Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 12:24

http://images.fan-de-cinema.com/affiches/aventures/moby_dick,1.jpg

 

Attention, chef d’œuvre en vue. Moby Dick, fleuron du grand cinéma des années 50, est l’adaptation d’un roman de Herman Melville, dont le script prévu pour l’écran a été retouché par Ray Bradbury. A cheval sur la reconstitution d’époque, l’étude de caractère et le grand récit d’aventure, aussi bien humaine que dans l’action, Moby Dick impressionne, d’un bout à l’autre, et n’a toujours pas pris une ride. Un plaisir toujours prompt à ravir le cinéphile.

L’histoire : Un matelot, Ishmael, s’engage sur le baleinier du capitaine Acab, un vieux marin dont la réputation est entâchée d’une rumeur de malédiction. Au moment du départ en mer, un mendiant nommée Elie fait une prédiction. Commence alors le voyage de capitaine Acab, bien décidé à harponner la plus grande baleine jamais aperçue.

 

http://parentpreviews.com/legacy-pics/moby-dick.jpg

 

Immédiatement, le grand vent de classicisme de la mise en scène souffle dans les décors grandioses de cette fresque retraçant la grande époque des baleiniers (du temps où Green Peace ne venait pas leur jeter des bacs de sang dessus). L’ouverture témoigne déjà de la volonté d’intemporalité du film en nous faisant part d’une petite réflexion sur le pouvoir magnétique de l’eau, qui attire irrésistiblement les hommes vers la mer (ah, le tourisme balnéaire…). Ici, nous nous embringuons dans une histoire de marins, le genre qui boivent du rhum et chantent des chansons pittoresques pour se donner du cœur à l’ouvrage. Une ambiance immédiatement sympathique, dont le potentiel distrayant ne cesse de croître par l’utilisation d’excellents dialogues (« Mieux vaut dormir avec un cannibale à jeun qu’un chrétien ivre… ») et un humour d’excellente tenue (l’embauche du cannibale). Si le film se révèle un peu grandiloquent dans l’évocation de ses métaphores (autant la chapelle des marins est une réussite, autant le discours du prêtre, assez puissant, finit sur une note incertaine (on était dans la métaphore divine, le pardon des péchés, qui devient un discours sur la vérité, puis une défense de ceux qui se dressent contre l’Autorité des hommes si c’est pour la Vérité ?), on cerne immédiatement l’allégorie de la soif de vengeance d’Acab, qui secrètement se dresserait devant Dieu lui-même si il le pouvait. L’étude de caractère se situe essentiellement à ce niveau là, suivant un homme brisé (Gregory Peck, mémorable) se dédiant tout entier à la consommation de sa vengeance. Au point d’avoir réussi à cartographier les déplacements des groupes de baleines, mais de ne l’exploiter que pour traquer Moby Dick, baleine responsable de plusieurs naufrages. L’interprétation de Peck, jouant beaucoup sur l’expressivité passive du personnage (digne d’un Sweeney Todd dans le regard, avec sa cicatrice et sa mèche blanche), est parfaite, on croit dans ce capitaine dont les objectifs divergent peu à peu de ceux de son équipage et qui les emmène vers un affrontement final titanesque. Autant dire que pour un film de cette ampleur, les effets spéciaux se révèlent être d’un excellent niveau. Seuls ceux qui ont l’œil un peu exercé verront qu’il s’agit de maquettes, notamment pour l’impressionnante scène de harponnage des cétacés. L’apparition finale de Moby Dick, un peu grandiloquente elle aussi (une baleine doit avoir quelques difficultés pour faire de tels bonds hors de l’eau) trahit un petit peu les trucages, mais le résultat reste largement efficace pour les ambitions et l’époque. La prophétie se vérifie, et tout ce que le récit a mis en branle trouve une conclusion à la hauteur de nos attentes. Masterpiece d’un peu moins de 2 heures, Moby Dick est bien l’ancêtre des dents de la mer, dont le charme et la puissance n’ont pas été érodés par le temps. Indispensable.

 

6/6


1956
de John Huston
avec Gregory Peck, Richard Basehart

 

 

et bientôt...

http://cinemaknifefight.files.wordpress.com/2011/05/moby-dick-2010.jpg

Partager cet article

Repost 0
Published by voracinephile - dans Aventure (la mine d'or)
commenter cet article

commentaires

Vince12 01/06/2013 01:01

j'irai voir ça promis

Vince12 31/05/2013 22:01

Il me l'a dit "je suis plus jeune", cela dit il se porte bien pour son âge entre Cannibal Holocaust, Salo, A Serbian Film et les Nekromantiks il en a vu qui dépassent le trash ludique.
Pour POAK c'est ça en effet. D'ailleurs je me plais à penser que Iskanov, à l'image de l'histoire du film ou des scientifiques expérimentent des trucs atroces sur des sujets humains, expérimente
des trucs atroces avec sur le spectateur avec son ciné justement expérimental. Donc pour moi c'est la quintessence du film extrême mais aussi du film expérimental.
Bien sur qu'objectivement qu'on pourrait lui reprocher sa longueur, mais perso j'arrive pas, j’adhère complet, le gars va jusqu'au bout il est à fond dans son truc et durant ces 4H30 je suis resté
bouche bée devant l'horreur humaines et un climat incroyablement glacial glauque et OFNI.

