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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 15:24

Mama-Affiche-USA.jpg

 

Grand gagnant de Gérardmer cette année, Mama est un film fantastique qui pouvait susciter quelques attentes. Toutefois, il faut rappeler l’intervention finale du chef du jury, senior Lambert, qui critiquait la faiblesse de la sélection annuelle. On ne peut que lui donner raison en découvrant Mama, qui si il commence assez bien, n’a pas l’étoffe d’un grand film (on peut même lui préférer Don’t be afraid of the dark, c’est dire).

L’histoire : Deux petites filles, après un accident de voiture, sont recueillies par une étrange créature. 5 ans plus tard, elles sont retrouvées à l’état sauvage, et mises sous la garde du frère de leurs parents. Toutefois, elles semblent avoir ramené quelque chose avec elles…

 

www.indiewire.com.jpg

 

Mama s’inscrit dans la lignée du cinéma fantastique espagnol (cela se vérifie par la production de Guillermo Del Toro à la patte très ibérique et aussi par la place prédominante prise par les enfants dans le récit), classique mais honnête dans son approche et soucieux de l’aspect de sa créature. Précisons que nous sommes bel et bien ici dans un film de fantôme, avec une âme en peine qui s’attache à des enfants et qui se refuse à les laisser partir une fois qu’ils ont été retrouvés. C’est indéniablement le contexte qui fait la force de Mama. L’introduction promet du meilleur avec des gamines très bien dirigées, et l’état sauvage de nos bambines bénéficie d’un soin remarquable (excellentes vidéos d’étude qui accumulent les détails révélateurs de retour à l’état sauvage). Indéniablement, les enfants sont le gros point fort de la production, étant traités avec un respect certain pour leur affection envers la figure maternelle qu’ils ont côtoyé pendant 5 ans. Pour une production américaine horrifique, le contexte sentimental est assez bien développé, sans émouvoir davantage, les parcours se tiennent. Enfin, le dernier gros bon point du film réside dans la prestation de Jessica Chastain, méconnaissable en maman rockeuse tatouée. Une véritable transformation, à la fois dans le caractère et dans l’aspect, où elle se révèle totalement convaincante. L’empathie pour son personnage est complète. On en vient maintenant aux points négatifs. Le design du fantôme est quasi intégralement numérique. Dans tous les plans où il apparaît. Si le final le montre sous toutes les coutures et que l’on trouve effectivement la grâce d’un cinéma généreux, certaines idées, comme l’attaque de la perruque enragée, sont discutables. Ce qui nous en fait arriver au gros mauvais point du film : l’aspect horrifique. Composé exclusivement de jump scare foireux, le film ne fait jamais peur (sinon dans l’introduction où les gamines sont terrifiantes), jamais. Et pour sursauter, il faut sacrément être tendu pour réagir face aux « bouh ! » réguliers et attendus qui servent à entretenir l’attention du spectateur alors que l’histoire pouvait bien faire sans. La palme revient à la séquence du fantôme sous le lit, où on se dit enfin qu’il va se passer un vrai truc. Ben c’est un cauchemar. Arnaaaaque ! C’est alors qu’on se rend compte que si le rythme est soutenu dans les enchainements de situation, le film freine sur d’autres aspects pour ne pas avoir à affronter de difficultés. Par exemple, l’oncle des filles voit le fantôme après une demi-heure, mais il tombe dans le coma et restera très longtemps en convalescence sans réagir à ce qu’il a vu. Facile. Et on en vient maintenant aux personnages « méchants ». A savoir le docteur, sympathique, mais qui sert surtout à mourir avec une scène à flash comme dans Les yeux de Julia, et surtout l’autre tante, qu’on nous montre comme punching ball. Elle veut récupérer les gamines à tout prix, elle est riche, elle est méprisante… Et elle meurt. Ah, bien, personnage utile… Bref, c’est du remplissage, mais ça semble honnête. A la fois porté par le bon et le mauvais, Mama est une petite sortie fantastique sympa, mais on sent qu’entre lui et Evil Dead, il n’y a pas grand-chose à voir en ce moment…

 

 

3,5/6


2013
de Andres Muschietti
avec Jessica Chastain, Nikolaj Coster-Waldau

 

mama-online.jpg

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commentaires

borat8 28/05/2013 23:19

En tous cas, une belle pièce et une des rares comédies musicales récentes à avoir un véritable intérêt.

borat8 27/05/2013 22:31

Je vois que tu suis!lol Across the universe utilise les chansons des Beatles de manière exceptionnelle et les numéros ont vraiment une résonance sur les images. Rien à voir avec Moulin Rouge sur ce
terrain.

voracinephile 28/05/2013 21:18



J'avoue ne pas m'y être intéressé jusqu'à maitenant, mais je sais qu'il s'agit de ton film étiche. Comme je n'ai pas vraiment de film musical préféré (The Wall, peut être), il faudra que je
l'essaye !



borat8 27/05/2013 21:04

Et là cela semble pareil sur Gatzby. Tu prends Jay Z et Beyonce et Lana Del Ray pour faire branché, mais pas sûr qu'il y ait une réelle cohérence entre les musiques et les images. Tout le contraire
d'un film comme Across the universe.

voracinephile 27/05/2013 22:22



Jamais vu Across the universe... Je connais ton attachement au film, alors il faudra essayer...



borat8 27/05/2013 19:50

Là niveau style c'est vraiment rapé. Là il n'y a aucune cohérence dans le choix des chansons. "t'aime bien Elton John? Tiens bouffe! T'aime bien le rock? Tiens du Bowie!"

voracinephile 27/05/2013 20:17



Un vrais pot pourri, qui porte bien son nom ^^



borat8 26/05/2013 19:17

Ce n'est pas que les numéros musicaux sont mauvais, mais les chansons choisis ne concordent pas ensemble. Tu passe de Queen à Elton John en revenant à Nirvana! Au point que tout cela devient un
bordel franchement ridicule.

voracinephile 27/05/2013 19:18



Effectivement, aucune cohérence d'épouqe ou de style ^^ Baz fait ce qui lui plaît, donc on aime ou pas. Il parvient quand même à décrocher de beaux budgets pour ses fresques à paillettes...



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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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