Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 12:17

http://idata.over-blog.com/2/04/62/62/Photothek-C3/Ectac.Malveillance-Film-de-Jaume-Balaguero.03.jpg

 

Si les films mettant en scène des locataires zarbi ou des propriétaires sadiques sont légions, relativement s’intéressent aux concierges et aux portiers. Pourtant, ces derniers possèdent le double des clefs de tout l’immeuble à charge, et pour peu qu’ils soient doués d’intentions malignes, le confort quotidien peut vite se transformer en cauchemar, sans pour autant éveiller de soupçons sur la personne sensée aider les résidents. S’éloignant beaucoup de ses thèmes habituels, Jaume Balaguero nous offre un suspense insidieux avec Malveillance, un thriller psychologique de premier ordre qui délaisse les scènes d’action pour se concentrer sur ses personnages et sur les relations qu’ils entretiennent entre eux.

L’histoire : César est un concierge modèle, qui aide les résidents et qui prend sur lui devant toutes les frustrations quotidiennes. Mais dès qu’il en a l’occasion, il profite de ses trousseaux pour parasiter le quotidien des locataires qui l’agacent.

 

http://www.culturopoing.com/img/image/Marija/malveillance2.jpg

 

Ce qui fait tout le sel du fil, c’est justement le fait qu’il est complètement amoral. Pendant toute l’histoire, nous verrons les évènements du point de vue de César, qui est loin d’être bien-intentionné envers ses semblables. Et c’est ce côté un peu pervers du film qui le rend finalement aussi attachant, la frustration de César étant très bien communiquée au public (à chaque fois qu’on passe sans le saluer, on ressent un certain agacement), on ressent un petit plaisir quand il s’adonne à une petite vengeance (et c’est là que le film entre en connivence avec le public, ces derniers étant liés par un jeu de « mauvaises blagues » qui va durer…). Ainsi, si la situation évolue globalement assez peu, le suivi psychologique de nos personnages est passionnant, autant pour César que pour sa principale victime, Clara. Une jeune femme belle et dynamique qui repousse sans arrêt ses avances d’un petit sourire condescendant, et qui déchire les lettres anonymes que César lui envoie. C’est entre eux qu’a lieu la véritable relation empoisonnée du film. Car une fois la nuit tombée, César l’endort à coup de chloroforme pour se glisser dans son lit pour la nuit. Le côté pervers de la relation n’est jamais atténué, il est au contraire le moteur du film, l’obsession de César l’amenant bientôt à vouloir la punir elle aussi de sa froideur. Et là, nous aurons de magnifiques empoisonnements du quotidiens, des trucs vicieux au possible (je pense surtout à la soude caustique diluée dans les produits de beauté, qui abîment chaque jour un peu plus la peau à chaque application). Malveillance est méchant, mais c’est une méchanceté dosée, contenue, qui n’explosera jamais vraiment (sauf au cours de la scène de meurtre du film), travaillant plus le raffinement que la hargne. On retrouvera quand même dans le récit quelques piliers des œuvres de Balaguero, comme cette mère à l’hôpital que César va visiter régulièrement, et à qui il raconte sa vie dans le détail, sans qu’elle puisse faire autre chose qu’écouter (alors qu’il semble vite évident qu’elle n’en peut plus). Le parcours de César, même minimaliste, est en tout cas intéressant à suivre, jusque dans sa conclusion un poil ambigue. On n’est pas dans A entrar para vivir et ses hectolitres de sang, mais le voyage valait le détour. Toutefois, il revient souvent que le film s’égare un peu dans le fantastique, alors que je l’ai trouvé au contraire très réaliste. Peut être ce final un peu étrange, mais qui est loin de nous faire oublier les pérégrinations machiavélique de notre concierge. Un travail honnête, et des interprètes au poil !

 

4.6/6

 

2011
de Jaume Balagueró
avec Luis Tosar, Marta Etura

 

http://cinephilia.fr/blog/wp-content/uploads/2011/11/sleep-Tight.jpg

Partager cet article
Repost0

commentaires

A
c'est A Louer ? Oui, je l'ai vu. Pas mal mais pas exceptionnel non plus.
Répondre
V
<br /> <br /> Oui, c'est A louer. Un petit survival dans des appartements bien géré, et qui reste le meilleur de la saga Pelliculas para no dormir. Toujours quelques incohérences (la femme qui flippe comme une<br /> bête et qui bloque une porte en baie vitrée (que la méchante ne casse pas...). Dans la même collec, j'ai vu aussi La Chambre du fils, qui était amusant, mais avec quelques longueurs...<br /> <br /> <br /> <br />
A
Balaguero chez Hitchcock: le réalisateur s'en sort plutôt bien mais ne posssède pas non plus le talent du maître du suspense
Répondre
V
<br /> <br /> Si le talent n'est pas toujours là (ni la tension), le côté malsain du projet parvient à tenir à bout de bras le spectacle. Et les acteurs sont au poil (j'ai reconnu l'acteur du chef de La secte<br /> sans nom). J'étais impatient de le découvrir, et je n'ai pas été déçu (même si il est clair que Balaguero a fait beaucoup mieux, mais dans le registre fantastique). Tu as vu son A entrar para<br /> vivir ?<br /> <br /> <br /> <br />

Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche