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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 16:41

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Tout le monde se rappelle de Michael Crichton au cinéma pour Mondwest, qui pose les bases de ce que deviendra Jurassic Park. Pourtant, il a également réalisé d’autres films, dont Looker, petite bisserie SF méconnue bien ancrée dans les années 80, pendant lesquelles il fut distribué. Un projet attachant, qui en profite déjà pour exploiter quelques petites idées de dénonciations des entreprises publicitaires. Un film tout à fait attachant.

L’histoire : plusieurs mannequins s’étant toutes faites opérer par le même chirurgien se suicident dans d’étranges circonstances. Ce dernier, menant l’enquête, découvre qu’elles étaient toutes employées par la même compagnie publicitaire…

 

Looker.jpg

 

Looker a cette petite fraîcheur de la série B intègre qui tente de faire honnêtement sa petite histoire avec des concepts attachants, qui compensent la mise en scène un poil ringarde (trop ancrée dans les années 80) par les idées qu’ils incarnent. S’ouvrant sur l’excellente musique de Sue Saad (« she is a looker »), Looker s’attaque gentiment à l’acharnement esthétique des mannequins conseillés par des firmes de casting aux critères de beauté calculés au dixième de millimètre, n traitant sobrement et efficacement son sujet (il évite le gore mais ne cache pas les tables d’opération). Commençant sous l’angle du pur physique (en prenant pour personnage central un chirurgien esthétique un peu gêné de n’opérer que des beautés perfectionnistes), le film lance gentiment sa trame d’enquête par plusieurs suicides et l’apparition d’un mannequin paranoïaque retrouvé mort peu de temps après. On sait que les compagnies publicitaires sont mouillées, mais en quoi ? En se focalisant sur de petites débauches d’effets spéciaux rétro, le film s’intéresse aux stratégies manipulatrices du traitement de l’image, cherchant à focaliser l’œil du consommateur directement sur le produit à vendre et numérisant discrètement ses modèles pour en faire des répliques numériques plus malléables et moins protégées que les modèles réels. Looker trouve alors un nouveau terrain : celui de l’image numérique. Mais il ne l’exploite pas, ou très peu, car il avait pour projet d’être une simple série B et qu’il ne sort jamais de ses marques établies. Il rate régulièrement des occasions (à l’image de cette dénonciation de la chirurgie esthétique perfectionniste flirtant avec le trash, mais toujours brève et rapidement zappée), et privilégie d’autres pistes plus incongrues, comme celle de ce tueur au pistolet à flash, responsable de cette vague d’accidents, et donnant du fil à retordre à notre chirurgien enquêteur. Finalement, c’est ce contexte d’enquête qui rend Looker quelque peu laborieux, ce dernier transposant les enjeux de son final en une sorte de western laborieux, opposant physiquement les différents protagonistes, sans grande cohérence ni véritable intérêt. Looker veut rester modeste et manque d’audace pour s’affirmer, et ainsi gagner la renommée qu’il pouvait mériter. Les restes sont quand même satisfaisants, plantant ponctuellement des idées et des réflexions sur la publicité et son impact sociétal. Avec en prime le moyen d’être visionnaire, hélas laissé de côté… Une occasion ratée, toutefois gentiment divertissante.

 

3/6


1981
de Michael Crichton
avec Albert Finney, James Coburn

 

looker.jpeg

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commentaires

Nicos31 11/02/2014 09:38

Je n'avais jamais entendu parler de ce film mais ta critique m'a donné envie de le découvrir. Merci

voracinephile 11/02/2014 14:15



J'aime les doublons qui attestent de l'enthousiasme de la personne ^^



nicos31 11/02/2014 09:36

Je n'avais jamais entendu parler de ce film et ta critique m'a vraiment donner envie de le découvrir. Merci.

voracinephile 11/02/2014 14:14



Content de t'avoir fait découvrir cette sympathique curiosité de SF. J'espère que tu passeras un bon moment devant ^^



princécranoir 30/01/2014 07:57

Sans doute "Mondwest" souffre-t-il d'une forme aujourd'hui désuète (encore que) mais pour un film d'anticipation, il anticipait sur bon nombre de film de SF à venir (Terminator, Jurassic Park,
etc...)

voracinephile 30/01/2014 10:15



Anticiper c'est bien, développer, c'est mieux ^^. Regarde le, tu verras qu'il avait le potentiel, mais qu'hélas, il se contient trop dans la série B (je te dédicace l'employé moustachu récurrent,
qui m'a beaucoup fait rire pendant le visionnage).



princécranoir 29/01/2014 10:12

M'intéresse bien ce "looker" Crichtonien malgré tes réserves. D'après ce que tu décris, on retrouve les angoisses futuristes liées au présent si chères à l'univers de l'écrivain réalisateur : ces
histoires de mannequins pourrait alors constituer une forme de digression par rapport aux automates se retournant contre leurs créateurs dans "Mondwest" (en même temps cette histoire d'êtres
virtuels renvoie aussi à l'intéressant mais peu abouti "S1mone" de Niccol). C'est le symptôme d'une société en plein essor technologique qui fait fi des conséquences, comme dans "Jurassic Park". Le
rapport à la chirurgie esthétique est aussi très crichtonien puisqu'il démarra des études de médecine avant de se focaliser sur l'écriture (E.R. connu en France par la série "Urgences" en atteste).
Voilà qui me donne assez envie d'aller jeter un oeil sur ce "looker".

voracinephile 30/01/2014 00:10



Ah, enfin une réponse sur cette modeste série B à l'intérêt pourtant réel ^^. Content d'avoir suscité ton intérêt, je pense que la découverte te sera agréable (il y a ce petit charme des années
80, et d'honnêtes idées de SF). Dommage que le résultat ne se soit pas donné davantage d'ambitions, car il y avait vraiment matière à développer. Je n'ai jamais beaucoup aimé Mondwest (Jurassik
park me convaincra toujours davantage), mais ce cru modeste m'a gentiment plu, en tout cas, j'ai eu quelques surprises. Le genre de découverte qu'on apprécie à sa juste valeur (et excellente
ouverture, vraiment intriguante).



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