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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 12:47

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Les films d’aventure kitsch étant l’un des péchés mignons de voracinéphile, il est normal que la traque de ces derniers aboutisse à des découvertes notables. J’avais déjà abordé le coffret « Voyages vers la lune » (dont Missile to the Moon se révélait le meilleur du lot avec ses sélénites pulpeuses aux coiffures improbables et ses araignées en plâtre), et j’investirai prochainement dans Voyages vers Mars (sympathique sélection, bien qu’hélas un cran au dessous). Et en attendant, résultat d’une traque infatigable initiée par une chronique de Princécranoir, Les premiers hommes sur la lune racontent enfin ce qui s’est réellement passé, réduisant toutes les vaines hypothèses de ces fumistes astrologues à des ragots d’outre tombe. Ce ne sont pas des femmes fatales qui peuplent les galeries lunaires, mais des cafards géants !

L’histoire : 1964 ! L’homme pose enfin les pieds sur la lune. Le monde est en liesse, les russes sont obligés de reconnaître la supériorité inégalable américaine, bref, c’est l’euphorie ! Puis lors de la première exploration, les astronautes découvrent un drapeau anglais planté sur le sol sélénite depuis des dizaines d’années. Le premier véritable explorateur, ayant accompli son périple une soixantaine d’années auparavant, se remémore les évènements pour convaincre le monde du danger que courent les astronautes !

 

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"...de Dieu ! La CIA nous avait caché ça aussi !"

 

Cinq ans avant l’exploit, le cinéma planifiait déjà la victoire des alliés dans la conquête spatiale, marquant un bel essai face à l’affront de Youri Gagarine et assoyant définitivement la puissance de l’Occident comme maître incontesté du domaine spatial. Enfin bon, toutes les forces qu’ont développées les deux blocs sont bien risibles, quand on constate que le petit savant bricoleur anglais parvient au même résultat avec 60 ans d’avance technologique et un « vaisseau » construit en bois et en toile cirée. Un bon anglais comme on les aime, qui verse déjà du whiskey dans sa voiture à vapeur pour la faire avancer plus vite et qui divague sur le potentiel de ses découvertes quand elles lui pètent à la gueule ! Le vrai scientifique, le bricoleur de génie, l’inventeur dans toute sa noblesse, se riant des blouses et des calculs assommants pour donner dans le spectaculaire et l’imposant. Blouses blanches qui squattez les laboratoires et vous faites appeler scientifiques, votre imposture est révélée ! Et toutes ces théories farfelues sur la stérilité de la lune, ou sur la présence de femmes accortes rendues nymphomanes par l’absence d’astronautes vigoureux… Mais oh, la lune est dominée par des cafards géants qui ont une pensée commune ! La plus grande menace que l’homme ait jamais eu à affronter. Et notre bougre d’anglais, avec pour seul arme le casque de son scaphandre qu’il retire pour frapper l’adversaire (parce qu’il y a une atmosphère sur la lune, encore un truc que la CIA avait voulu vous cacher !), défend avec témérité la suprématie de la race humaine en tuant un maximum de ces sales bêtes (« Vous ne voyez pas qu’ils ressemblent à des insectes ? Ils sont hostiles ! »). Les trépidantes aventures, menées tambour battant avec un rythme plutôt efficace (on est proche de celui d’un Voyage au centre de la Terre), nous feront découvrir un monde de galeries souterraines décorées de cristaux et de colonnes de polystyrène, éventuellement occupés par des chenilles de 40 mètres de long animées par les bons soins de ce précieux Harryhausen. De l’aventure comme il faut, donc, à la fois soucieux de vulgariser les hypothèses scientifiques les plus… ambitieuses et d’en donner à voir au spectateur, histoire de rêver un peu la nuit. Bien entendu, dans une logique d’égalité des sexes, une femme est bien sûr conviée à faire le grand voyage (surtout pour porter une robe en apesanteur en fait, signe du bon goût de Nathan Juran). Elle ne quittera toutefois pas le vaisseau, trop apeurée par les évènements qui se déroulent au dehors, et puis, parce qu’avec l’atterrissage avec un vaisseau rond qui a tourné sur lui-même, y a du rangement à faire. C’est logique, on intègre les femmes, mais elles savent d’elle-même où est leur véritable place… Trêve de billevesées, First men in the moon, c’est un blockbuster ambitieux des années 60, portée par un budget confortable qui offre de corrects effets spéciaux kitschs au service d’un script qui n’a jamais peur du ridicule, et qui nous en donne vraiment pour notre argent. On appréciera, dans le générique de début, les remerciements du producteur pour les conseils officiels de la NASA et du ministère de l’aéronautique britannique. Je pense qu’ils ont dû bien se bidonner en lisant le script et qu’ils leur ont refilé tous les projets avortés d’astronefs, histoire de donner encore plus de charme à ce beau morceau de rêverie, qui nous offre de la vraie science comme on l’aime !

