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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 07:19

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Après Scarface, Brian de Palma s’essaye au film de gangster classique avec Les intouchables, un suivi assez poussé de la lutte d’Elliott Ness contre Al Capone et son syndicat du crime. En nous peignant une fresque classique, le réalisateur fait preuve d’un classicisme un peu étonnant au vu de son style (voir sa période thriller pour s’en convaincre, ses films sont plutôt novateurs en brisant les clichés), et si sa présence technique est indéniable (travelling bien gérés, excellente reconstitution d’époque…), l’âme semble beaucoup moins agressive qu’avait su l’être un Scarface. Retour sur un monument présenté comme un classique, mais qui n’en aura jamais vraiment l’étoffe.

L’histoire : la lutte sans répit d’Elliot Ness contre Al Capone et son organisation.

 

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Un pitch simple, efficace, et qui laisse le champ libre à bon nombre d’éléments pouvant faire de ce nouveau film de gangster une réussite du genre. On sent vite que DePalma veut attirer notre attention sur le basculement progressif de son héros dans la violence, ses méthodes légales se révélant inadaptées (la corruption de la police fait échouer toujours ses grosses tentatives), et formant une bande répliquant au coup par coup avec une violence égale à celle des hommes d’Al Capone. Un récit qui pouvait se présenter comme un dilemme… mais qui échoue à créer la dimension dramatique que le sujet appelait. Le classicisme est tel que le spectateur est obligé d’adhérer au point de vue des policiers (les vrais héros du film, ce sont eux), et de voir la situation sous un angle manichéen au possible.  Cependant, le spectacle n’est jamais décevant à voir. Avec des décors convaincants et une reconstitution d’époque plutôt à la hauteur, le projet tient tout à fait la route. De plus, on remarquera quelques saillies du style de DePalma, qui n’a décidément pas son pareil pour créer du suspence. Avec deux travelling sans interruption (la préparation d’un coup bas et l’entrée d’un assassin dans un appartement) et une gun fight dans un escalier au ralenti (rappelant l’excellent Cuirassé Potemkine), le réalisateur s’offre des séquences efficaces et plusieurs hommages aux films de far west (l’attaque du convoi). Le classicisme a aussi du bon. Le casting trois étoiles avec Connery, Costner et de Niro n’est pas là pour déplaire, ces figures étant plutôt rassurantes. Rien à redire sur la performance de Costner, qui joue les jeunots intrépides qui doivent peu à peu abandonner leurs illusions pour devenir vraiment efficaces. On regrettera seulement que l’aspect dramatique de son personnage soit beaucoup trop atténué, le discours sur son progressif basculement dans la violence étant totalement écrasé par la notion viscérale de légitime défense. Celui qui remportera l’adhésion de tous, c’est Connery. Réussissant à cabotiner avec une classe admirable, on a vraiment l’impression d’avoir un flic américain en face de nous, droit dans ces bottes et toujours prêt à nous lâcher une bonne réplique en tenant en joue ses adversaires (« C’est bien les ritals, ça ! Amener un couteau pour un duel au fusil ! »). Rayonnant, sa présence nous marquera encore bien après sa sortie. Et enfin, la cruelle déception, c’est de Niro. On se rappelle sans peine quelle classe il avait dans Casino, ou encore Les affranchis. Il sait parfaitement jouer les parrains de la pègre, et avait la carrure nécessaire pour camper un Al Capone impérial. Et bien non. Il sera réduit pendant tout le film au rang de guest star, intervenant de ci de là pour faire son petit numéro, ultra prévisible. C’est un gangster sans foi ni loi, presque aussi enragé que le cubain Scarface. Dès qu’il sort une batte de base ball, on sait qu’il va buter un mec avec. Il se dit humaniste ? On montre son équipe poser une bombe la séquence qui suit. Totalement manichéen et voué à être ridiculisé en fin de film, c’est le méchant de pacotille le plus décevant que j’ai eu l’occasion de voir ces derniers temps. Grosse déception donc, le monde des gangsters étant relativement peu exploré. Au final, le film se révèle fréquentable, avec quelques sommets de suspence, mais le spectacle attendu est en deçà de ce que l’on pouvait attendre d’un cinéaste comme dePalma. Allez, c’était sympa, mais pas de quoi en faire un drame non plus.

 

3/6

 

1987
de Brian De Palma
avec Kevin Costner, Sean Connery

 

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commentaires

Vince12 22/04/2012 14:54

Oui De Palma propose plus un film grand public qu'une vision réaliste.

voracinephile 22/04/2012 16:05



^^ En l'état, le film est sympathique à voir, surtout avec un casting de cette envergure, mais je reste toujours un peu sur ma faim...



Vince12 19/04/2012 08:33

Pour la batte on s'en doute, mais bon justement je trouve que De Niro parvient à lui conférer de l'intérêt il nous fait poiroter puis d'un coup Boum, alors certes c'est pas son meilleur rôle
(puisque c'est aussi un second rôle). Mais franchement je ne me souviens d'un acteur qui a su interpréter Al Capone mieux que lui (il y avait Jason Robarts et un autre dont je me souviens plus le
nom)

voracinephile 21/04/2012 13:57



Ah, ce bon vieux de Niro, qui a l'air de visiblement s'amuser dans le rôle d'Al Capone... Comme je n'ai pas vu d'autres acteurs dans ce rôle, je vais avoir du mal à comparer, mais en l'étt,
connaissant le potentiel de de Niro, je trouve que l'interprétation cherch du relief en montrant le personnage comme un excité qui a la classe. Totalement prévisible, ce Capone. Après, c'est le
film qui veut ça (il prend un ton assez décontracté avec l'Histoire), mais je reste un peu déçu...



Vince12 18/04/2012 14:16

belle référence quand même, certes elle est loin de surpasser la scène originale mais De Palma n'a pas cette prétention. Sinon pour De Niro je le trouve génial, la scène avec la batte de Baseball
et puis quand il péte les plombs "Je veux qu'il meure, je veux que sa famille meure, je veux voir sa baraque en cendres!".

voracinephile 18/04/2012 20:39



La référence fait plaisir, mais elle n'est qu'un détail, un accessoire... Quantà de Niro, je trouve sa classe mal gérée pour la simple raison qu'en effet, à chaque scène où il apparaît, tu sais
exactement ce qu'il va se passer. La scène où il commence à parler de Base ball, aucune surprise, il éclate un de ses lieutenants. Ness triomphe, il colère en cabotinant... Il ne m'a jamais
surpris, contrairement aux films de Scorcese où je le trouve merveilleux. A vrai dire, je retiens des Incorruptibles surtout les deux plans séquence du film qui sont plutôt bien foutus. Et le
charisme de Sean Connery. Mais sinon...



Vince12 17/04/2012 11:22

Là je trouve la note très sévère des cateus superbes une musique de Morricone, superbe réalisation de De Palma tout ce qu'il faut pour faire un excellent film de gangsters.

voracinephile 17/04/2012 20:06



Note injuste, mais je trouve le film surestimé. Après, je ne tiens pas compte du fait que le film était visiblement manichéen, je trouve la classe de de Niro médiocrement exploitée et je n'ai pas
été si emballé par le spectacle, malgré la réalisation classique de Brian DePalma derrière la caméra. Et encore une fois, ce n'est pas une référence à un film russe qui va changer la donne !



Ze Ring 05/10/2011 23:59


"Ce type est un acteur merveilleux"

Robert De Niro est LE PLUS GRAND.
Le meilleur acteur de tous les temps, insurpassé à ce jour...


voracinephile 06/10/2011 10:27



Je ne modèrerai pas ton enthousiasme dab=ns cette phrase : c'est un des plus talentueux. Après, ce n'est pas mon acteur préféré, mais je ne nierai jamais l'énorme talent de de Niro.



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