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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 13:37

http://www.apocalypticmovies.com/movie-index/images/jmovies/img_pictures/miraclemile.jpg

 

Quatre heures du matin, USA, 1986. Ca y est. La troisième guerre mondiale est lancée. La frappe préventive des Etats Unit partira d’ici cinquante minutes. La riposte tombera d’ici une heure trente. Les chefs d’états prennent leurs avions, suivis par les subalternes. Quelques autorités tentent encore de garder l’information secrète, mais les fuites civiles commencent à apparaître. Un technicien voulant joindre son père tombe par hasard sur une cabine téléphonique dans un comté voisin. Un quidam décroche. Commence alors la fin du monde, sur Miracle Mile.

L’histoire : Un musicien recontre l’amour de sa vie, mais rate son rendez-vous nocture suite à une panne de courant. Seul dans le café où il avait rendez-vous, il prend alors un mystérieux appel, lui annonçant que le compte à rebours est lancé, et que les premiers missiles partiront d’ici cinquante minutes.

 

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Difficile de faire plus parano comme scénario. L’holocauste nucléaire, comme ça, en un coup de fil. Le film se révèle hautement perturbant pour la spontanéité des réactions de ses protagonistes. On a affaire à une expérience sociologique des plus crédibles, chaque personnage ayant sa propre réaction, et son propre chemin. Tout commence par le déni de la nouvelle, c’est classique. Mais il y a dans le bar une femme dont le copain est en relation avec des hommes de pouvoirs, qui sont actuellement tous en déplacement, à cette heure même, vers l’hémisphère sud. La paranoïa gagne peu à peu les membres du bar, qui se mettent tous à prendre des directions parallèles. Certains se précipitent vers leur voiture pour aller chercher leurs proches, d’autres entassent les biens de première nécessité qui sont sur place dans un camion, et partent en direction de l’aéroport. Chaque personnage est intéressant, et est vecteur d’intégration du spectateur au drame qui est en train d’arriver. La caméra choisit de se focaliser sur le sort du musicien, qui veut à tout prix chercher sa conquête avant de partir. Il abandonne le groupe avant de voler une voiture et de revenir sur ses pas pour chercher la malheureuse. Mais personne n’étant au courant de l’affaire, il se retrouve bientôt en cavale, et tous ceux à qui il explique la situation finiront tôt ou tard par partir de leur côté, désireux de prévenir leurs proches. C’est une perpétuelle bousculade, contagieuse, qui se propage dans la ville, bientôt relayée par les médias, et qui gagne l’Amérique toute entière. C’est en filmant une rue dévastée par la panique que le spectateur prend conscience de la gravité de la situation, aucun missile nucléaire ne s’étant encore abattu sur le pays. La civilisation a déjà foutu le camp avant le moindre Boum. Et si c’était faux. Et si tout n’était au final qu’un banal canular à la H G Wells ? La civilisation, crevant de trouille, s’effondrant d’elle-même sans point de retour, dévastée par les démons qu’elle s’est elle-même créée. Les acteurs sont particulièrement impliqués dans leurs rôles, et le grand nombre de personnages facilite considérablement l’identification du spectateur à un personnage, tôt où tard. L’étude psychologique est assez fine pour faire ressortir nombre de détails comportementaux, d’impressions qui sonnent juste dans un contexte apocalyptique. Malgré quelques facilités (un type devient complètement marteau en une quinzaine de minutes), l’efficacité de la mise en scène, sa démarche presque documentaire et son sérieux inébranlable (pas une once d’ironie, un anéantissement pur et simple des perspectives d’avenirs de nos héros) se concluant par un final inattendu, qui touche, et qui une fois le générique atteint, aura suffisamment secoué son public pour qu’il en parle, voire qu’il s’y prépare. Y a-t-il tant de films qui flanquent une frousse réelle ?

 

6/6 (c’est trop bien noté, mais il me tient vraiment à cœur)

1989
de Steve De Jarnatt
avec Anthony Edwards, Mare Winningham

 

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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