Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 19:01

508ffa6bd7e55.jpg

 

Après un Halloween II complètement halluciné qui s’aventurait dans des directions jamais vues, Rob surprend tout le monde en se lançant dans un projet  atypique : le film de sorcière. Une bonne occasion de revoir les classiques du genre (Haxän notamment, étrange film muet retraçant l’histoire de la sorcellerie et de la chasse aux sorcières sous forme de sketchs blasphématoires et de regards caustiques sur la religion catholique…) pour se concentrer sur la vision de la chose. Si les citations classiques abondent (Rosemary’s baby une fois encore), les ambitions vont plutôt dans des visions blasphématoires baroques à l’excellente direction artistique, sans qu’on soit vraiment davantage convaincu.

L’histoire : Heidi, une animatrice de station de radio dans la ville de Salem, reçoit un étrange vinyle, enregistré par un groupe inconnu : les Lords. Alors qu’elle l’écoute, elle est prise d’étranges hallucinations. Malgré tout, elle décide de le diffuser au cours d’un débat musical.

 

20282008.jpg

 

 J’avais certaines attentes avec The Lords of Salem, déjà parce que Rob Zombie, ce n’est pas rien (pour tenir le titre de meilleur remake horrifique de Slasher), et puis, parler des sorcières revient à aborder des thèmes religieux, et des pans de cultures chers aux métalleux. Avec le luxe d’une culture musicale un peu rebelle qui n’est pas pour déplaire. Autant dire que le prologue promet déjà beaucoup, en montrant un colloque de sorcière au coin du feu assez impressionnant pour la conviction que mettent les actrices dans leurs rôles, et nous renvoyant aux ballets de sorcières d’Haxän. Après une entrée en matière flamboyante, le contexte est très bien planté, l’introduction dans la station de radio est excellente (où l’on voit nos personnage principaux vanner un chanteur de Hard-Trash-Indus metal baragouinant un discours blasphématoire qui le rendrait attachant tellement il en devient drôle et caricatural) et le personnage joué par la belle Sheri Moon Zombie attachant, emprunt d’une certaine chaleur humaine. Mais c’est au fur et à mesure que le film se développe qu’on cerne mieux ses failles, et qu’on comprend finalement les avis mitigés qui entourent le film. Rob Zombie a voulu faire une œuvre blasphématrice, c’est évident (la scène dans l’église avec le prêtre qui contraint Sheri Moon Zombie à une séquence fellation, c’est édifiant). En faisant cela, il mélange les symboles sataniques et le satanisme, deux choses qui possèdent quelques nuances (notamment que les Satanistes ne cherchent pas à répandre le chaos et la destruction sur Terre). A la cohérence et finalement à l’originalité, il préfère soigner ses visions impies, se fendant pour le coup des scènes diaboliques les plus soignées qu’on ait pu voir sur grand écran. La séquence du viol démoniaque, tournée en pleine cathédrale sur fond de musique classique, dépasse en ampleur et en gothique les visions d’un certain The Church. Plus le film avance, plus il revient à des montages clippesques, faisant intervenir des docteurs zombies, ses fameuses sorcières et un étrange démon nain. C’est beau et soigné. Mais c’est tout. A l’exception du vinyle qui se révèle être la seule originalité du script, The Lords of Salem est stérile, gratuit, malsain de surface. Il n’y a pas de profondeur, pas d’enjeux dépassant le stade du « Le diable veut accomplir son œuvre. » On s’assiste, comme toujours, à une tentative de mettre au monde l’antéchrist (et connaissant Rob, je vous laisse imaginer la conclusion). Soit, mais c’est sans surprises jusqu’à la fin. Les sorcières, réveillées pendant la diffusion de la musique impie, se chargent du bon déroulement des opérations, Heidi part en cacahouète, et les visions blasphématrices reviennent à la charge. Et impossible d’avoir peur dans ce climat, à moins de sursauter quand Rob balance de grosses musiques à base de percussions pendant les jump scare. On n’a pas peur devant les Lords, et les grosses musiques connotées impies (elles ressemblent à Shining) font plus exercice de style appliqué que vision personnelle de la chose. Les cathos crieront au scandale pour le blasphème, mais les métalleux se satisferont-ils uniquement de ces visions démoniaques ? Il est donc peu probable que ces Lords of Salem réussissent à convaincre le public, et qu’il le marque durablement (à moins que celui-ci n’ait aucune culture en matière de cinéma blasphématoire). C’est un objet rare dans le cinéma actuel, mais son intérêt est très vite relativisé…

 

