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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 17:06

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Avec Big Miracle, le réalisateur revient sur un fait divers écologique marquant, qui fit intervenir en coordination les deux superpuissances en place à l’époque, à savoir l’oncle Sam et la Mère Russie. Une anecdote intéressante pouvant faire office de divertissement familial éclairé, qui hélas cède bien vite à la fable écologique mieilleuse et agaçante.

L’histoire : dans la ville d’alaska située la plus au Nord, un reporter en manque de sujet découvre que 3 baleines, piégées par la formation du glacier hivernal dans un réservoir d’eau, sont condamnées par l’expansion des glaces. Contre toute attente, son reportage est largement diffusé, et les mouvements écologistes commencent à former des plans de sauvetage pour les baleines.

 

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Et bien, c’est plutôt avec une opinion assez mitigée que j’ai découvert ce film, m’attendant à un film pour enfant bien cucul à base de chorégraphies de baleines et autres fautes de goût. Rien de tout cela (la preuve avec le générique de fin qui compare les séquences du film aux images réelles du fait divers), le film cerne avec une certaine intelligence les différents enjeux qui entourent cette histoire de baleine, où l’engouement populaire se retrouve bien vite phagocyté par la politique et différents camps, qui cherchent tous à s’approprier l’évènement pour se faire un coup marketing. Les écolos sont les premiers sur l’affaire, en la personne d’une blondasse écoeurante sur laquelle je vais revenir. Mais bientôt, un gros exploitant pétrolier, sous la pression des écolos et voyant là l’opportunité de faire un petit « geste » pour la nature pendant qu’il pompe les ressources souterraines, donne son autorisation pour briser la glace de surface jusqu’à l’océan. Un bon personnage, plutôt bien cerné (avec justesse) qui joue gentiment son rôle. Il y a évidemment les journalistes en quête d’infos croustillantes (en la personne d’une bimbo complètement méprisée par ses semblables, un bon personnage également, qui recherche la reconnaissance de ses pairs dans sa conscience professionnelle), la garde nationale qui offre son aide… Mais c’est surtout avec la vision des Inuits que le film marque un bon point. En nous immergeant en situation initiale dans la ville à grande majorité inuit, et en montrant leur chasse à la baleine comme une tradition et une des sources d’alimentation de la ville, le film touche à un sujet intéressant. En effet, ce village qui n’avait rien demandé à personne, qui chassait des baleine depuis des décennies sans que cela ne gêne personne, voit du jour au lendemain débarquer des dizaines de journalistes, écologistes et expert en tout genre qui viennent pour sauver les baleines, et se mettent à cracher sur les pêcheurs. Ainsi, l’occident arrive et se mêle de traditions qu’il ne veut pas comprendre, et c’est la mort dans l’âme que les Inuits sont réduits, par pression médiatique, à épargner des baleines qui leur étaient destinées. Un fait très bien cerné par le film et qui rend justice aux locaux. C’est le contexte qui sauve Big miracle de la noyade, offrant plusieurs sujets secondaires intéressants, et abordés avec recul.

On en vient maintenant aux points négatifs du film. On peut commencer par les touches un peu infantiles qui visent à intégrer le jeune public dans le film. On se tapera donc quelques scènes avec des nenfants qui dessinent des baleines en classe ou qui dévorent en famille les reportages sur ces jolis animaux. Un peu, je ne dis pas, mais l'insistance finit par trop se remarquer. Enfin, mon acidité vient surtout du ton global du film et de son approche de l’écologiste. Cette femme concentre absolument tous les défauts et tous les excès de l’écologie moderne, absolument tous. Elle ne laisse jamais parler ses adversaires, elle inonde ses discours de chiffres sans jamais faire de synthèse, elle traite avec mépris ceux qui s’opposent à elle et avec condescendance ceux qui l’aident, et elle met en avant ses sentiments de façon tellement pathétique (son interview après la plongée avec les cétacés) qu’on en vient à la détester. Et pourtant, le film embrasse complètement sa vision, en fait le principal personnage secondaire et l’accompagne dans toutes les décisions (écoutez la musique, elle suit chaque inflexion de son caractère). Le film pouvait la prendre avec distance et montrer ses défauts, mais il nous force à tout envisager selon son point de vue (la façon dont elle crache sur les exploitants pétroliers qui lui apportent de l’aide) et nous impose son ressenti mielleux d’une inconsistance assez navrante. Un gros point négatif quasi omni-présent, qui glorifie cette opération de survie des baleines avec une énergie… disproportionnée (tellement d’énergie et d’argent dépensés pour 3 baleines). A ce stade, histoire de ne pas être hypocrite, je reconnais n’avoir que peu de considération pour les écologistes (je loue ceux qui trouvent des solutions, mais il y a énormément d’hypocrisie derrière le bouclier moral de l’écologie), et que ce film m’a bien conforté dans cette vision (dans le genre je débarque chez toi en te vomissant dessus et je m’appuie sur les autres pour monter mon projet et je t’ordonne de sourire quand je te parle, on en tient une belle). Mais cette empathie globale pour un personnage aussi outrancier et aussi peu réaliste (elle ne prend jamais en considération les enjeux qui l’entourent, croyant que son idéalisme est signe de pureté alors qu’il freine considérablement les choses). Car elle ne veut pas sauver les baleines, non, elle veut prouver quelque chose, que l’écologie, ça réunit le monde et que c’est la Gloire ! Alors que c’est juste de sauver 3 abrutis de mammifères qui se sont peaumés, et pas de régler un problème significatif.

Bref, je n’ai pas vraiment aimé Big Miracle, malgré quelques bonnes qualités qu’il faut lui reconnaître. En l’état, son réalisme et le soin qu’il met à retranscrire les enjeux en font un film intéressant, mais hélas d’une partialité prévisible et hautement agaçante. Pas vraiment pernicieuse (tout est montré), mais qui parasite le déroulement d’un film qui était plutôt objectif, dont l'intérêt reste finalement assez relatif.

 

2,5/6


2012
de Ken Kwapis
avec Kristen Bell, Drew Barrymore

 

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Published by voracinephile - dans Aventure (la mine d'or)
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commentaires

titi70 01/03/2014 12:15

Un très mauvais film qui ne sait pas quoi raconter et ou Drew Barrymore est encore une fois ridicule (comme souvent , j'ai envie de dire).

voracinephile 01/03/2014 14:37



C'est sur que quand on développe le contexte, on montre qu'on n'a pas grand chose à dire. Enfin bon, sans détester le film, on peut clairement s'en dispenser. Tout ça pour ça, quoi...



borat8 26/02/2014 22:03

Ah au fait, maintenant que j'y pense, l'autre jour j'étais à Auchan et je suis tomber sur ça: Princess Protection: Mission Rosalinda avec Selena Gomez et Demi Lovato. Je pense que celui-là tu vas
t'empresser de le voir. ;)

borat8 25/02/2014 23:18

Je me souviens que beaucoup de médias en avaient fait des pataqués à cause du message écolo du film. Au final, tout le monde se contrefout de ce film dorénavant!lol

voracinephile 26/02/2014 20:12



Ah, il avait fait un pataquès... Pour ma part, c'est un pote qui me l'a fait découvrir, sous la mention "film émotionnel"... Je dois dire qu'au rayon animalier, Babe était autrement plus émouvant
(mais il n'y a pas la dimension écologique dans ce dernier, rare sont les films écolos qui ont su rester subtils en s'adressant aux mômes (seul wall-e semble y être parvenu).



borat8 25/02/2014 20:28

Dans le même genre il y avait aussi eu Winter le dauphin avec une queue robotisée.

voracinephile 25/02/2014 22:50



Oh là, on tombe vraiment bas, là... Ce big Miracle a quand même quelques sujets politiques bien sentis qui parlent pour sa défense. Mais cette glorification du sauvetage de simplement 3
mammifères... On manque pas d'estime en soi, chez Green Peace !



borat8 25/02/2014 18:23

Qu'est-ce que ça a l'air niais. ça sent le film sorti d'une usine greenpeace avec le slogan à la fin "venez nous aider à sauver les animaux en contactant le 0852348666!"

voracinephile 25/02/2014 18:30



Oh, ça l'est, Borat ! Salé ! (waow, je m'ipressionne !)


Un film complètement dispensable et bien trop développer pour un fait aussi insignifiant. Mais bon, les petites baleines font fondre le coeur glacé de tout le monde, donc comment pourrait-on dire
non ? XD



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