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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 20:09

http://1.bp.blogspot.com/_6ONdRn2Xom0/TJGtcnmrdHI/AAAAAAAAAbQ/xcJ5dpjK0Iw/s640/Machete-film-pictures.jpg

 

Robert Rodriguez est un mexicain. Un mexicain généreux dans son style, qui s’est déjà brillamment illustré dans Une nuit en enfer mémorable u point d’en rester toujours une référence dans le domaine du film de vampires ludiques (l’un des meilleurs avec Vampires de Carpenter). Et depuis Grindhouse (projet qui l’a véritablement lancé, révélant son nom au monde entier dans un Planète terreur ultra gore et ultra old school), grâce à la pub qu’a pu lui faire Tarantino (qui s’est méchamment planté sur ce projet), le Mexicain continue sur sa lancée, capable du meilleur comme du pire, niveau production (un Predators moyen et un Spy kid 4…). Et suite à l’engouement provoqué par sa fausse bande annonce, il lance Machete. Autant dire qu’on ne savait vraiment pas à quoi s’attendre. Le fake était mythique, la bande annonce réelle est pourrie (le soufflet était un peu retombé aussi). Et au final, après la sortie en salle, on respire, le film compensant ses défauts par des qualités inattendues.

L’histoire : Machete, un ex-agent trahi par son gouvernement et brisé par des gangsters, reprend du service après quelques temps passé à l’écart. Il est chargé d’éliminer un sénateur voulant durcir la surveillance de la frontière avec le Mexique. Mais…

 

http://playeject.com/wp-content/uploads/2011/05/Machete-Film-Review.jpeg


Machete, c’est Rodriguez là où on ne l’attendait pas : la subversion politique. Magnifique exposition du problème de la frontière mexicaine, vu ici des deux côtés à la fois. Courageux de la part de Rodriguez de s’engager du côté des mexicains en filmant l’arrogance d’un John McLofen comparant ouvertement les immigrants à des nuisibles, qu’il chasse la nuit de calibre 12. Subversif, pas tant que ça, mais engagé, assurément. C’est la décence du peuple mexicain que Robert tente de redorer, et si les procédés sont parfois un peu gros (la scène de harangue dans la rue), l’intention attire toute notre sympathie. Bon point aussi que cette violence débridée (quelle introduction, b*rdel de m*rde !), bien plus généreuse en matière de tripaille que le cotas habituel des films d’actions. Cette violence totalement bancale (l’intestin servant de corde), immodérément jouissive, la vraie marche de fabrique de Robert Rodriguez, est un nouvel atout pour l’aspect ludique du film, le spectateur étant en totale complicité avec le film dans ces moments là, se laissant surprendre par la violence gentiment transgressive de la péloche qu’il mate. Niveau actrices, le casting annonce la couleur (Michelle Rodriguez, Jessica Alba…), nous promettant du sexy farouche qui appuie sur la gachette avant de nous sourire. Intéressant d’ailleurs de constater que les personnages féminins sont en majorité bons, et qu’elles finissent par s’unir pour une même cause, mexicaine comme américaine, pour lutter contre les oppresseurs capitalistes. Cette convergence progressive de ces personnages aux buts pas si proches au départ, c’est un nouveau plus du script de Robert, qui derrière ses gros airs de série B, aime soigner ses personnages. Mais si la facture technique réjouit elle aussi beaucoup (couleurs contractées, images vieillies dans le style de Planète terreur…), il y a aussi pas mal de choses à revoir. Robert a déjà un problème de dosage. Il en fait parfois trop (les voitures qui trépignent, les femmes prenant l’hbit de bonnes sœurs…), pensant que la complicité du public va lui faire tout accepter. Dans une certaine mesure, oui, mais après, il y a une limite (on n’est pas en train de refaire nude nuns with big guns !). Pareil pour certaines séquences du film, qui ont considérablement changé de ton depuis le faux trailer. Très dommage qu’au final, Robert se soit imposé de respecter les images du fake et de les inclure dans son histoire : la scène dans la piscine avec la femme et la fille du commanditaire sonne particulièrement faux. On sent qu’elle a été imposée, de même que la scène de la moto à mitrailleuse, annoncée comme un climax, ici réduite à une simple action tuant au grand maximum 4 soldats. Un peu décevant, d’autant plus que Robert utilise d’énormes raccourcis dans son histoire (She veut pas combattre, balle dans l’œil, She veut combattre. Waow !). Danny Trejo a certes la gueule de l’emploi, mais question efficacité, il n’est qu’un pâle reflet de ce qu’avait pu nous faire un Desperado. Son jeu, finalement assez sobre (souvent la même expression faciale), est loin d’être la claque physique qu’on attendait d’avoir. Pas si attachant que ça, Machete est un grand gars au grand cœur, visiblement iconisé par Rodriguez (le combat de rue), mais beaucoup moins attachant que les précédents héros du réalisateur. Projet au final calibré pour être Grindhouse (on est en plein dans l’exploitation pur de l’actioner nostalgique et violent), Machete divertit, fait rire et se paye le luxe d’être original dans ses idées, mais reste trop conventionnel des années 80 pour surprendre dans ses rebondissements, et faire plus que du bordélique dans ses scènes d’action. C’est mexicain, mais quand même relativement assez tranquilou au final. Un dernier clin d’œil au casting, qui inclut un Robert de Niro visiblement très espiègle dans son rôle de pourri (il aura même droit à sa petite action dans la bataille finale) et assumant parfaitement son cabotinage (c’est ça la classe), mais aussi un Steven Seagal réjouissant pour peu qu’on connaisse un peu ses films, mais qui ne fait pas grand-chose au final (quelques vidéo conversations, deux trois passes de katana  et une mort absurde). En résumé, un projet au potentiel énorme, au final simplement bon, tendance moyen, qui arrive à attirer son histoire sur un terrain inattendu sans pour autant éviter des lourdeurs de style. Machete !

