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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 19:28

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Avec Ma femme s’appelle Maurice, on sait à quel type de produit calibré on va avoir affaire : le vaudeville des familles dans ce qu’il a de plus classique. Véritable exutoire des craintes populaires (l’amant dans le placard, l’homosexuel des familles, et ici le travestissement du dimanche) sous l’angle de la comédie populaire généreuse en procédés comiques et autres quiproquos de bon augure, on avait eu un magnifique résumé avec le sketch des inconnus qui résumait définitivement le genre. Certains ont réussi à le porter très haut, à l’image du dîner de Cons et des contributions de De Funès (Oscar, Joe). Et certains se sont dit que les gens qui venaient le voir étaient conquis d’avance…

L’histoire : afin d’échapper à une confrontation entre son amante psychopathe et son épouse avare, un agent immobilier à sec décide d’utiliser un collecteur caritatif, Maurice Lappin, afin de le faire passer pour son épouse.

 

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Il s’agit probablement d’un des plus mauvais films français jamais réalisés pendant les années 2000. Dieu sait qu’on a eu droit à notre dose de merde nationale qu’on éponge aujourd’hui dans les bacs à soldes (le prix du plastique a baissé après la gravure des dvds). Mais dans le genre grosse crasse, on tient là un film de la trempe d’un Mauvais Esprit. Accumulant les situations convenus, les procédés anti-comiques attendus, les gags de comptoir bienpensants et les vulgarités ahurissantes qui s’offraient à lui, Ma femme s’appelle Maurice méprise le monde entier, mérite les travestis, et surtout vous méprise vous, spectateur. Alignant les enjeux les plus étriqués les uns après les autres, ne faisant jamais le moindre effort pour tenter un gag un peu fin (l’enculage de mouche, les avances de Gotz Otto…), Ma Femme s’appelle Maurice s’offre une grosse tranche de complaisance suffisante, qui aligne ses ingrédients en suivant le manuel du parfait vaudeville mensuel (car les auteurs de théâtre doivent vendre aussi pour survivre, il faut donc régulièrement publier, et quoi de plus convivial et généreux qu’un vaudeville qui vient péter un bon coup pour se décoincer l’anus sur les petits  tabous des bourgeois qui viennent au théâtre ? Après l’absence du moindre effort d’écriture (et d’adaptation, la partie à Venise est digne d’un Kill for love), c’est aussi un pathétique numéro d’acteur qu’il faut endurer. Regis Laspalès et Philippes Chevalier ont été des comiques en vogue pendant ma jeunesse, et commençaient déjà à sentir l’avarié dans les années 2000 (voir leur spectacle pathétique sur le duel Sako/Sego). Laurant Gerra les jugea durement au cours d’une imitation, en mettant en valeur le caractère éculé de leur humour et finalement leur ringardise évidente, que les pubs pour la Mat Mut continue de souligner. Ce sont donc dans leur style qu’ils jouent ici, Laspalès dans le rôle de l’hystérique imprévisible et Chevalier dans le rôle du couard dépassé par les évènements. Aucune performance, c’est la ringardise qui vient faire coucou en espérant se décoincer un peu le temps de porter la robe et le maquillage. Mais quand ce n’est pas drôle, pourquoi s’humilier ainsi ? Pour montrer qu’on est capable d’avoir un humour, de ne pas se prendre au sérieux ? Outre le fait qu’il soit proprement impossible que personne ne se rende compte de la supercherie (mais le monde du vaudeville est naturellement con, faut accepter de se mettre dans « l’ambiance »), le film est surtout gênant de gratuité. Toutes ces poses convenues sur le travestissement, sur l’infidélité, sur la médiocrité de l’existence parisienne. Même Windowlicker parvenait à être plus convivial avec son trash innommable, parodie ultime dans son apologie de la laideur. Ici, on a des avances homosexuelles mais par quiproquo, un final improbable, mais bon, on est là pour en rire, et circulez, y a plus rien à voir. Monument d’un style décadent ne trouvant sa place dans aucune époque, Ma femme s’appelle Maurice est ce qui vous attend en enfer, et non pas les visions déviantes d’un Screamerclauz. Le Diable porte une barbe, du rouge à lèvre et une perruque.

 

-666/6


2002
de Jean-Marie Poiré
avec Régis Laspalès, Philippe Chevallier

 

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Biwèèère !!

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Published by voracinephile - dans Navet (prétentieux)
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commentaires

2flicsamiami 24/02/2014 10:39

Tellement nul que ça en devient drôle. En plus, les gros plans sur les visages propre au cinéma de Jean Marie Poiré en rajoute une bonne couche. Le degré 0 de la comédie.

voracinephile 25/02/2014 00:54



Un véritable calvaire pour moi, pas un seul instant où la pression se relâche, toujours dans l'outrance. Pas nouveau, ce problème avec le vaudeville, mais là, on tient un parfait exemple
d'indigestion.



borat8 20/02/2014 22:11

Après ce n'est pas bien grave mais sur le coup j'ai hésité à croire que c'était pour la vanne!lol Moi c'était en janvier les partiels donc je comprends ce que tu veux dire. ;)

borat8 20/02/2014 21:55

Quelques petites fautes d'inattentions comme Laurent Gerra devenant Laura ou Régis devenant Roger Laspalès. Pense à rectifier. Pour le reste ,je ne l'ai jamais vu mais j'avais zappé dessus une fois
et j'ai vu le passage de Venise avec l'amigo Chevalier attaché au lit avec Alice Evans débarquant avec sa tronçonneuse et Gôtz Otto qui photographiait sur une gondole. Je n'ai donc pas pu voir la
délicieuse prestation de Laspalès. J'espère toujours le voir un jour en entier. Sinon j'ai abordé Les onze commandements sur Ciné Borat, je pense que cela te plairait.

voracinephile 20/02/2014 22:04



Ah, ça m'énerve, les fautes comme ça ! Je ne sais pas en plus comment j'arrive à les faire... Je dois sauter des syllabes sous le coup de l'énervement. Merci pour ces détails, j'ai rectifié.


J'arrive immédiatement visiter les blogs. J'ai été très absent avec mes partiels ces derniers temps, mais maintenant qu'ils sont achevés, Vora reprend du service !



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