C'est donc bien ce qui me semblait pour Regore...... truc machin chose qui doit être également réalisé par machin Lucifer ;)

voracinephile 31/05/2013 23:38



Pour Regoregitated Sacrifice, je t'invite à relire ma chronique sur le film, je pense que tu riras beaucoup, car les bases du screamerclauzisme y sont (avec notamment Lucifer Valentine qui se
prend pour Satan à la fin en se foutant un poulpe sur la tête, j'en ris encore (genre le poissonnier démoniaque "Waaaaaa je mange du thon et il est même pas cuit ! Je suis Sataaaaan !"))



Vince12 31/05/2013 07:53

"Tu sais à mon âge j'ai besoin d'avoir une stabilité même dans le cinéma" qui me dit, stabilité gore et trash tant que ce n'est pas trop sérieux.
Tout comme toi moi aussi je recherche des trucs qui mettent mal à l'aise. Je pense que pour le moment POAK est mon sommet pour son réalisme cru.
Pour Regoregitated les extraits m'avait déjà fait rire. Pourquoi pas le film en entier, c'est la même série que Slaugtered vomit dolls non ?

voracinephile 31/05/2013 14:29



^^ Grand père, va ! Il a le coeur trop sensible pour y aller à fond... Conseille lui les films allemands alors, il devrait y trouver son bonheur (Schnaas, notre héros...). POAK est la
quintescence de l'extrême, celà dit, la durée est le plus gros reproche qu'on peut lui faire (moi, j'adhère à l'ambiance, mais ce n'est pas un récit qui avance beaucoup).


Regoregitated est l'opus n°2 des vomitgore, soit la "suite" de Slaugtered vomit doll, même si les films n'ont pas de liens entre eux. Les ingrédients sont les même, avec plus de gore et quelques
jolis plans, quand même. Le 3ème est le plus mauvais de la saga à ce qu'il paraît, c'est lui que je cherche à voir maintenant...



Vince12 30/05/2013 23:08

Non l'estomac est bien rodé c'est plutôt pour le viscéral POAK. C'est comme quand on parlait de Noé, il a vraiment du mal avec ses films , qui ne sont pas forcémment les plus trash mais qui
s’inscrivent dans une réalité terrifiante.
Pour Regoregitated sacrifice j'avais seulement vu des extraits lol !

voracinephile 30/05/2013 23:49



Ah, trop douloureux pour ce à quoi il touche niveau humanité... Effectivement, c'est un point de vue (personnellement, c'est ce que je recherche dans l'extrême de préférence, et ça me semble être
le principal intérêt, pour peu que ça en vaille la peine).


Regoregitated sort de cette recherche d'ailleurs, c'est du gore complètement immoral, et satanique dans l'idée, mais involontairement drôle à la longue... Vois le en entier, tu en riras
probablement (même si screamerclauz nage au dessus)...



Vince12 29/05/2013 18:02

je te fait ça, là je viens de voir mon imitateur de Kinski. Un mec très intéressant niveau musique et ciné mais avec des goûts douteux (il prétend que le suite d'Henry Portrait d'un serial Killer
est mieux que le premier ! Et il est fan de Deodato). Très branché trash comme je te l'avais déjà dit, je lui ai prêter la trilogie de la mort, Salon Kitty et grotesque. J'ai essayé de le brancher
sur POAK mais après que je lui ai visionné l'intro il se sentait pas pas de voir un truc aussi hardcore.

voracinephile 30/05/2013 22:38



Henry portrait d'un psychopathe 2, c'est vraiment du goût douteux en effet (c'est presque pire qu'American Psycho II). Fan de Deodatto en revanche, ça peut se défendre. A défaut d'être bons
beaucoup de ses films sont sympathiques ou involontairement drôles (The barbarians, mais quel morceau !). Impressionné par POAK ! Mais c'est qu'on a vite atteint les limites de l'estomac de ce
gaillard ! Va falloir surenchérir avec Regoregitated sacrifice (que je te conseille au passage, ça doit être le film de chevet de notre Jimmy ^^)



Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche