Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 17:55

maniac-2012-poster.jpg

 

Le remake de Maniac réalisé par Frank Khalrouf était la première attraction horrifique de l’année. Si on prend en compte qu’il est le premier de la vague de remake qu’on va se prendre dans la poire (Evil dead, Carrie, Texas Chainsaw massacre 3D), on avait donc de sérieuses appréhensions. Le constat n’en est que plus surprenant, le film se révélant à la hauteur de l’original. Malgré une mise en scène parfois discutable, c’est une attraction qui risque fort de se retrouver dans le top 2013 dès sa sortie.

L’histoire : Franck est un tueur en série qui contacte l’essentiel de ses victimes  sur des sites de rencontre. Il stagne dans sa vie jusqu’à ce qu’il rencontre Anne, une artiste française prenant des clichés de mannequins.

 

http://static.lexpress.fr/medias/2360/1208791_maniac.jpg

 

Vraiment, passionnant film que voici. Là où le plaisir est immédiat, c’est qu’on n’a rien perdu de la hargne de l’original avec un gore qui tâche d’office. La première victime est un régal de mise en scène, une vraie claque qui évite le gore trop démonstratif et plante direct la relation viciée que Franck entretient avec les femmes. Rythmée par une bande son électro aussi tendance qu’appropriée, Maniac commence très bien, rythmant avec dynamisme ses meurtres barbares et le parcours de son personnage stagnant jusqu’à sa rencontre avec Anne. C’est à partir de là que le film prend une étoffe plus particulière. Le film étant filmé d’un point de vue subjectif, la vision de notre personnage est souvent interférée par des hallucinations (sa dégénérescence mentale), et par ses fantasmes et souvenirs. Là où Joe Spinnel revivait les scènes barbares de sa vie et en répétait les dialogues, le film fait le choix plus cru (et un peu plus complaisant) de montrer quelques épisodes de la jeunesse de Franck, de son complexe maternel et de sa grande solitude. Oui, on peut s’attacher à Franck, notamment au cours des séances fantasmées où il s’imagine avec Anne vivant un amour idyllique. Une relation possessive, empoisonnée par Franck et ses déviances, mais d’une simplicité aussi authentique que touchante (la poursuite finale est une tragédie pour Franck qui voit tous ses espoirs réduits à néant). Le registre sentimental de Maniac n’est jamais sacrifié sur l’autel du gore, ce dernier soigne particulièrement ses personnages et surtout le contexte qui les entoure. L’univers concernant les mannequins est ici considérablement enrichi, le réalisateur et son équipe ayant bien compris la comparaison évidente entre les mannequins que Franck stocke et répare et les gens dans la foule, aussi insignifiants et mesquins en prime (pour plus de détails, voir l'excellente interview de David Law sur naveton). Maniac embrasse le point de vue du tueur sans distance, et c’est en cela que le film réussit à passionner. Toutefois, il n’est pas sans défauts. La technique de la caméra subjective est certes amusante et ludique (en prime, ils n’ont pas repris la scène d’explosage de tête au fusil et on les en remercie, il faut savoir un peu innover), mais à plusieurs reprises, le film effectue des sorties pour filmer classiquement certains passages. Le réalisateur a justifié cela par plusieurs procédés, notamment les sorties extra corporelles… qui se justifient moyennement, puisqu’il semble évident qu’en dehors des scènes fantasmées, il s’agit de filmer en plan large pour le gore ou le trash. Là où le parti pris subjectif se révèle le plus agaçant, c’est bien quand le personnage de Franck parle et subit ses crises. Si l’interprétation de Joe Spinell était sans faille, celle d’Elija Wood n’en présente pas beaucoup puisqu’on le voit peu à l’écran. Un peu facile de louer son jeu d’acteur quand on ne le voit pas pendant les périodes où il psychote seul. Toutefois, sa frêle silhouette et son teint maladif façonnent un tueur inattendu et auquel on finit par croire. Sa carrure lui fait arpenter les rues sans attirer les soupçons, et les saillies de violence sont toujours réussies. Enfin, la facture technique du film est impeccable, entre les thèmes musicaux de ROB qui déchirent et la photographie très agréable sublime le travail des effets spéciaux. Excellent remake qui gagnera assurément ses galons avec le temps, Maniac 2012 tient ses promesses et impressionne, loin devant ses concurrents habituels.

 

5/6

 

2012
de Franck Khalfoun
avec Elijah Wood, Nora Arnezeder

 

maniac

Partager cet article

Repost 0
Published by voracinephile - dans Epouvante ( qui stresse)
commenter cet article

commentaires

Vince12 08/01/2013 21:39

Il ne passe pas dans ma ville en effet, mais je vais tenter d'aller le voir dans une autre ville pas trop lointaine peut être. Sinon en effet il y'aura toujours le DVD ou le téléchargement.

Vince12 06/01/2013 19:06

Pas vu mais content de voir qu'il plaise, pour ma part, je ne pourrais pas le voir.

voracinephile 08/01/2013 21:14



Pourquoi ne pourras-tu pas le voir ? Il ne passe pas dans ta ville ? Le dvd te donnera probablement satisfaction alors, en tout cas il vaudra l'achat.



borat8 06/01/2013 12:42

La preuve avec la scène cochonne d'ailleurs. Il repense à sa mère quand elle lui taille une pipe et il n'accepte pas. Pour le reste de l'argumentation, j'ai mis la critique en ligne.

voracinephile 06/01/2013 16:59



Je vais aller lire ça !



davidlaw 06/01/2013 03:40

Maniac
Excellent film I saw at Cannes, with the team just invited to be involved in visual film, using pictures of models I realized (http://davidlaw.fr/). The careful plunges us into the world through
the eyes of the killer, mannequins are ubiquitous, visual stifling. It is efficient and beautiful, this is what struck me the aesthetics of the image outside the norm, in reflections and mirrors
... I agree and I love it.
David Law
Interview for Maniac for Allo Ciné!
http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18620004.html
The Interview for Maniac for Eklecty City
http://www.eklecty-city.fr/interviews/interview-exclusive-du-photographe-du-prochain-film-dalexandre-aja-maniac



voracinephile 06/01/2013 16:57



Welcome on this blog, David. Thank you for all these links, I'll check them later (especially your web site, I want to have a look of your work). I think we'll remember a long time Maniac 2012,
tahnk you again for the informations you gave to us on the blog Naveton.



borat8 05/01/2013 21:00

Cela revient dans un certain point au théâtre. D'ailleurs on n'est pas étonné que V adore Le comte de Monte Cristo. Il y a un vrai travail dans la gestuelle et la voix porte bien. Pourtant on ne
voit jamais son visage.
Ce qui m'a vraiment plu, c'est qu'on entre réellement dans l'optique du personnage avec sa respiration, ses fameux mots de tête (le premier coup avec la fille au piercing et l'impression qu'il
croit que les gens le vise est assez étrange). Par ailleurs et à plus d'un titre, ce Maniac m'a fait vraiment penser à Shame. Une même frustration, des compagnons décrits comme du bétail (du sexe
facile pour Fassbender, des scalps pour Wood) et quand ils trouvent l'amour, ça ne marche pas (Fassbender bande mou, Wood se discrédite). Et puis dans la réalisation des plans, c'est redoutable.
Comme je le disais, ça n'a franchement rien à voir avec du found footage. C'est lisible et épouse réellement le point de vue du bonhomme. Le meurtre qui m'a le plus impressionné c'est celui de
l'agent. Dans le genre sauvage, c'est sacrément réussi. Pareil pour le couteau de boucher.

voracinephile 06/01/2013 11:04



Intéressante comparaison. Maniac serait donc le penchant frustré de Shame, Fassbender accomplissant ce que Wood saccage avant d'avoir accompli... Une idée intéressante, mais la comparaison serait
à développer (je ne suis pas complètement convaincu, j'y repenserai). Le meurtre qui m'a probablement le plus marqué est le premier. La grosse claque dans la gueule ! Celui de l'agent vient
après, c'est en effet l'un des plus violent. Indubitablement, les meurtres sont de gros temps forts de ce remake, comme pour l'original en fait...



Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche