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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 19:45

http://1.bp.blogspot.com/-dgMly3OyHUU/UG0ORlX6euI/AAAAAAAAEao/DJ74vZGgMV0/s1600/Looper-Movie-poster.jpg

 

En cette année 2012, Looper est un film qui s’est taillé une bonne réputation, empruntant beaucoup au Terry Gilliam de l’armée des 12 singes (les pauvres qui abondent dans les rues) pour façonner des jeux de boucles temporelles plutôt amusants. Toutefois, est-ce parce qu’on voit un peu d’originalité avec Bruce Willis qu’il faut s’extasier ?

L’histoire : En 2040, les loopers sont des tueurs à gages qui exécutent des personnes du futur, téléportées par la mafia pour être exécutés. Toute cette organisation gère des tueurs à gages, qui tôt ou tard reçoivent leur propre futur à refroidir. Jusqu’au jour où l’un des amis de Joe, notre héros, néglige de tuer son double.

 

http://screencrave.com/wp-content/uploads/2012/09/Looper-Movie-Review-.jpg

 

Oui, Looper cultive les bonnes idées. C’est bien simple, la première demi-heure est une merveille d’entrée en matière. Un vrai concept qui ouvre des perspectives de fou et une interface très ludique avec les voyages dans le temps. Tout est finalement bien rodé, pourvu qu’on ne renifle pas trop vers les prétextes (renvoyer un corps dans le passé coûte moins cher que de le faire couler au fond d’un lac ? La police ne s’est jamais intéressée aux Loopers alors que toute la population est au courant ?), pour tenir là une œuvre sympathique qui va jouer avec des codes que nous connaissons. Avec en prime quelques bons petits concepts, comme effectivement de clore la boucle (mais une chose me turlupine : pourquoi faire exécuter au tueur son propre futur (le risque étant très grand de le voir foirer son coup) alors qu’il serait plus simple de l’envoyer à un autre looper (en économisant du coup les lingots d’or) ?) ou encore le coup du chirurgien. Un gars qui voit des parties de son corps disparaître en comprenant que son « présent » est en train d’être torturé et mis en pièces par ses poursuivants, c’était effectivement un truc à faire au cinéma. Joe, notre héros, est un tueur conscient que son espérance de vie est limitée et qui ne fait que profiter du temps présent (sa drogue lacrimale, qui procure des mouvements de caméra si Gilliamien…). Jusqu’à ce qu’il voit son ami briser sa boucle, et que son double lui apparaisse lui aussi au cours d’une exécution. A partir de là, c’est une nouvelle boucle temporelle qui commence. Et c’est là que ça commence un peu à cafouiller dans le script. En effet, la connerie est faite, et le héros commence à avoir tous ses anciens potes loopers à ses trousses. Le problème, c’est que si il ne montre pas la boucle temporelle initiale, le film ne fonctionne pas, puisqu’on ne sait pas ce qui change (c’est con, hein, de se retrouver prisonnier de son concept ?). Du coup, il nous montre ce qui se passerait si le looper avait tué son passé. Les années passent, il bouffe son fric, il a une coupe de cheveux ringarde, puis Bruce Willis apparaît avec la même coupe (désolé, sans transition, je continue à voir deux acteurs différents), et vit son futur heureux jusqu’à la date fatidique où la mafia le retrouve. C’est la boucle de base. Mais ici, elle n’existe pas, puisqu’en la brisant, tout se met à partir de travers. Willis voit son ancienne vie disparaître de ses souvenirs vu que son présent ne vit plus les mêmes choses, Joe présent est d’humeur fluctuante vis-à-vis de son futur… Jusqu’à ce que Joe aille dans une ferme et commence à s’enticher de la fermière qui y vit. Et là, on entre dans la partie chiaaaannnnnte du film. Si l’impact sur Willis est logique, voir Gordon Lewitt vivre la vie à la campagne, ça nous casse les noix. Et quand on voit le môme qu’il est obligé de se coltiner, mon Dieu. On se demandait à quoi servait le pseudo truc de la télékynésie, cherchez plus, c’était juste pour donner au môme une pseudo importance. Sinon, n’importe qui de normalement constitué le découperait en morceau avant de mettre sa tête sur un pieu. Parce qu’arriver à un tel degré de prétention et d’impolitesse, venant d’un morveux de 5 ans, ça donne des envies de meurtres. Surtout qu’il est laid, ce gosse. Bref, Looper termine mal, quand on voit le dénouement, tout ça pour ça, ça coupe un peu le souffle, dans le mauvais sens du terme. Mais bon, on en retiendra surtout la première moitié, rythmée et pas dépourvue d’idées.

