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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 12:55

affiche-francaise-moi-christiane-f-13-ans-droguee-prostitue.jpg

 

Sur le thème de l’addiction aux drogues, Requiem for a dream fait figure de référence incontournable, dépeignant avec une amoralité crue le parcours de quatre personnes, chacune accros à un type de drogue. Cependant, d’autres sont allés plus loin dans la peinture glauque de l’addiction. Le film allemand Moi, Christiane, 13 ans, droguée, prostituée est d’une autre trempe, moins dramatisé (la musique faisait beaucoup dans Requiem) mais beaucoup plus réaliste, captant du même coup une certaine authenticité dans son portrait d’une jeunesse junkie condamnée à se prostituer pour pouvoir avec son fixe de l’heure. Cruel, mais sonnant terriblement juste.

L’histoire : Christiane, 13 ans, sort en boîte pour la première fois avec sa meilleure amie. Elle y teste son premier shoot et rencontre un jeune garçon, qu’elle tente de revoir le lendemain.

 

http://nerdalors.fr/wp-content/uploads/2011/06/Moi-Christiane-F.-..13-ans-drogu%C3%A9e-et-prostitu%C3%A9e3.jpg


Avec une lumière blanche crue et une prédominance de noir dans bien des scènes, le film est sombre jusque dans sa photographie. C’est simple : on sent tout de suite la patte du film allemand trash tourné en pellicule. Et celui-ci part sur des bases terriblement réalistes. Avec une vie de famille plutôt tendue, Christiane est isolée dès le début du film, et ne vivra qu’avec les fréquentations qu’elle découvrira par elle-même : des jeunes d’une boîte de nuit branchée, tous accrocs aux drogues dures. S’ensuivront des concessions de plus en plus importantes de la part de Christiane, qui se plonge peu à peu dans le monde de la défonce pour « être sur la même longueur d’onde » que celui qu’elle aime. Une descente aux enfers qui n’en finit pas de descendre, abattant ses bonnes cartes (vol, prostitution) aux bons moments. L’intrigue évolue sans cesse et prend à la gorge, surtout quand on a déjà pu avoir vent de situations équivalentes (l’excellent Amsterdam Zombie de Cizia Ziké, bouquin encore plus trash que ce film). Climat dur, protagoniste s’imposant une prostitution afin d’aider financièrement son petit copain (qui restera toujours concentré sur ses rentrées d’argent pour acheter sa came), décors puant presque au travers de l’écran, la crasse qui imprègne le film s’accumule sans arrêt, à force de situations jamais exagérées, mais toujours aussi révoltantes. Sans spoiler la fin, on retiendra du film qu’il est un hommage, et une reconstitution du milieu brillamment réussie, tant son immersion est profonde et sans espoir (le pire/meilleur passage étant la tentative d’arrêt, une scène particulièrement gerbante). Un drame qui réussit avec peu de moyens à nous emmener aussi loin, c’est trop rare pour être ignoré.

 

5/6

 

1981
de Uli Edel
avec Natja Brunckhorst, Thomas Haustein

 

http://storage.canalblog.com/28/05/847944/68089144.jpg

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commentaires

Alice In Oliver 06/10/2011 22:46


Pour mORE, en tout cas, tu ne seras pas le seul à t'en mordre les dents ! Autre choc pour ma part dernièrement, mais rien à voir avec ken park et More: scrapbook !


Alice In Oliver 06/10/2011 22:07


et bien, hâte d'avoir ton avis sur Ken Park. Pour More, attends toi à recevoir un énorme uppercut !


voracinephile 06/10/2011 22:41



Je m'en mord déjà les dents... Pour Ken Park, c'est effectivement un drame social assez cru (m'attendais pas à des acteurs aussi impliqués dans leurs rôles). J'avais déjà vu Kids du même
réalisateur, mais là, on est un cran au dessus.



Alice In Oliver 06/10/2011 18:47


excellent film: l'un des meilleurs du genre ! Je te recommande également More de barbet Schroeder


voracinephile 06/10/2011 20:27



Oho, merci du renseignement ! Je chercherai More. Merci de l'avoir chroniqué quelques semaines plus tôt. J'ai aussi noté Ken Park dans le genre jeunesse brisée, je chroniquerai ça prochainement.



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