1,5/6


2012
de Rob Zombie
avec Bruce Davison, Jeffrey Daniel Phillips

 

the-lords-of-salem2.png

Partager cet article

Repost 0
Published by voracinephile - dans Epouvante ( qui stresse)
commenter cet article

commentaires

princécranoir 22/10/2013 13:37

Je vois que les commentaires y sont allés gaiement à propos du film (enfin ça a vite dévié sur les madeleines de Borat, du coup j'ai lu la fin en diagonale). Je note également que tu l'as revu et
que ces ré-visions ne l'ont pas réhabilité. J'avoue me reconnaître assez dans ton commentaire (qui du coup, vis à vis de la note, est encore clément), surtout quand tu évoque le satanisme de
surface et cette approche en effet très confuse. Je note également cette distinction très judicieuse que tu établis entre symbolique sataniste et le Satanisme lui-même, qui revient à confondre en
effet "Rosemary's baby" avec "Hellraiser" pour faire court. Malgré cela, je n'arrive pas à détester ce film. Peut-être à cause de sa mise en place que tu reconnais également assez bien fichue. On
sent malheureusement que le film patit d'un gros problème de montage. Il ya quand même ces multiples hommages au cinéma, une iconographie un peu brouillonne certes (que vient faire ce diable de
Méliès dans ce sabbat ?) mais généreuse. Il en va de même pour le discours musical sur le folklore grotesque des metalleux, rendant finalement le Velvet ou Mozart infiniment plus subversifs. Il y a
surtout une couleur désenchantée qui domine et qui tranche avec ses premières oeuvres. Rob Zombie a donc évolué sans pour autant être transfiguré.

voracinephile 23/10/2013 21:55



Il est vrai qu'avec Borat, on part souvent en digressions ^^


Les révisions ne l'ont pas réhabilitées en effet, et j'ai eu les mêmes échos d'un ami qui en attendait beaucoup lui aussi. La distinction avec le satanisme réel me semble essentielle (car si elle
s'appuie sur des symboliques, il y a une idéologie derrière, moins portée sur l'occulte que sur un code de vie). Après, je ne déteste pas non plus le fait d'avoir un objet très esthétique sous
les yeux, même si il est difforme et finalement commun (aucune surprise passée l'intro). Rob a en tout cas effectivement laissé de côté l'humour d'une Maison des 1000 morts. Dommage, cela aurait
pu rendre l'ensemble un peu plus vivant, mais c'est l'évolution de son style. Curieux de voir sous quels oripeaux nous parviendra son prochain travail. Et si il n'y a rien de mieux dans les
prochains mois, je songerai peut être à acquérir une copie dvd de nos bons lords of salem...



borat8 07/05/2013 21:47

Oh la vanne!lol Terminator 3 a beau avoir quelques déconnades, il n'en reste pas moins un divertissement plus qu'efficace.

voracinephile 08/05/2013 14:38



Rendez vous dans quelques temps, histoire que je revois la saga au complet.



borat8 06/05/2013 20:39

Justement les Terminator ont des détecteurs infrarouge donc...

voracinephile 07/05/2013 07:46



Ben la moto, elle avait chauffé pendant le voyage !



borat8 05/05/2013 21:11

Perso je ne vois rien d'injuste. Il n'a rien à voir avec les précédants, les acteurs sont assez mauvais (même Christian Bale) et le tout est bourré d'incohérences. C'est la guerre mais on se
croirait dans les tranchées. Les combattants mènent des batailles la nuit car à leur avantage, là c'est uniquement le jour et encore. La nuit rien du tout non plus. L'intro ne sert à rien étant
donné que le spectateur sait déjà à l'avance les questionnements de Marcus Wright par la suite! De plus, on ne voit jamais les Terminator et alors que Skynet c'est quand même la forteresse des
machines, Connor ne se fait jamais repéré alors qu'il débarque à moto!

voracinephile 06/05/2013 16:54



Ouais... Mais c'est une moto terminator, ils l'ont juste pas vu planqué dessus... C'est énorme comment je vais me faire démolir !



borat8 05/05/2013 13:11

Regardez cette jeune fille arrivant à sortir d'un immeuble en train de tomber. Regardez cette magnifique embrassade entre un raciste et un noir! Regardez ce mec se sacrifiant pour que les autres
survivent! Que c'est beau! Connais pas cette pub mais je serais curieux de la voir sur le net.
Pour moi c'est Terminator Renaissance qui a des SFX encore plus pitoyables que le 3. Je préfère à la limite l'humour pas très fin à un film complètement à côté de la plaque et multipliant les
fautes de goût (aucun scénar, incohérences avec les images des premiers volets, Terminators invisibles de la journée alors qu'ils dominent les humains en ce temps là, des combats inexistants au
point qu'on se croirait dans la Guerre de cent ans).

voracinephile 05/05/2013 20:10



Oui, justement, il y a toutes ces polémiques qui font du 4 le pire de la saga alors que je trouve le tout un peu injuste. Je suis bien parti pour me reprendre une volée de bois vert, un régal de
débat en perspective...



Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche