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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 11:32

MALEFIQUE-affiche.jpg

 

Le conte moderne est un genre particulièrement casse gueule. Les échecs de Blanche neige et le chasseur et du récent flop La belle et la bête en sont des preuves criantes, quand on sort de l’animation tout en voulant rester dans le merveilleux, il convient de trouver un équilibre pas si aisé, entre profondeur dans le fond et légèreté dans la forme. Maléfique arrivait avec ses gros sabots qu’on ne savait toujours pas trop quoi en penser, et finalement, avec une légère surprise, on se retrouve devant un film qui a matière à offrir.

L’histoire : Maléfique, fée du royaume des Landes, se lie d’amitié avec un jeune orphelin, Stéphane. Alors qu’ils grandissent, le roi du territoire des hommes désire repousser les frontières de son empire. Suite à la défense acharnée de Maléfique, le roi promet son trône à celui qui viendra à bout de la créature. Stéphane y voit alors une opportunité à saisir…

 

Malefique-Photo-film-03.jpg

 

On a toujours tendance à dire que Disney a des années de retard dans ses partis pris moraux. Malgré tout, le studio a fait d’indéniables efforts pour inverser la tendance, et avec Maléfique, ils décident de continuer dans cette voie malgré la structure à l’ancienne du conte. Le premier parti pris louable, c’est l’enfance de Maléfique, que le film suit avec un intérêt certain. Elle est le personnage principal et le film réussit assez bien à faire ressortir les sentiments qui l’animent. En cela, la trahison qu’elle subit et sa vengeance méditée et efficacement exécutée (avec humiliation icônique de Stéphane devant sa cour) nous fait toujours basculer en sa faveur. S’entame alors le nouvel axe dramatique, qui marque un rapprochement entre notre protagoniste et l’héroïne, que la malédiction en question vient peu à peu menacer. J’espérais secrètement ce rapprochement qui prolongerait la souffrance de Maléfique tout en salissant la gamine toute belle toute innocente, autant dire que je ne suis pas déçu, c’est un axe dramatique simple, mais d’une consistance un peu plus mature que prévue. C’est surtout sur la question de l’amour que le film marque un grand coup et tranche avec ce qui a pu être fait auparavant, puisque le baiser libérateur ne vient de rien d’autre… que de Maléfique… Je ne sais pas si vous aviez entendu parler des soit disant accusations de corruption des jeunes sur le film La reine des neiges (où des détracteurs disaient avoir vu des allusions lesbiennes), alors là, on nage en plein dedans ! Ca et la vision complètement désillusionnée de la structure du couple hétéro (aucun couple hétéro ne vit heureux ni même n’éprouve d’amour), on tient là d’énormes éléments si on souhaite regarder le film avec des ornières. Pour ceux qui se contentent d’apprécier objectivement le film, on a là une direction artistique de haute volée, qui nous inonde les yeux de merveille kitsch à souhait, soit tout ce qu’on réclamait. Il ne faut pas croire non plus que tout est parfait. Aurore est une niaise qui passe son temps à sourire à tout le monde et qui n’a pas la moindre consistance (en fait, tous les personnages gentils semblent réduits à cette approche de niaiserie, seuls les personnages ayant souffert semblent avoir acquis une consistance et une variété question palette d’émotions). Son prince charmant est un niais qui semble sortir du lycée (il ne lui manque que l’acnée), mais ça, c’est bien normal (on apprécie même la puérilité de sa carrure, il est mou comme un petit suisse…). En revanche, les exclamations « c’est magnifique ! » pour nous dire quand c’est beau, les multiples incohérences où Mélafique a tantôt peur du fer, tantôt elle le prend à pleine poignée sans que ça la dérange. Shalto Copley est comme d’hab cantonné au rôle de méchant de service, avec une méchanceté à relativiser puisqu’il ne prend jamais la peine d’approfondir son avidité au-delà de la voix off qui lui sert de présentation. Bien dommage quand on voit qu’il est la seconde personne la plus intéressante du film et qu’il est en partie bâclé. Mais bon, avec une belle esthétique et quelques emprunts au Seigneur des anneaux (un Ent qui ressemble beaucoup au Balrog, un dragon bien épique…), on a un spectacle bien plus consistant que la guimauve habituelle. Quelques libertés prises avec le matériau d’origine permettent donc de redonner un peu d’ampleur à ce gros spectacle familial, en densifiant un peu le propos social. Un essai satisfaisant à confirmer.

 

4/6


2014
de Robert Stromberg
avec Angelina Jolie, Elle Fanning

 

maleficent-elle-fanning.jpg

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commentaires

Jerome 14/04/2017 22:13

Je trouve que ce conte de notre enfance a été revisité avec brio. Ce long-métrage ponctué d’un bon casting a su me faire rêver. J’ai adoré voir Angelina Jolie dans le rôle de Maléfique.

Xelloss Metallium 18/07/2014 10:59

Bon, j'ai un problème avec Maléfique...

Ne connaissant pas (plus) l'histoire, j'ai pris ce film sans être influencé.
Et dès le début ça m'a chiffonné !

ELLE S'APPELLE "MALEFIQUE", la dame !

Nom d'un p'tit cowboy en sucre, comment peut-on nous pondre un nom aussi BADASS' et nous coller les images d'un Esprit de la Nature tout mignon au début du film !

La logique aurait été que "Maléfique" fut son surnom après le drame
Mais là, non, elle s'appelle déjà Maléfique.
Regardez ses ailes ! ce sont des ailes de perso' gentil ?

Exemple :
Je vous présente Sephiroth dans FF7-Advent-Children-Complete
http://img2.wikia.nocookie.net/__cb20111017004627/finalfantasy/images/a/a9/Sephiroth_black_wing.jpg
C'est un perso "machant", un bon gros gus... maléfique.
même si ses ailes sont "type Ange", on perçois la noirceur par le fait qu'elles sont.. noires.

Voici Maléfique
http://img.filmsactu.net/datas/films/m/a/malefique/xl/malefique-photo-53298b035d1ea.jpg
Elle à des griffes !

J'aurai plus vu les ailes griffues de Maléfique sur Sephiroth et inversement.
Si c'est un personnage "loyal bon" à la base, pourquoi lui avoir collé des petites griffounettes qui rappellent les "chaotique mauvais" ?

Ensuite, vient un truc totalement incohérent.
Elle subit une expérience malheureuse et au lieu de se venger, devient un tyran... WTF ! Pourquoi ?
?
Moi qui pensais qu'elle allait investir le château, devenir tyrannique (maléfique) et instaurer son règne depuis le château.
Là, non, elle se contente juste de transformer Foncombe en Mordor... paye ta logique.

Pour le reste, j'ai un peu de mal avec un perso qui à des pouvoirs quasi Divin (on a vraiment l'impression que Maléfique est une sorte d'Esprit de la Forêt au début) ne pas se farcir ces pauvres Humains-tout-pourri facilement.

Vient ensuite cette morale-de-merde
Bon, vous me connaissez, je suis un bon gros Démon putassier, et j'adore les persos... maléfiques.
Mais le vrai pouvoir et la force d'un personnage maléfique réside dans le fait qu'il torture, fait souffrir ses adversaires.
Ici, non, point de souffrance, mais une mort pure et simple.
Maléfique veut juste le tuer.

C'est dommage car pour une fois, un film pour enfant était bien noir et sombre.
Avec une Angelina Jolie juste jouissive dans ce rôle.
La voir balayer les obstacles et nous toiser de haut, ça n'a pas de prix.
Déjà que je l'aimai dans beowulf en pupute-maléfique, là, je suis tombé amoureux XD

Les points positifs ?
le logo Disney... nous avions déjà eu le droit avec le château en néon dans TRON, mais là, c'est le pompon, l'action se déroule dans le logo... c'est pas la classe, ça ?

La 3D... rien à redire, c'est beau et bien fait sans être folichon ;)
Pas assez de particules à mon goût.


Bon, j'm'en vais m'faire un bon beowulf en HD-MA histoire de calmer mon chagrin, moi ^_^

Kapalsky 12/06/2014 09:31

Pas grandiose le Maléfique, pour moi quelques bonnes scènes rigolotes (involontairement), une bande-son du tonnerre et une Angelina Jolie qui se marre bien en ressortant l'accent british et en
haussant la voix. Mais je ne m'attendais pas au propos social en sous-texte. :)

voracinephile 23/06/2014 23:17



Ha ha !


Tu n'as pas particulièrement apprécié le visuel ? Même si on ne tient pas un très grand divertissement, par rapport aux promesses, le contrat est plutôt rempli, on ne parle que de Maléfique, et
la réadaptation du conte est sincère.



Roggy 11/06/2014 23:14

Finalement, tu es un des rares à défendre un peu le film. Je ne l'ai pas vu mais il a un côté très "Blanche neige et le chasseur".

voracinephile 23/06/2014 23:12



Quand Disney fait des efforts, il est bon de le noter. En l'occurence, l'esthétique est vraiment à la hauteur, et le personnage central suit un cheminement qui peut faire réagir le spectateur. Et
bon sang, un baiser lesbien dans un Disney ! Pas peur de la controverse, le Mickey !



borat8 05/06/2014 21:06

Franchement sur le coup j'ai hésité entre rire et pleurer quand mon pote m'a sorti ça. Même dans le Disney ce n'était pas aussi con, c'était même assez drôle avec les fées qui se foutaient sur la
gueule pour la couleur de la robe ou du gâteau. Je pense qu'avec La belle et la bête de Bill Condon, on va réhabilité assez rapidement le film de Gans. Le mec de Twilight 4 et 5 qui paraît-il va
adapter la comédie-musicale qui a découlé du Disney oh putain!

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