 

2.2/6

 

de Robert Rodriguez, Ethan Maniquis
avec Danny Trejo, Michelle Rodriguez

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commentaires

nicos31 21/07/2011 19:28


j'ai beaucoup aimé ce film... pas une grande réussitemais un film divertissant.


voracinephile 22/07/2011 09:19



En effet, pour le divertissement, il y a pas mal de trucs à retenir ! Mais hélas, Rodriguez abuse de l'humour et tue parfois son action pour tenter de faire des blagues. Pas si référentiel que
ça, mais indéniablement amusant !



2flicsamiami 22/06/2011 08:33


Un très bon film mais qui souffre d'un trop plein de tripaille. Comme tu le dis, Rodriguez en fait parfois trop.


voracinephile 22/06/2011 09:19



Hélas, l'excès tue le jubilatoire. Avec un peu moins de gore, ça aurait peut être été mieux, mais je pense surtout que si on avait fait reculer un peu le côté mexicain, ça serait moins lourd.



Alice In Oliver 20/06/2011 12:21


trop de débilité finit par tuer la débilité: voilà ce qu'il faudra retenir de ce film d'action certes jouissif mais teriblement vain


voracinephile 20/06/2011 12:30



Exactly ! On a trop spéculé sur le projet, et au final, c'est foireux. Dommage, j'aime bien Robert quand même (j'aime les deux Roberts d'ailleurs, sens propre comme figuré).



varlin 20/06/2011 09:45


Déçu,rendre hommage,c'est bien,mais malgré tout raconter quelque chose d'un peu consistant c'est mieux.

J'ai jubilé au début,j'ai grimacé au milieu et...j'ai éteins le merdier avant la fin tant cela me rasait.

Un petit film pro-latinos à oublier finalement.


voracinephile 20/06/2011 10:00



Ah, toi aussi, un peu déçu par le film ? Un début jouissif, mais ça fonctionnait mieux sur 2 minutes que sur 90. Reste une ambiance, quelques gags sympas et de l'action foutraque marrante, mais
pas la claque qu'on espérait avoir. Hobo with a Shotgun est bien plus efficace, bien que moins intéressant politiquement parlant.



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