!) rétablit les moeurs avec un bon coup de poing.
Mais niveau fun, c'est quand même grandiose !

voracinephile 06/01/2012 21:02



Cage en Jésus Christ ? Pourquoi pas... On titre ça Hell Drive 2, et je sens qu'on va cartonner au box office !


Plus sérieusement, impossible de dire chef d'oeuvre pour Les ailes de l'enfer, mais je confesse prendre toujours un certain plaisir à le revoir, le concept étant tout simplement jouissif (malgré
son manque de rigueur, qui d'un autre côté fait aussi son charme) et Cage étant doté d'un charisme monumental. Un bon truc jouissif comme on savait en faire dans les années 90 !



alice in oliver 03/01/2012 22:46

c'est marrant. Ce film fait partie de mes chros prévisionnelles et franchement, je suis très partagé entre le gros film d'action bourrin, le nanar involontaire ou encore le film ultra prétentieux.

voracinephile 03/01/2012 23:07



^^ Un peu de tout en même temps (même si pour la prétention, je ne la trouve pas si grande au final, la surenchère du film ne tentant jamais de devenir maline. Mais nanar involontaire, quand tu
vois certains dialogues, c'est clair ! Reste qu'il est globalement sympathique, bien qu'il reste le cul entre deux chaises.



Alice In Oliver 03/01/2012 21:46

oui, je comprends. Dans tous les cas, c'est paradoxalement une note généreuse. Je sais, je me contredis, mais quand on aime, on ne compte pas !

voracinephile 03/01/2012 21:58



^^ En évitant de se prendre la tête, c'est vrai qu'on ne passe pas un moment déplaisant (et le film carrément surréaliste (se poser sur l'avenue principale de Las Vegas à l'heure de pointe...) a
de quoi rajouter à notre enthousiasme) !



Alice In Oliver 03/01/2012 10:55

d'ailleurs, je trouve la note un peu sévère. Perso, je veux bien voir des films d'action de ce tonneau tous les jours

voracinephile 03/01/2012 20:37



 + 0,5 étoiles pour Steve Bruscemi et son cocktail. Impossible de faire plus !



alice in oliver 02/01/2012 21:53

en effet, ça ne vole pas haut et le film n'évite pas certains clichés. Pourtant, force est de constater que la formule fonctionne plutôt bien. 4/6 pour ma part.

voracinephile 02/01/2012 22:42



^^ Mais il fait toujours plaisir à revoir ! Avec un Nicolas Cage très cool et un humour aussi timbré qu'attachant (Nicolas qui boxe les prisonniers dans le dernier acte... avant d'envoyer une
gifle au travesti), une production sympathoche à l'ancienne.



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