 

3/6

 

2012
de Rian Johnson
avec Bruce Willis, Joseph Gordon-Levitt

 

http://static.moviefanatic.com/images/gallery/joseph-gordon-levitt-looper-still_610x407.jpg

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commentaires

princécranoir 14/04/2014 21:20

Comme je te comprends ! moi aussi il m'a agacé ce gamin. Je suis complètement d'accord sur la totale inutilité de la faculté télékinésique (il suffisait de dire qu'il était devenu un boss
légendaire à la Kaiser Söze, point barre), juste là pour faire un finish spectaculaire façon X-Men ou Avengers avec une démonstration de pouvoir juste pompée sur le "furie" de De Palma (le mec qui
explose en sang dans les airs). Je pense que si le scénario avait simplement eu la modestie de simplement nous raconter une histoire de terminateurs façon "killing them softly" voyageant dans
l'espace temps, un truc avec des enjeux clairs et une vision du monde de demain un peu plus travaillée, alors j'aurais volontiers fermé les yeux sur ses boucles qui ne se rejoignent absolument pas
(genre "Terminator", absolument pas crédible mais pourtant surpuissant).

voracinephile 16/04/2014 22:41



Faut satisfaire les geeks et leur donner du super pouvoir, sinon ils boudent le film et vont voir le dernier Marvel, salauds de conformistes ! Au moins, le numérique permet de nous faire voir un
peu (c'était le point faible de furie, avec sa scène de toupie assez bancale). Mais bon, pas de quoi nous faire gober le morceau.



princécranoir 13/04/2014 22:27

J'arrive sur le "looper" avec pas mal de mois de retard mais je n'ai pas oublié d'emporter mon tromblon pour dézinguer ce foutage de gueule prise de tête qui n'a strictement rien à dire (sinon
qu'il faut commencer à flipper sa mère avant l'arrivée du Rainmaker !). Je suis content de lire tes réserves (personnellement je ne trouve pas cette première partie si géniale que ça) et m'étonne
que tu lui ais collé tout de même trois point sur ton échelle critique. Certes la photo est chouette, Emily Blunt s'en tire pas mal et ça fait toujours plaisir (car c'est fort rare) d'entendre
Richard et Linda Thompson chanter "I want to see the bright light tonight" (vraiment des goûts très XXème siècle ce looper). Mais ça m'a tellement gonflé cette mise en scène hachée menue, qui ne
sait si elle doit rire (Bruce Willis en mode Terminator dans le QG des méchants) ou pleurer dans les champs de canne à sucre. La deuxième partie est sans doute plus lente mais au moins on sait
pourquoi à s'est énervé à cavaler avec l'autre zigue pendant la première moitié. Mais tout ça pour une révélation qui tient en trois plans et demi à la fin ! En tous cas ça permet à tout plein
d'internautes de se branler les neurones sur les avenirs de futurs passés du gamin, du héros et de toute la bande bras cassés qui sont dans le film. Et Jean-Claude Vandamme dans tout ça, où il est
passé ?

voracinephile 14/04/2014 16:03



Mon conformisme aura assoupli les rancoeurs que j'avais à la sortie de la séance, car plusieurs choses ne fonctionnent clairement pas, or dans un film aussi technique prétendant faire des boucles
temporelles (en soulignant son intelligence par pleins de détails), ce n'est pas possible de faire l'impasse (ses contradictions l'obligent même à nous montrer la boucle normale de ce qui se
serait passé si ce qui arrive n'était pas arrivé, mais comme c'est arrivé, ben non. Mais au passage, on gagne 15 minutes de film).


Jubilatoire, cette mention finale de Timecop ^^ Reste quand même quelques idées sympa dans ce looper, mais la partie à la ferme m'horripile beaucoup, surtout qu'elle est ultra artificielle (faut
un gamin important, alors on lui file un pouvoir, mais comme il a un pouvoir, faut justifier en disant que c'est un phénomène global totalement inutile). Tout ce tintamarre pour un gamin
insupportable que j'aurai aimé taper avec une barre de fer.



Zogarok 12/02/2013 11:07

Ah... Je n'avais pas compris que tu étais sceptique à ce point. Malgré l'incompatibilité d'humeur avec le gosse... qui vaut la partie la plus hilarante de ton article ! Au demeurant tout ce que tu
dit se défend ; suffit de s’accommoder de ces emprunts aux grands noms du genre, autrement dit de ce relatif classicisme, et c'est l'un des meilleurs spectacles ciné de l'an dernier.

voracinephile 12/02/2013 13:13



Je gagnerai clairement à affranchir de la comparaison avec L'armée des 12 singes, et le film gagnerait d'un coup probablement un point (tu verras quand tu le découvriras combien c'est compliqué
de s'en détacher tant le film de Gilliam foisonne d'idées...). J'ai relu mon article, je ne me rappellais pas avoir été aussi violent avec son cas. Je l'enfermerai juste en un tonneau au milieu
d'un terrain vague à l'heure actuelle. Pour qu'il apprenne au moins à sourire aux adultes. Mais en l'état, j'ai un peu relativisé depuis, quoiqu'il me faille faire une révision. Certainement lors
de la sortie dvd.



borat8 15/12/2012 14:00

J'avais cru comprendre sur un autre com. Miam! Moi c'est Twilight 2 demain sur mon blog.

borat8 15/12/2012 00:06

Moi non plus je ne l'ai pas vu, mais la bande-annonce avec cette moumoute qui ne tient pas et qui vole dans tous les sens miam!

voracinephile 15/12/2012 13:00



Du navet à dézinguer en vue... Au fait, je me suis envoyé le pourrissime Resident Evil Retribution, la chronique arrivera la semaine prochaine.



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