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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 09:58

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Avec Mirrormask, nous avons un magnifique exemple de ce qu’est l’inverse de Au-delà de nos rêves. C’est même en dessous d’un Imaginaerum (fresque complètement figée et anti-divertissante, mais à l’esthétique soignée malgré l’usage du numérique), car il n’y a même plus cette esthétique léchée qui faisait le charme visuel du film de Nightwish. Tout est laid, difforme, inhumain… Le parfait exemple du rêve d’enfant imaginé par un adulte incapable de trouver une atmosphère…

L’histoire : Helena, jeune jongleuse de 15 ans, travaille dans un cirque avec ses parents. Alors que sa mère est hospitalisée, la jeune fille réagit mal à la situation avec son père. Un soir, alors qu’elle se promène dans son immeuble, elle se retrouve propulser dans un monde fantasmagorique où une reine noire corrompt tout à l’aide d’une substance noire tentaculaire.

 

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Bon, le pitch est gentiment intriguant. Mais le film est inhumain, intégralement. Si quelques secondes du film font vaguement illusion (un regard de la mère sur son lit d’hôpital, un regard de tristesse d’Helena pendant que son père gâche un moment important au téléphone…), l’intégralité des sentiments des acteurs échoue à émouvoir, et donc à faire pénétrer le spectateur dans l’univers dévoilé. Les enjeux sont d’une telle insipidité, les personnages sont tellement clichés et les situations tellement convenues que Mirrormask en devient un supplice de patience. Et ce mal n’est pas nouveau, c’est le parfait exemple du trip foiré, tellement léger et mal pensé qu’il en rate absolument tout, de son esthétique à ses thématiques. Rien n’est authentique, tout sent le toc, comme si la légèreté de l’ensemble était sensée être divertissante. On passe au visuel, qui se révèle être un choc… dans le mauvais sens du terme. L’univers de mirrormask est incroyablement laid, dans son intégralité. Même Kaena, essai assez moyen de notre hexagone, le surpasse. Il y a toutefois une explication à cela : l’ensemble du budget est de 4 millions de dollars. Réussir à créer un monde fantastique pour 4 millions, faut pas s’étonner de voir des animations aussi laides et des séquences aussi gênantes devant les fonds verts. Malgré quelques décors léchés, les personnages numériques sont très laids (les singes-oiseaux…) et on n’est finalement pas très étonné du manque d’inspiration (une bibliothèque où les livres volent, waow ! Une méchante reine noire et une gentille reine blanche, merde !) de l’ensemble. Malgré l’alibi de son maigre budget, rien n’excuse la platitude de Mirrormask, jusque dans sa structure, qui s’apparente au Silent Hill tout public du pauvre. Même si Silent Hill était peu efficace en termes d’implications émotionnelle, la beauté de ses décors et de ses ambiances torturées le rendait fascinant. Avec Mirrormask, en plus d’une quête dont on se fout, on cherche donc les indices qui mènent au masque, en traversant un tas de lieux un peu sombres mais pas trop, des trucs urbains un peu rouillés, mais pas trop glauques pour ne pas effrayer les plus jeunes. Il ne ressort rien de ces ambiances, qui ne prennent tout simplement pas. On ajoute à cela un jeu d’acteur relativement peu impliqué, des visions à la limite du non sens (l’héroïne, corrompue par la reine noire, se transforme en gothique lolita avec des lentilles) et un rythme si mou (les fans du deus ex machina de Hunger games aimeront, il y en a tout le temps ici) qu’entre le sommeil et la lassitude, le sort de Mirrormask est définitivement scellé. Dave McKean a bradé son rêve pour 4 millions, ne parvenant à en tirer qu’une fresque moche et sans âme, qui ne s’attire notre indulgence que pour ses ambitions gargantuesques et le résultat obtenu par rapport au budget (l’équipe technique a indéniablement tenté de sauver le projet). Un gros gâchis…

 

1/6


2005
de Dave McKean
avec Stephanie Leonidas, Gina McKee

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Published by voracinephile - dans OFNI (m'as tu vu )
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