 

5/6


1964
de Nathan Juran
avec Edward Judd, Martha Hyer

 

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"Accrochez vous ! Nous rentrons dans l'atmosphère lunaire !"

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Published by voracinephile - dans Aventure (la mine d'or)
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commentaires

Xelloss 28/01/2014 13:44

Pour Meliès, vu sa période de vie, je ne serai pas surpris de voir son nom sur une des 87 images (selon Wiki).

Certaines sont justes en tout points (si on excepte le réalisme technologique qui défie les Lois Physiques XD )
"Air bus"... Airbus ? XD Les compagnies lowcost tiennent bien le rôle ;)
"Air rescue"... Bon, l'hélicoptère n'est qu'un gribouilli sur des carnets mais l'idée est là car avec un ADAV, ça tient la route :P
"Air ship"... allo ? Airbus ? je dis que votre A380 n'est qu'un plagiat ! XD
"Astronomia"... Nom de Zeus, j'aimerai aller dans le passé et faire venir l'auteur de ce dessins dans un observatoire tant sa planche est juste... (Serai-ce un ancêtre d'Emmett Brown ? XD )
Même chose pour "Audio journal"... ils avaient le RSS a l'époque ?
j'ai bien ri devant "Correspondance cinema"... Skype ! sors de là on t'a reconnu !

Bref, de quoi passer moult heures à papoter avec les potes, ces trucs

Je recherche les autres planches mais le net est assez peu bavard là dessus
Si vous avez un truc, un indice sur le reste, je suis preneur :)

voracinephile 28/01/2014 18:06



Je note la requête. Etant friand de ce genre d'archive qui rend nostalgique, je me manifesterai si j'en trouve davantage. Merci encore pour cette découverte !



princécranoir 27/01/2014 12:17

Géniales ces images du futur des temps jadis ! Il y a quelque chose de Méliès dans ces scaphandriers qui chevauchent les hippocampes ! Que dire de cette école où les élèves avalent le contenu des
livres simplement grâce à des écouteurs ! Quant à "la chasse aux microbes" où le scientifique pulvérise l'image agrandie des bestioles, j'en reste baba ! Merci pour ce lien magnifique.

Xelloss 27/01/2014 10:50

Le futur vu par les gens du passé...
En un mot j'adore.
Ce genre de films me fait penser à ces planches exposées dans la Tour Eiffel et montrant ce que sera la France en 2000... en 1910.

http://commons.wikimedia.org/wiki/Category:France_in_XXI_Century_(fiction)


Et nom de Zeus, si certaines planches sont assez WTF, d'autres sont proche de notre réalité... (Astronomia, Audio journal, etc...)
Chemical food est une anticipation tristement réaliste Oo
Je pense que "Electric scrubbing" à été dessiné par un gus de la famille de Dyson XD

voracinephile 28/01/2014 00:08



Excellent ! Merci pour ce lien et ce petit morceau d'histoire ! J'ai eu la chance de lire la bande dessinée Zig et Puce au XXIème siècle (l'édition originale de 1929), et c'est une merveille pour
les rêveurs, avec les anticipations les plus farfelues.


C'est aussi comme Jules Vernes et ses romans de vulgarisation scientifique. Mine de rien, il a beaucoup influencé des courants comme la science fiction, et plus généralement le steam punk...



princécranoir 19/01/2014 12:33

H.G Wells version carton-pâte et bestioles en dynamation ! le tout sur fond de lever de Terre en Technicolor, c'est le mariage improbable de l'anticipation poétique de Méliès et de l'âge d'or de la
conquête spatiale (cette étonnante et inattendue scène d'ouverture). Main tendue improbable entre le"voyage dans la lune " et, soyons fou, un "starship troopers" bricolé à la main (on l'on engage
également des femmes pour aller buter du Bug), c'est en effet une pure merveille, bien trop méconnue. Content que tu aies apprécié cette petite pépite lunaire.

voracinephile 20/01/2014 01:45



Oh oui, un starship trooper lunatique capable de tout pour nous arracher de la plombante réalité pour nous montrer qu'avec un peu de magnétite fondue et un bon hamac enfermé dans une coque
étanche, tout devient possible ! Chaque invraissemblance devient un bonheur nostalgique, et effectivement, ce rapprochement entre conquête spatiale et retour aux sources du cinéma d'aventure
donne un résultat vraiment attachant. Un vrai régal, une belle étoile dans le firmament de ma collection...



Vince12 19/01/2014 09:19

Vu étant gamin j'aimerai bien le revoir aujourd'hui

voracinephile 19/01/2014 12:07



Il faudrait en effet. Toi et Oliver avez eu vraiment de la chance de le découvrir jeune, moi, c'est du rattrapage enthousiaste



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