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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 06:46

May

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Lucky  McKee est un réalisateur intéressant, qui aime s’impliquer dans des projets bancals (The Woods) et les porter jusqu'au terme, qui à se prendre des échecs critiques au final. Mais avec May, il signe un film assez intriguant, porté par des acteurs vraiment doués, et le tout sur le thème de la frustration amoureuse, sans que ça soit chiant. Pour nous autres, romantiques passionnés, c’est une aubaine qu’il était impossible de rater.

L’histoire : May est une jeune fille peu banale, qui souffre d’un strabisme sévère qui l’handicape dans ses contacts avec ses camarades quant elle est jeune et qui ruine ses rencontre amoureuses. Avec une nouvelle lentille, elle parvient à retrouver un regard normal, et se lance alors dans la quête de son amour jamais trouvé.

 

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Ce qui rend May aussi intéressante, c’est qu’elle a dès le départ une personnalité de freak. Elle est rejetée par ses camarades à cause d’un défaut physique qui lui octroie une personnalité non désirée, et se retrouve obligée de transférer ses confidences sur une poupée qui l’accompagnera pendant toute sa vie. May se révèle assez débordante d’idées, ayant pour hobbie la couture et se fabriquant de nouveaux vêtements pratiquement chaque jour dans un style esthétique propre à elle. On s’intéresse d’abord à son quotidien, à ses fantasmes et à sa psychologie amoureuse, pas mal frustrée par sa méconnaissance de l’amour. May, c’est donc la petite amie trash que chaque bisseux de notre espèce a dû rêvé d’avoir un jour ou l’autre. Bizarre à souhait (l’anecdote du chien lors de sa pause déjeuner) et totalement imprévisible (elle comprend la symbolique du film amateur, mais tente de le reproduire dans la réalité), d’abord une personne désirable, elle s’enferme peu à peu dans une sorte de folie, piquant des crises de nerfs devant sa poupée dont les vitres de la boite se fendillent peu à peu. Son basculement dans la folie sera d’ailleurs précipité par un évènement en apparence quelconque : la présentation de sa poupée à une groupe d’enfants aveugles, qui la feront tomber par terre et briseront la cabine, avant de tomber eux aussi et de s’ouvrir sur le verre du sol. May bascule alors dans la folie, venant juste d’être larguée par son premier prétendant, et se replie sur elle-même. Son chat sera le premier à en faire les frais dans un accès de rage, et n’arrivant pas à se résoudre à abandonner un ami, elle le conservera au congélateur. Tentant alors sa chance avec un autre, visiblement plus trash que le prédécesseur, elle se retrouvera à nouveau renvoyée à elle-même, bien trop trash malgré elle, ses nerfs n’arrivant pas à supporter l’échec. La seule solution maintenant pour elle est de se fabriquer un ami à la mesure de ses fantasmes. Comme vous vous en doutez, May repose essentiellement sur son actrice principale, Angela Bettis, qui parvient à retranscrire son personnage d’une manière franchement crédible. Après, le film ne fait pas vraiment l’unanimité, car il s’adresse en premier lieu aux personnes aimant le trash et la folie. Le film prend aussi bien son temps pour poser ses enjeux, établir la psychologie de ses protagonistes, et ne se permet des dérapages qu’à partir de son milieu, et qui ne révèlera son potentiel qu’à la toute fin. Mais cela dit, les caractères qui sont décrits dans May restent intéressants (et d’une finesse qui paye), le public masculin réagissant d’abord de manière intéressé en découvrant May, puis de façon frustrée en découvrant qu’elle brisera tout ce qu’elle essaye de toucher, et qu’elle restera incapable de mener une vie de couple normale. Une sorte d’histoire d’amour impossible, où l’amour finit par être délocalisé sur des objets particulièrement tordus. Un film parfaitement fonctionnel dans ce registre, et d’une originalité surprenante.

 

5/6

 

de Lucky McKee
avec Angela Bettis, Jeremy Sisto

 

Deux manières d'utiliser des ciseaux :


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the good way

 

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the bad way

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commentaires

Yuffie-chan 08/07/2011 11:55


Mouai...je vous avoue que ce film ne m'a pas convaincu. Je n'ai pas réussi à accrocher au personnage principal. Comme l'essentiel du film repose dessus (logique), je me suis assez ennuyée.
J'admets tout de même que l'histoire est plutôt intéressante ! On a droit à une monté en folie d'une jeune femme qui se sent mal et qui ne supporte plus d'être rejetée. Le coup de la poupée, ça a
un côté flippant.


voracinephile 11/07/2011 07:33



Pas convaincue ? Aïe ! C'est sûr que si tu ne parviens pas à t'attacher au personnage d'Angela Bettis, tu vas passser un looong moment, l'intrigue tournant essentiellement autours d'enjeux
psychologiques. Une petite péloche trash bien maîtrisée pour ma part, qui a le grand mérite de proposer une ambiance vraiment inhabituelle pour le genre !



Leatherface 07/07/2011 16:26


May ça poutre. Un film qui ne laissera pas indifférent, c'est certain ! A voir d'urgence pour ceux qui ne connaissent pas ^^


Alice In Oliver 07/07/2011 13:36


oui, pas mal mais pas totalement abouti non plus. Rien à voir mais je t'invite à rebondir sur il était une fois le cosmos et à lire l'article (très long) si tu as le temps...


Alice In Oliver 07/07/2011 13:10


The Woods est un bon petit film mais là, on nage ds une aure catégorie: on n'est pas loin du petit chef d'oeuvre.


voracinephile 07/07/2011 13:18



Tiens tiens... The woods a l'air de t'avoir convaincu lui aussi. Le plaisir de revoir Bruce Campbell tailler dans la forêt noire à la hache ?


Sinon, un petit chef d'oeuvre en effet, les acteurs sont vraiment bluffants.



Alice In Oliver 07/07/2011 12:52


pareil, ds la série sous-estimé, il se pose là celui là ! Très bon film: l'évolution de son héroïne principale est pour le moins surprenante.


voracinephile 07/07/2011 13:07



Aha... J'attendais les bons commentaires, me voilà servi ! Oui, une petite rareté conseillée par un fan d'horreur, et qui s'est révélée assez intéressante et bien filmée. J'ai déjà vu The Woods
qui m'avait laissé perplexe (qualité formelle impeccable mais script douteux), et là, c'est presque le coup de coeur frappé par la foudre.



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