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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 18:26

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Mad max premier du nom sort en 1979 et traumatise les audiences. Une folie furieuse, une violence barbare… Tous les sobriquets y passent, et le film s’offre une joyeuse réputation d’enfant terrible, devenant la référence du vigilente dans un contexte post apocalyptique. Propulsant Mel Gibson dans le monde du cinéma grand public, le film finit par remporter un grand succès, aussi bien pour son héros manichéen que pour son univers dévasté. Succès incontestable, un second opus est mis sur les rails, exploitant davantage les étendues désertiques de l’Australie. Plus méchant, plus épique mais légèrement moins barbare (on aura plus l’impact émotionnel dans la mort d’un protagoniste), le second opus est un succès retentissant, transcendant nos attentes en nous offrant la course poursuite la plus jouissive jamais portée à l’écran. Aujourd’hui encore, elle écrase les efforts de Death race et de Doomsday. Faisant ronfler les moteurs et parler la poudre, le héros manichéen des années 80 dans toute sa splendeur est là, et nous fera profiter de sa présence pendant une heure quarante mémorable. Succès commercial, un troisième opus est tourné en 1986, tentant de nous offrir du renouveau dans le genre. Le public voit ses attentes brisées par un film qui délaisse complètement la violence des premiers opus (à part quelques coups de poings, rien de traumatisant) et décrit des univers tellement différents (une ville de troc, un ravin fertile peuplé d’enfants abandonnés…) qu’on murmure que le film passe à côté de son sujet. Proche de l’échec commercial, les studios décident d’arrêter les frais et ne proposent plus de suite aux aventures de Max. Mais après deux films majeurs dans l’histoire du cinéma, de nombreux réalisateurs seront marqués pendant leur enfance, et ne cesseront de lui rendre hommage (dès qu’une course poursuite à base de véhicules bricolés est lancée, on le cite). Max a marqué les esprits, notre devoir est maintenant de lui rendre hommage.

 

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Mad max : Rarement le vrombissement d’un moteur n’a été aussi tonitruant dans un film. En prenant pour prétexte un univers dévasté par la violence, où l’humanité est scindée entre le clan des violeurs motards et des victimes civiles, un semblant d’ordre tente d’être instauré par un corps de police. Max est l’un de ces casse-cous qui croie encore à la bonté, à la joie, qui a en bref de l’espoir. Mais les incursions des motards sont de plus en plus violentes. Suite à l’agression de l’un de ses collègues (qui finit atrocement brûlé), Max prend des vacances avec sa famille, tentant de les emmener loin de toute cette violence. Mais il attirera l’attention d’un groupe de motards qui feront de leur traque une affaire personnelle. L’histoire clichée comme George Miller sait nous en donner, mais ici mise en scène avec un sérieux qui tire clairement l’entreprise vers le haut. Si le Cobra des années 90 fait figure de parodie, Max, toujours sous l’angle manichéen, suit un parcours totalement logique dans ses graduations. La mécanique est grosse, bruyante, mais elle tourne, et elle n’a pas vieilli depuis. Développant à la fois une mise en scène crue et jouissive (un tel degré de manichéisme trahit une certaine complaisance en matière de violence, quitte à exagérer complètement des situations : l’ouverture d’une bagnole au hachoir en pleine poursuite), le harcèlement de la famille passe d’abord par le meurtre gratuit de leur chien, premier déclencheur de la course poursuite infernale dans la forêt, au suspense particulièrement efficace (c’est lui, le traumatisme du film). Et Max n’arrivera qu’après ce déluge de violence gratuite. Le héros qu’on nous promettait est bien loin de l’homme vertueux qu’on avait en début de film. Sans s’étendre davantage sur son statut d’homme vidé ne vivant plus que pour la vengeance, le guerrier solitaire perd complètement son humanité à la découverte de la mort des siens. La dernière partie du film est mécanique, bestiale, se jouant totalement sur un plan instinctif. Le stade de régression ultime, que le film a subtilement opéré de son début civilisé jusqu’à sa fin sauvage. C’est probablement cette viscéralité qui lui vaut son succès, le langage du film s’adressant davantage aux tripes du spectateur qu’à son intellect. Une sorte de film à la Pekinpah, qui prouve une fois encore la fascination et l’usage systématique des humains de la violence. Avec en plus des hommes en cuir, des cascades en live et des bolides ronflants.

 

5/6

 

1979
de George Miller
avec Mel Gibson, Joanne Samuel

 

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Mad Max 2 road warrior : Max était ivre de vengeance dans le premier épisode. Ici, c’est un homme bestial, qui lutte pour sa survie. Constamment harcelé par des motards en cuir (parler de fétichisme serait un euphémisme, tout le monde est en tenue SM pendant le tournage), il ne vit que pour récolter le précieux carburant. Au détour d’un chemin, il capture un pilote d’autogyre, qui lui indique l’existance d’une station de raffinement de carbu à proximité, assiégée par une troupe de motards en furie. Et paf, voilà pour le synops. Inutile d’aller chercher plus loin, Mad max 2 délaisse toute tentative sociale ou tout hymne amoral. C’est un défouloir, un pur concentré de testostérone qui cherche avant tout à en mettre plein les mirettes. Miller a bien compris que si Max faisait indéniablement partie du succès, c’était incontestablement l’univers qui fascinait le public. Le désert, les moteurs à fond, la castagne. Et ce nouvel opus est là uniquement pour ça. Complètement amoral dans son traitement de la violence (le sort des otages), il cherche à nous offrir l’univers post-nucléaire le plus graphique qui ait jamais existé. Avec des dizaines de véhicules bricolés, des armes jouissives (le boomerang à lame, ici juste pour faire du gore), des sexualités déviantes (le biker et son protégé) et des méchants tape à l’œil (en masque de hockey), Mad max 2 est un projet qui enflamme l’imagination. Sans beaucoup de limites, arrivant avec peu à nous créer un territoire dépaysant, l’histoire, pompant généreusement dans les westerns, se suit dans un état de jubilation constante, les motards harcelant continuellement notre groupe, et Max tentant de tirer son épingle du jeu. En nous offrant la course poursuite la plus impressionnante de l’histoire du cinéma (un véritable modèle tant elle est bien filmée), le film assoit sa réputation d’œuvre culte, excellent exemple du culte du divertissement punk qui transcende les codes avec peu de moyens. Cinq véhicules tout terrain autour d’un camion sur une route déserte, et ils te font un chef d’œuvre. Barbare, viril jusqu’au bout, respectant la mythologie imposée par le premier film, Mad Max 2 est l’opus dont tout le monde se souvient, graphiquement impressionnant, et très léger pour la tête. On en redemandera toujours.

 

5/6

 

1981
de George Miller
avec Mel Gibson, Bruce Spence

 

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Mad max 3, beyond the thunderdome : Le vilain petit canard que voilà. Tentant d’introduire du renouveau à l’œuvre de Miller (comprendre : lui insuffler un peu d’humanité et moins de manichéisme), le film crée un univers plus riche que son prédécesseur (pas dur, il se limitait à une raffinerie et un camion sur une route), mais qui s’éloigne grandement de l’esprit « régressif » des premières entreprises. Mad Max est devenu un western post apocalyptique à la Postman. Et ça, ça ne plaît pas à beaucoup de monde. Mais je ne déteste pas Postman. Et Mad max 3, je me suis surpris à aimer. Modérément, l’aspect défouloir ayant totalement disparu, mais appréciant ces courageuses tentatives dans un univers qui en avait bien besoin. Après deux premiers opus sans beaucoup d’espoir, le film a le courage de faire des dialogues ! Waow, ses prédécesseurs se limitaient au strict minimum. Après s’être fait volé toutes ses affaires, Max se rend à la ville la plus proche, certain que son détrousseur viendra y vendre ses marchandises. Mais là bas, il est interpellé par les autorités qui décident de l’utiliser pour soumettre un élément récalcitrant de leur hiérarchie. Voilà pour le pitch. Première grosse surprise : dans ce monde de brutes, c’est une femme qui gère la ville. La ville, c’est l’espoir. Le vol est remplacé par le troc. Mais il y a déjà un problème : cette ville fonctionne grâce à une installation souterraine qui exploite carrément des humains pour récupérer de la merde de porc et alimenter les générateurs en méthane (véridique). La société par l’économie s’en prend direct plein la gueule, car basée sur une escroquerie et dépendante du savoir d’un seul individu : Maître Bombe (un nain surdoué porté par un colosse). Max aura pour rôle de tuer Bombe afin de rendre Maître vulnérable face au pouvoir de la gérante de la ville. Max finira trahi et banni dans le désert, où il rencontrera un nouvel univers : une troupe d’enfant rescapée d’un crash, tout droit sortie d’un Sa majesté des mouches. A la différence près qu’ils sont unis par le culte d’un adulte : le commandant de bord de leur vol, qu’ils voient en Max. Ils ont choisi de s’inventer leur histoire et de vivre en autarcie dans un précipice fertile où coule une rivière. C’est le choc des cultures, et les enfants ne cessant de vouloir retourner dans leur vrai monde, Max guidera bientôt une expédition jusqu’à Barter town, afin de récupérer Maître. Plus question de violence dans un tel récit, quelques bourre-pif et une chute dans un bac de merde de cochon suffisent à vaincre un ennemi. Le climat tient bien plus de l’aventure bonne enfant que des meurtres sanglants du précédent film. Et c’est cette légèreté de ton, sublimé par une certaine originalité (l’univers est maintenant vraiment varié) que le récit compense son manque de jouissif. Un post apo sympa, qui perpétue quand même la tradition en nous offrant une belle course poursuite entre un train et plusieurs bolides, avant de conclure entre la bande d’excités et l’avion contenant tous les rescapés de l’aventure. En réintroduisant de façon inattendue le personnage du pilote, le film se conclut sur une petite note d’espoir qui ne laisse pas indifférent, ce genre de peinture étant étonnamment touchante pour la nostalgie qu’elle provoque. Bien maigre en comparaison des biscotos des prédécesseurs, mais tellement sincère qu’on lui cède sans trop résister.

 

4/6

 

1985
de George Ogilvie, George Miller
avec Mel Gibson, Tina Turner

 

http://www.lequotidienducinema.com/images/stories/m/madmax2.jpg

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commentaires

hdef 27/02/2014 12:03

Je le verrais prochainement de toute façon.
Merci

hdef 24/02/2014 17:22

* va pour le 2, pardon

hdef 24/02/2014 17:22

Je verrais donc ce 3e opus, même si la présence de Tina Turner ne m'enchante guère...
Pour ce qui est du 1er, la violence y est plus psychologique qu'autre chose. Mais je dois reconnaître que ce road-movie possède un véritable impact, et une certaine forme de puissance. Mais ma
préférence va pour le , car comme tu le dis fort bien, l'univers y est plus marquant.

voracinephile 25/02/2014 18:33



Oh, Tina Turner a un rôle assez important, mais bon, dans un post apo généreux comme Mad Max, je ne me rappelle pas qu'elle coulait le film. Le lisier de porc en revanche, pas classe... A défaut
d'y trouver de la sauvagerie, le gentil kitsch et quelques idées intéressantes (qui rappellent Hook) valent le détour.



hdef 23/02/2014 18:59

Pas vu le 3, mais le 1 et le 2 sont de sacrés films cultes.
Ma préférence va cependant pour le 2, avec son look SM déluré et sa vision unique du western moderne.
Du 5/6 aussi. Et Gibson est magnifique en justicier solitaire, perdu avec son chien

voracinephile 23/02/2014 23:05



C'est la rupture de ton qui est frappante entre le premier et le deuxième... On passe d'une série B nerveuse et bien violente à un post apocalyptique vraiment icônique, nettement plus ludique
(quoique la violence y est explicite). J'ai aimé les deux, chacun dans leur contexte. Mais le second est le plus marquant, en termes d'univers.


Le 3 est vraiment étrange, c'est presque un film pour enfant après toute cette violence... Il a de belles idées et de beaux lieux de tournage. Mais hélas, le ton bon enfant sied mal à notre road
warrior... Surtout que cette suite ne raconte pas grand chose. Mais pour l'univers, j'ai trouvé le résultat honorable.



Alice In Oliver 08/10/2011 10:08


une trilogie de qualité même si les 2 premiers sont clairement au dessus du dernier. D'ailleurs, le 3 est souvent considéré comme le mauvais élève. Perso, je le trouve un peu sous estimé.


voracinephile 08/10/2011 10:38



Ah, cool de lire ça ! Moi qui en ai toujours entendu du mal, quand je l'ai vu, les potes étaient pliés, j'étais le seul qui avait un sourire sincère aux lèvres.  Bien sous estimé, même il ne
faut évidemment pas trop réfléchir...



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