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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 13:23
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Quel héros de Western peut se vanter d’être aussi célèbre que Lucky Luke (du moins auprès de la jeunesse) ? Relativement peu, hormis nos inoubliables westerns spaghettis… L’adaptation au grand écran avait déjà été tentée, sous les traits de Terence Hill. Si il ne m’a pas été encore permis de voir le résultat, le film a été pas mal oublié. Jusqu’à ce que, de façon totalement inattendue, une comédie soit lancée en 2009, avec rien de moins que Dujardin sous le chapeau. Tout le monde en l’air, comme disait Perusse. Au moins, ils ont la bonté de ne pas nous ressortir l’équipe des Daltons…
L’histoire : Lucky Luke est convoqué par le Président des Etats-Units pour pacifier Daisy Town, la ville où devra passer la première ligne joignant l’Est et l’Ouest du nouveau continent.
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Autant dire que le projet paraît incongru, surtout avec un casting pareil. En effet, Dujardin saute sans filet, ce registre d’acteur étant totalement novateur dans sa carrière (plus de comique à la OSS 117, plus de cynisme à la Octave Parango…). Et le résultat finit par être inégal. En tout cas, le film peut se vanter de surprendre. En effet, si l’introduction du film est un joli hommage à nos westerns italiens favoris, le film rompt totalement le ton des aventures de Lucky Luke, en lui imposant d’emblée le traumatisme du meurtre de ses parents. C’est aussi la justification de sa chance, Luke étant le seul à réchapper du massacre. Bonne rupture, qui permet de partir sur de nouvelles bases. Par la suite, le film se voudra plus rassurant. Passé un premier dialogue rasoir où Dujardin fait peur en débitant ses répliques avec trop de classe, les gags « Lucky Luke » arrivent vraiment, et ça fait plaisir. Les hommes politiques fumant comme des pompiers, les villageois se planquant dans des tonneaux, des guns fights épileptiques où Lucky est vraiment surhumain… Les séquences qui font plaisir pleuvent par dizaines, et on s’offre une petite scène d’anthologie avec les présentations du grand méchant, où nos deux personnages se livrent à des tours de passe-passe à la mode lucky (je te lance un billet, je tire et c’est cinq pièces trouées qui retombent). Donc, pendant la pacification, le film se veut rassurant et plutôt respectueux de son mythe. Sauf que Lucky Luke n’en a jamais vraiment pincé pour les femmes (le cow-boy solitaire), et qu’ici il flashe direct sur la danseuse du saloon (sa femme dans la vraie vie, le casting fait bien les choses) et qu’une trame sentimentale commence à s’amorcer. C’est d’ailleurs là qu’on part pas mal en cacahouète. En effet apparaît après ça la plus grosse erreur du film : Michael Yoün. J’aime bien le bonhomme, surtout depuis Fatal, mais là, il est encore plus anachronique que dans Iznogoud. Cabotinant sans aucune classe et vecteur d’un humour régressif totalement inefficace, chacune de ses apparitions se ponctue par une vague de silence, tant sa performance se révèle décevante. Et la trame de l’histoire finit de nous éloigner de ce que nous connaissons en détruisant carrément son héros, quitte à le transformer pour un temps en paisible agriculteur. Certes, les intentions sont là (on détruit le mythe pour mieux le faire renaître dans un final feu-d’artifice où tous les héros de la BD viendront cachetonner), mais par moments, on se demande vraiment ce qu’on est en train de regarder. Détourner un mythe, est-ce que cela fait vraiment un bon film ? Reconnaissons au moins la démarche courageuse du projet, et un final vraiment jouissif qui est enfin digne d’une bande dessinée, et qui saura combler nos attentes. Surprenant, parfois déroutant, mais malgré quelques adaptations du mythe, le film procure l’effet voulu. Pas si mal !
 
3.5/6
 
de James Huth
avec Jean Dujardin, Michaël Youn
 
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Suite à de vives invectives de la part d’un éminent confrère, j’ai été amené à réévaluer ma position sur le phénomène Lucky Luke de James Huth. Comme vous le savez, le réalisateur de Brice de Nice a voulu tenter une adaptation de la BD au grand écran. Pour beaucoup, il s’est planté. Mon avis de départ était partagé, mais enthousiaste. Et maintenant…

L’introduction du film est toujours on ne peut plus correcte. En choisissant de faire évoluer la légende en montrant l’histoire de Lucky Luke, le film commence par mettre la barre haut. Mais assez vite, le film s’essouffle, semblant oublier les enjeux qu’il nous a implicitement promis par ce début enflammé. Une erreur qui pèse malheureusement sur le reste du film, et qui empêchera d’apprécier les autres enjeux qui nous sont proposés. Car pour une adaptation de Lucky Luke, le film reprend nombre de détails présents dans les bandes dessinées (l’adresse au tir de Lucky Luke est plutôt bien rendue à ce titre). En revanche, il est vrai que les personnages secondaires manquent cruellement d’épaisseur, s’imposant plus par une caractéristique (Calamity Jane parce que c’est une femme, Jesse James parce qu’il a un grand manteau) que par un caractère. Inutile de revenir sur le cas de Michael Yoün, la grosse erreur de casting (qui nous gratifiera une fois où deux d’un langage peu châtié). Autre point négatif : le film se prend les pieds dans le tapis en partant sur des bases très réalistes (la mort des parents de John Luke est sèche) et en parasitant peu à peu le film avec des détails de BD qui sont nettement plus fantaisistes (quand Jolly Jumper se met à parler, ça choque). Le film contient donc de sévères maladresses (et l’oubli de Rantanplan, même si ce personnage n’est pas indispensable) qui nuisent grandement à l’ensemble de l’œuvre, mais contient quelques images qui valent encore le coup. Dujardin, même si on le sent moins à l’aise dans ce rôle, s’approprie le cow boy avec un certain respect du personnage, et le final devenant enfin aussi fou qu’une BD, on repartira déçu, mais pas scandalisé.

 

Nouveau verdict : 2/6

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Published by voracinephile - dans Aventure (la mine d'or)
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commentaires

Alice In Oliver 26/09/2011 13:22


et pourquoi pas les dalton tant que tu y es ?


voracinephile 27/09/2011 13:25



Glasp !



Alice In Oliver 26/09/2011 13:22


euh... franchement là...


voracinephile 27/09/2011 13:21



Lucky Luke, un sujet casse gueule pour quiconque tenterait d'en faire un film ?



Alice In Oliver 26/09/2011 11:03


il y a d'autres défauts bien trop gênants que j'éviterai de citer, car franchement, je n'ai pas envie de débattre sur cette adaptation, unanimement considérée comme une bouse. Je renvoie à ma
chronique sur mon blog.


voracinephile 26/09/2011 12:07



Et paf dans ma gueule ! Je consulterai ta critique (et mon médecin traitant, si je me suis autant planté que ça)



Alice In Oliver 21/09/2011 16:59


une bien piètre adaptation, la faute revenant à un film mal torché et brouillon, multipliant les personnages, mais sans jamais leur donner une personnalité digne de nom. Sans compter la prestation
de M. Youn, toujours aussi lamentable.


voracinephile 26/09/2011 09:31



Aha, tu as été clairement plus sévère que moi. C'est sûr que les personnages n'ont pas été assez développés (mais le sont-ils beaucoup plus dans la bande dessinée ?). Pour Youn, je suis d'accord,
c'est une grosse faute de goût. Mais l'originalité du projet, je l'ai trouvé au final plus payante que prévue.



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