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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 15:01

Los-Angeles-2013.jpg

 

New York 1997 s’est taillé une solide réputation culte depuis sa sortie en 1981. Sorte de Mad Max tourné dans les rues d’une ville réellement en ruine après le passage d’un cyclone, l’univers violent qu’il dépeignait et le politiquement incorrect de son histoire (le gros bras d’honneur au gouvernement du dernier acte est mémorable), les studios ont gentiment envisagé une suite. Mais ce n’est que 15 ans plus tard qu’elle verra le jour, sous la forme d’un Los Angeles 2013. Malheureusement, il connaîtra un sort funeste. En effet, sort la même année le monstre (à tous les sens du terme) Independance day. Rencontrant un succès public notable, Los Angeles 2013 est laissé pour compte, guère sauvé par Paramount qui investit ses ronds dans Mission Impossible et par ses effets spéciaux bâclé par la société BVVE (qui dépose son bilan en pleine post prod). Vraiment, le film est bouclé dans des conditions proches du cataclysme. Et quand on voit le résultat à l’écran, on constate que même vite torché, le travail de Carpenter a encore une gueule phénoménale.

L’histoire : Snake Plissken, de nouveau arrêté par le gouvernement, est chargé d’aller récupérer une boîte noire, tombée entre les mains de terroristes réfugiés sur l’île de Los Angeles, ville carcérale servant de dépotoir humain à la nouvelle Amérique libre.

 

http://cdn-premiere.ladmedia.fr/var/premiere/storage/images/cinema/photos/diaporama/images/los-angeles-2013-escape-from-l-a-1995__6/6096134-1-fre-FR/los_angeles_2013_escape_from_l_a_1995_reference.jpg


Et Paf ! Apellez moi Snake, et tout le tremblement, voilà que ça recommence comme en 97 ! Avec Los Angeles 2013, Carpenter signe en quelque sorte une suite qui tient presque du remake tant les situations auxquelles Plissken est confronté rappelle la trame de son prédécesseur. Avec un président de nouveau pourri jusqu’à l’os, un univers punk ultra violent et quelques épreuves de ci de là (d’un combat sur un ring à New York, on passe à un match de basket dans un stade), Snake revit un voyage dans la veine du premier opus. Mais en bigger than life. Avec des tonnes de gadgets, un arsenal impressionnant et une générosité bien propre à Carpenter, cette nouvelle aventure s’avère tout simplement ultra réjouissante, ne dosant jamais ses effets pour offrir du jamais vu, ou du jamais osé (la course poursuite où Snake course une bagnole en surfant sur un canal). Avec un casting plutôt réjouissant (un Steve Bruscemi qui en fait des brouettes, une Pam Grier doublée par un mec…), Carpenter se livre d’abord à une parodie d’Hollywood (l’hôpital de chirurgie esthétique) en tirant à boulets rouges sur la soi disant Amérique pure (« Pas de drogues, pas d’alcool, pas de sexe, pas de flingues, pas de tabac, pas d’injures, pas d’étrangers. » « Une terre de liberté ! » « Exactement ! »). Les années 90 dans toute leur splendeur, qui s’appuient sur le héros ultra charismatique Snake Plissken, campé par un Kurt Russell qu’on a rarement vu aussi attachant. Trainant son cuir usé et son cynisme acquis à la longue (c’est un vétéran, un vrai), le public ne peut qu’apprécier Snake et ses méthodes bourrines, le personnage étant au final le seul à ne pas se satisfaire de la situation, et à regretter combien le monde s’est barré en couille. D’où un final atomique, supplantant largement celui de son modèle. Certes, le film joue sans filet, et nombre de spectateurs pourront décrocher en trouvant certains rebondissements ridicules. Mais ce bras d’honneur fait au monde tout entier, dans un pur élan de destruction rétablissant l’équilibre, a des airs de brûlots politiques comme on n’en voit très rarement. L’humanité toute entière revenant à la case départ, ayant l’opportunité de recommencer tout ça main dans la main ou de recommencer l’Histoire comme elle s’est déroulée. Mine de rien, derrière ces plaisirs nostalgiques, il y a des messages anarchistes qui feraient presque rêver… Un film maudit dans la carrière de Carpenter, mais qu’on aurait bien tort d’oublier.

