Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 13:35

los_angeles_alerte_maximum.jpg

 

Pour un premier long métrage, le choix du huis clos est certes plus économique (et plus facile à gérer), mais il demande aussi une efficacité de mise en scène et de tournage que tout le monde n’a pas. Ca a marché pour Saw. Mais devant un pitch comme celui de Los Angeles, alerte maximum, on est dubitatifs. Comment faire un spectacle captivant avec des quidams barricadés dans leurs maisons ?

L’histoire : un matin dans Los Angeles, trois bombes explosent, répandant dans une large zone des cendres que les médias ne tardent pas à qualifier de toxiques. Un quidam apprenant la nouvelle cherche à aller récupérer sa femme partie en centre ville, avant de retourner se confiner dans sa maison.

 

18856342.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20071114_030028.jpg


Ouh la la… Mais le budget est famélique ! A quoi va-t-on avoir droit ? Et bien, tout simplement à un huis réussi. Dans des conditions certes modestes, mais réussi. Ici, c’est d’un point de vue psychologique que nous nous intéressons à nos personnages, que l’on va suivre au cours d’une sorte de manuel de survie en situation de crise. Par l’approche d’un civil, Chris Gorak rend son film assez universel, et réussi avec peu de moyens à créer un état de panique en banlieue, avant de virer sur une atmosphère « 11 septembre » (la pluie de cendre et la menace incontrôlable qu’elle représente). Toutes les rues vers le centre de la ville étant bloquées, notre personnage retournera chez lui, acceptera un passant pour l’aider à confiner sa maison (boucher chaque anfractuosité avec des sacs plastiques). A l’aide de flashs radio plus catastrophiques les uns que les autres, le réalisateur parvient à créer l’ambiance voulue, terreau propice à dramatiser chaque prise de décision de nos personnages. La femme finit par revenir, couvertes de cendres nocives. On la laisse entrer ? On la laisse crever sur le paillasson ? N’hésitant pas à filmer quelques situations cruelles dans ce genre, le film suit le parcours émotionnel de nos héros, et bizarrement on y croit. Les acteurs sont suffisamment impliqués pour faire illusion, et ainsi charger les scènes d’une aura dramatique qui fera mouche jusqu’à un final assez pessimiste, et qui sans être bien original surprendra par sa simplicité (car tout à fait logique). Seule ombre au tableau : le film est trop long. Une heure trente, avec un milieu qui s’étend parfois un peu trop en dialogues entre la femme à l’extérieur et son mari à l’intérieur. Bien dommage que le rythme faiblisse à quelques moments, mais l’ambiance reste suffisamment oppressante pour conserver notre attention. De la part d’un film dont on n’attendait rien, c’est suffisamment engagent pour lui prêter l’attention qu’il mérite. Pour un peu, on jurerait tenir là le nouveau Romero de l’époque de La nuit des fous vivants (à une échelle plus réduite). Recommandable, et parfait pour s’interroger sur des situations de crises plus réalistes qu’une invasion de zombies (dans des cas pareils, se fier au guide de survie en territoire zombie de Max Brooks).

 

4.5/6

 

2005
de Chris Gorak
avec Mary McCormack, Rory Cochrane
 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Alice In Oliver 10/10/2011 12:01


en tout cas, je me suis délecté de la chronique et j'ai pris le film en note.


voracinephile 10/10/2011 15:36



Ravi de t'avoir mis l'eau à la bouche.



Alice In Oliver 10/10/2011 10:21


pas vu mais pr oser le mettre au même niveau que les meilleurs Romero, ce genre de curiosité m'intéresse !


voracinephile 10/10/2011 10:56



Oh, c'est plus une curiosité qu'autre chose. Mais ce genre de postulat m'intéresse beaucoup (les comportements en temps de crise sont des conditions d'études intéressantes pour le genre humain,
tant que ça reste dans les films), et là, les acteurs sont suffisemment investis pour qu'on croie nous aussi à cette histoire d'attentat. Il est sorti en catimini DTV cet été, mais heureusement
Mad a l'oeil...



Leatherface 09/10/2011 23:51


Le film qui ne paie pas de mine mais surprend au final ? J'aime ça et vais me laisser tenter dès que je tombe dessus ! ;)


voracinephile 10/10/2011 10:34



Ne t'attends pas non plus à de l'analyse sociale type Zombie, mais le suivi psychologique de nos personnages est plutôt intéressant (on ressent bien l'horreur de la situation, le film entre
plutôt dans une catégorie drame psychologique).



Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche