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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 18:47

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Au cinéma, la dimension de voyage est rare. Quelques films parviennent cependant à en saisir l’essence, comme La communauté de l’anneau ou L’homme qui voulut être roi. Une histoire qui se déroule sous nos yeux, et dont les progrès consistent en l’avancée géographique réelle de nos héros, qui s’enrichiront de l’expérience et qui rencontreront, parfois avec fracas, les cultures qu’ils vont traverser. Les chemins de la liberté appartient à cette catégorie, puisqu’il nous propose rien de moins que l’énorme voyage de plusieurs prisonniers politiques enfermés dans un Goulag, qui s’évadent et traversent toute l’Asie pour rejoindre un pays allié à l’Ouest. La route est longue, mais elle révèle les hommes avec qui on la fait.

L’histoire : Russie, 1942. Un militaire est dénoncé par sa femme et envoyé au goulag, en Sibérie. Au cours de sa vie dans le camp, il apprend la position géographique de ce dernier, et apprend qu’il existe un moyen de s’évader. Il prend alors un arrangement avec plusieurs prisonniers, et ils préparent des vivres avant d’entamer leur grand voyage.

 

http://www.filmosphere.com/wp-content/gallery/les-chemins-de-la-liberte/les-chemins-de-la-liberte-1.jpg

 

Les chemins de la liberté, c’est avant tout la beauté physique de l’objet. En l’état, impossible de nier que le film n’est pas fait avec amour. Les couleurs sont magnifiques, les paysages naturels sublimes (des steppes russes jusqu’à l’étendue suffocante du désert de Gobie, tous les paysages sont des merveilles) et la lumière magnifiquement gérée. Techniquement, le film est une réussite, et demeure l’un de mes gros coups de cœur en 2010. Les ambiances de chaque lieu sont parfaitement retranscrites, nous faisant évoluer dans les mêmes conditions que nos évadés, dont les personnages comptent parmi les plus étoffés que j’ai pu voir au cinéma. C’est d’ailleurs en cela que ce film est comparable à l’excellent Territoire des Loups : il se focalise sur ses personnages, et ne les sacrifie jamais au hasard. Si l’acceptation de la mort n’est pas vraiment au centre du film (qui s’axe bien plus sur l’aventure humaine, et sur les relations qui unissent le groupe tout au long de sa marche), ceux qui connaîtront un sort funeste verront eux aussi leurs proches à l’instant fatidique, ou auront à défaut le groupe comme ultime soutien dans leur dernier souffle. Tout transpire la sincérité dans Les chemins de la liberté. Aussi, le film ne va jamais plus loin que ce que son pitch nous en apprenait. C’est un beau voyage, au cours duquel nos personnages vont souffrir, s’endurcir, mais aussi se révéler au reste du groupe, et faire partager leurs motivations pour s’en sortir. Nous aurons notamment un dialogue en plein désert, où nos compagnons sont littéralement en train de crever de soif, et où ils relativisent sur la souffrance. Certains spectateurs trouveront le temps long, et il sera dur de les blâmer, le rythme du film étant linéaire pendant deux heures, les rares rebondissements de l’histoire ne faisant que prolonger la marche de nos évadés au lieu de la rendre plus trépidante (l’arrivée en Mongolie sera amère). Cependant, le film contient à peu près tout ce que l’on pouvait souhaiter d’un beau voyage, nanti en prime d’une aura dramatique assez bienvenue, nos personnages ayant pas mal soufferts et se révélant du même coup attachants. Mention spéciale à tous les acteurs, qui donnent véritablement de beaux caractères à leurs personnages, emprunts d’humanités (sans s’appesantir sur leur spiritualité, celle-ci est souvent présente, notamment lors des rites funéraires). Le parcours est beau, sinueux, et sa conclusion historiquement forte s’achève sur une retrouvaille historique, rendues possible par l’effondrement du bloc communiste. Pas tant de choses que ça dans ce film linéaire, mais l’essentiel est là.

 

5/6

 

2010
de Peter Weir
avec Jim Sturgess, Ed Harris

 

http://media.paperblog.fr/i/412/4127437/chemins-liberte-peter-weir-L-nOgVUR.jpeg

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Published by voracinephile - dans Aventure (la mine d'or)
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Clovis Simard 11/10/2012 13:43

Voir mon Blog(fermaton.over-blog.com)No.9- THÉORÈME SARTRE. - Pseudo Liberté ?

borat8 20/07/2012 01:37

Peter Weir revient aux affaires avec un film peut être trop long et à l'épilogue leçon d'histoire raté mais sublimé par sa mise en scène et ses acteurs. Jim Sturgess, Ed Harris, Colin Farrell et
Saoirse Ronan en tête.

voracinephile 20/07/2012 22:43



Dommage que l'épilogue soit en effet raté. Mais j'adore ce film, d'une beauté remarquable et retraçant une aventure humaine vraiment poignante. Une belle leçon de survie face à une nature
toujours hostile.



2flicsamiami 30/03/2012 13:55

Un très beau film dont le principal (et unique) défaut est son rythme qui, comme tu le dis, est assez linéaire. Acteur, musique et réalisation impeccable.

voracinephile 31/03/2012 21:27



Oui, ce défaut revient toujours dans les critiques. Mais je trouve globalement que le film est excellent, et qu'il a été mal accueilli par le public. Avec un casting excellent et un voyage humain
aussi fort, dommage de constater que ce film d'aventure dramatique n'a pas plus suscité l'adhésion. Un bon cru de Weir en tout cas !



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