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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 16:12

Les-Brasiers-de-la-Colere-Affiche-France.jpg

 

Avec Les brasiers de la Colère, on avait tout pour avoir peur : un casting impeccable (Bale, Harrelson, Affleck, Dafoe, Whitaker…), un scénario viril, une promesse de sentiments intenses et d’une violence viscérale. Un thriller lourd comme ce que Cartel se promettait d’être. J’insiste avec la comparaison avec Cartel, car ce film se révèle avoir les mêmes défauts que le travail de Ridley Scott. Un constat qui aurait dû être rédhibitoire, mais qui se contente en l’état d’être simplement un bon film.

L’histoire : Russell Base mène une existence pauvre en travaillant à l’aciérie de sa ville natale et payant les dettes de jeu de son frère. Emprisonné suite à un accident, il découvre que son frère fait des combats clandestins pour gagner sa vie.

 

Les-Brasiersde-la-Colere-Critique-casey-Affleck.jpg

 

Après une bande annonce en béton et l’annonce d’un tel rendez-vous d’acteurs, on ne pouvait plus espérer qu’une confrontation en puissance, avec du sang sur les murs et des sentiments qui sortent des tripes. Il a été assez amusant de voir une famille débarquer avec de jeunes enfants en début de séance, qui se sont carapatés vite de là quand Woody Harrelson s’énerve en tabassant salement sa femme et un automobiliste venu la défendre (non, ce n’était pas la salle, pour Le manoir magique !). Avec une intro de cet acabit, on était déjà aux anges, ça allait être intense, et le Harrelson ne plaisantait pas. S’ensuit la présentation des personnages, à l’ancienne, avec ce goût américain pour la précision du contexte social (quartier pauvre, travail industriel ou comment rendre la rouille belle pour la caméra) et la proximité des protagonistes (le père sous assistance médicale vivant ses derniers moments dans un canapé aux soins de ses fils, les embrouilles naissantes du frère touchant une pension de l’armée où il s’est engagé). On ne rit pas souvent, mais on vit avec ce qui passe à sa portée, sous pression, mais en gardant l’optimisme en tête. Puis l’accident, la prison (d’ailleurs remarquablement traitée, pas besoin de faire une scène choc, une altercation simple entre prisonniers suffit à planter le contexte). Malgré une ellipse trop évidente (quatre ans passent en 10 minutes), on a toujours envie d’y croire, surtout quand on découvre les activités illégales du petit frère pour compenser la maigre pension reçue après ses services en Irak. Puis c’est l’escalade et la confrontation avec Woody Harrelson pour les combats à risque, et le film commence à gagner en ampleur. Indubitablement, le jeu d’acteur est ce qui fait le réalisme du film. Là où Cartel accumulait les saynettes gênantes et les discussions de comptoir, Les brasiers de la colère cherche vraiment des interactions sentimentales entre chaque acteur, lors de chaque échange, et chacun s’en tire avec brio (Bale est mis en avant, mais Harrelson y incarne un méchant marquant, et les performances de Casey Affleck et Willem Dafoe sont simplement impeccables). Sur ce point là, on tient un casting qui tient pleinement les promesses annoncées. C’est malheureusement sur le scénario que le bas blesse. Passé un certain épisode dans une forêt, le film prend la voie du revange movie bien à l’américaine, avec tous ses clichés et sans la moindre inventivité. Il devient alors d’une prévisibilité regrettable, et peine clairement à conserver le côté brut qui l’habitait. La flamme n’est pas morte, mais elle faiblit. Jusque dans un final complètement prévisible qui n’est même plus réac tant il nous a déjà été ressorti. Avoir vu d’aussi beaux personnages réduits à une histoire aussi simple fait finalement mal. Car on sent le scénariste peu inspiré, qui tenait un bon point de départ mais qui conclut sommairement. Un gâchis certain quand on voit tout le potentiel qui a été déployé en terme d’implication.

 

4/6


2013
de Scott Cooper
avec Christian Bale, Woody Harrelson

 

Les-Brasiers-de-la-Colere-Extrait-3-VOST_reference.png

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commentaires

borat8 30/01/2014 20:55

Franchement je trouve cela bien sévère pour un film qui se veut sincère. Surtout en comparaison de certaines productions.

borat8 29/01/2014 00:44

Heu en réponse à ce que tu dis à Olivier, le film se fait descendre! Que ce soit aux USA où les critiques sont tièdes et c'est pareil en France. Les Inrocks ils n'aiment pas, pas sûr que ce soit le
cas de Télérama et Ecran Large a été assez mitigé. Pas sûr que le reste suit.

voracinephile 30/01/2014 10:19



Ah, les critiques sont tièdes . J'ai surtout entendu des à prioris positifs... Sur Allociné, la presse est à 2,8/5, ce qui est effectivement mitigé, mais pas mal. Ce n'est somme toute que
justice.



alice in oliver 27/01/2014 12:31

il me tente bien tout de même malgré ta chronique un peu mitigée

voracinephile 28/01/2014 00:25



Oh, mais c'est un film à voir, incontestablement. Pas aussi bon que la presse l'a laissé entendre, mais le numéro d'acteurs y étant impeccable, tu passeras sans doute une agréable séance.



borat8 26/01/2014 17:30

Vois pas trop le rapport avec Cartel qui s'avère bien moins convaincant que ce film produit par... Ridley Scott! Il faut dire que le casting est juste irréprochable et joue un rôle particulier.
Punaise Sam Shepard crêve l'écran alors qu'il n'a qu'un second-rôle.

voracinephile 27/01/2014 23:46



C'est plus pour le côté casting de rêve et scénario mou. Mais pour la première heure, le film tient ses promesses. C'est sur la suite qu'il a perdu des points. Pour les acteurs, ils sont tous
impeccables.



2flicsamiami 26/01/2014 09:04

Plus que le côté très attendu de la dernière partie, c'est surtout ces elipses qui m'on dérangé. J'ai eu l'impression que le réalisateur voulait raconter trop de chose en peu de temps.
Cela reste tout de même un beau drame.

voracinephile 26/01/2014 11:17



Nous sommes globalement du même avis (ma déception va plutôt vers le scénario, qui perd son originalité de vue au bout d'un certain temps). La chronologie a de gros trous en effet, celle de la
prison est la plus évidente.



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