 

5/6

1996
de John Carpenter
avec Kurt Russell, Peter Fonda

 

http://storage.canalblog.com/42/05/110219/30459496.jpg

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commentaires

hdef 27/02/2014 12:01

Il est vrai que le 2 va loin dans la violence et le sexe !
Pour ce qui est de Poltergeist, c'est d'avantage un film paranormal à mes yeux.
Pour ce qui est des films de maison-hantée, je retiens également l'excellent La Maison du Diable de Robert Wise, mais comme tu le dis, les réussites sont rares dans ce genre, et surtout aujourd'hui
(voire par exemple Dream House de Jim Sheridan qui est une catastrophe).
Pour en revenir à Amytiville, je te trouve tout de même un peu dur de le rabaisser tant que ça en face de Poltergeist, qui n'est pas non plus exempt de défauts, avec des scènes "chocs" parfois un
petit peu dépassées (l'inspecteur qui s'arrache le visage par exemple).
Mais ça reste un très bon film

hdef 25/02/2014 11:21

Comme tu y vas !!! Pour moi, Amytiville a beau avoir pris un coup de vieux, il reste une sacré terreur et une référence du film de maison hantée avec Shining.
Les séquences où les murs se mettent à saigner sont particulièrement angoissantes.
Par contre, je veux bien te rejoindre sur Le Possédé, qui une excellente suite, dont je me souviens surtout pour une traumatisante scène d'inceste.

voracinephile 25/02/2014 18:40



J'accorde la moyenne à Amityville pour sa (discutable) empreinte dans le genre horrifique. C'est aussi que les films de maisons hantée réussis sont rares (je préfère largement Poltergeist pour ma
part, nettement plus effrayant que ce nuage de mouche). Seule la scène des yeux m'a glacé lors de la découverte, sinon...


Quant au Possédé, je me rappellerai toujours des temps forts. Oser montrer le père qui bat ses enfants, l'inceste et surtout la tuerie, fallait oser. Le nanar anesthésie un peu ("ôte ton
chemisier ! Je voudrais voir si tu es belle..."), mais quelle soif de transgression !



hdef 24/02/2014 17:19

Un nanar ??? Où ça ?? Perso je vois dans Los Angeles 2013 un des meilleurs films de SF des années 90 avec Matrix, T2, Strange Days et Robocop 3 (lol).
Pour ce qui est de Brubaker, il n'y a que le casting qui est alléchant. Et pourtant c'est de Stuart "Amityville" Rosenberg...

voracinephile 25/02/2014 00:59



Oh, Amityville est clairement un film d'horreur surestimé, je trouve. Quelques idées et de l'horreur à l'ancienne, mais... ça ne va pas bien loin. Je préfère largement sa suite à cheval entre
nanar et horreur bien crade. Ou quelques séquences de son remake ^^



hdef 23/02/2014 18:57

En effet, du très bon cinéma, un Carpenter ultra sous-estimé, d'autant que le final ou Snake éteint la Terre comprend un message anti-technologie très fort.
Et puis Bruce Campbell en chirurgien barré, 'faut le faire quand même.
Je n'aurais pas mis 5/6 cela dit (je réserve ça à New York 1997) mais un bon 4 parce que vraiment, le retour de Snake, c'est LE PANARD !!
Au passage, j'ai vu Brubaker récemment avec un Russel... tout jeunôt accompagné par Joe Spinell, Morgan Freeman et Robert Redford. Tu parles d'un casting...

voracinephile 23/02/2014 23:08



Oh, je m'emballe souvent sur mon blog ^^. Néanmoins, ce genre de nanar me fait toujours un effet d'enfer, un vrai divertissement qui fait exactement ce qu'il veut, qui se permet un peu de
politiquement incorrect, un blouson en cuir stylé totalement indétectable aux infra rouges et des allumettes pour s'allumer la clope du générique...


Tiens, je ne connais pas Brubaker... Un spectacle recommandable ? Le casting a le mérite d'être alléchant



Leatherface 29/11/2011 23:12

On s'en fout de la technique. Ca me rappelle un ami de l'époque qui crachait sur les effets spéciaux de L.A 2013 et encensait Wild Wild West sur cet aspect. Donc... comment dire... c'est
tellement... J'EMMERDE LA TECHNIQUE et préfère le couillu, le vrai, à l'esbrouffe de merde. Voilà ça fait du bien de temps en temps ^^

voracinephile 29/11/2011 23:26



Venant de quelqu'un qui déteste Avatar, je ne suis pas surpris par ce commentaire ^^ ! Mais hélas une belle technique est plus agréable à l'oeil qu'un dessin animé plaqué sur une pellicule.
Après, le film a des excuses (la post prod a été chaotique, la société chargée des effets spéciaux ayant fait faillite avant d'avoir fini tous les plans) et le résultats est loin d'être moche (on
dira juste "imparfait"). C'est clair que c'est les personnages et ce côté complètement déjanté de l'histoire qui emportent le morceau, c'est clair. Et Wild Wild West, pas la peine de revenir
dessus (tu aurais balancé Transformers, ça aurait marché aussi, mais pour Avatar, le débat serait devenu houleux...). En tout cas, ça fait plaisir de lire les gueulantes du genre quand elles
défendent le old school qu'on a tendance à oublier ces temps ci !


(ps : mais la technique ça peut aussi être bien exploité !)



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