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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 19:31

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Dans la classe des séries B d’horreur, il en est une qui a laissé un souvenir mitigé : Motel. Encensé par Mad Movies lors de sa sortie, le film a plu, a déçu, devant composer avec des acteurs moyens et quelques partis pris classiques dans le genre horrorifique. Mais malgré ses quelques défauts, l’ensemble se révélait solide, cohérent et capable de faire poindre l’angoisse pendant quelques séquences bien senties. Dans un contexte où le torture porn s’est implanté et règne en maître (on nageait en plein dans les Saw), Motel est la preuve que certains s’intéressaient encore à la peur, annonçant l’arrivée du notable The Strangers.

L’histoire : un couple peaumé dans la cambrousse se voit obligé, suite à une panne de voiture, de louer une chambre au motel du coin. Mais rapidement après leur arrivée, ils sont dérangés par des intrus discrets qui s’amusent à les effrayer…

 

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Certes, Motel ne joue pas sur l’esbrouffe. On sait déjà que les choses vont mal tourner, la bande annonce est assez claire là-dessus. Mais si le pitch se révèle sans surprise, le traitement du sujet ne manque pas de savoir-faire. Nimrod Antal est un réalisateur compétant, et c’est bien avec Motel qu’on peut juger de sa capacité à réaliser un spectacle sérieux sans le moindre humour, et sans sacrifier ses protagonistes sur l’autel du divertissement malsain. Déjà, point d’introduction malsaine. Simplement un générique hitchcockien magnifique qui pose immédiatement une ambiance tendue, quelque peu désamorcée par le quart d’heure qui suit. En effet, la présentation du couple qui bat de l’aile peine à garder le rythme du générique, et nous érige quelques clichés. Mais même si les personnages sont des clichés, le script prend la peine de les étoffer, de leur donner une contenance et un passé, le tout avec un certain tact qui les rend crédible à défaut d’être attachant. Puis arrive la confrontation avec le tenancier du fameux Motel en question. Si le dialogue entre les personnage manque un peu de panache, la clôture de la scène avec les cris en hors champ parvient néanmoins à faire un poil grimper la pression (ou à défaut à faire patienter en sachant que les choses ont déjà dérapées pour certains). Mais c’est véritablement dans la chambre que les procédés de peur vont être efficacement gérés. Si la première manifestation agressive (des coups contre les murs et la porte) ne fait absolument pas évoluer la situation, la découverte des cassettes vidéos permet à elle seule de déclencher le mécanisme de peur que le film recherchait. Le spectateur est bloqué dans la pièce avec notre couple, entouré d’un nombre indéterminé d’agresseurs, qui s’amusent à filmer leurs exploits meurtriers. Et en respectant un schéma de peur toujours semblable : des coups sur les murs avant de pénétrer dans la chambre pour mettre à mort les occupants. La présence de caméra par les conduites d’aérations est la preuve, le spectateur se retrouve alors plongé jusqu’au coup dans le bourbier du snuff qu’est devenu le motel. Ainsi, jusqu’à la fin de la première heure, la tension est parfaitement palpable, les mécanismes de peur sont bien gérés, et les rares sorties en dehors de la chambre sont des climax de trouille. Les quelques pannes de courant occasionneront elles aussi quelques sursauts (notamment quand on se rendra compte que les meurtriers ne passent pas par les portes). Mais à la découverte du tunnel, l’histoire faiblit. Si le huis clos était réussi, cet élargissement du terrain n’est pas bien amené. Et notre couple commence alors à voyager de pièce en pièce, cherchant un téléphone pour appeler encore de l’aide (l’intervention du policier sera un sympathique mais prévisible rebondissement) et des armes pour se défendre. Si nos meurtriers se rendent bientôt compte que nos victimes sont en vadrouille, le suspense est moins bien géré, nos personnages ne cessant de se déplacer pour feinter nos assaillants. Sommet de convention : la scène du baiser avant que notre mari tente une action suicide en laissant sa femme planquée dans le grenier. Cette scène est en effet une grosse déception dans le film (et elle doit être la cause d’un certain mépris envers lui) : on sait ce qu’il va se passer dès l’instant où il touche la poignée de la porte. Mais passé sa mise à mort pour le moins attendue, la tentative ultime du lendemain de la demoiselle pour fuir se révèle tenir ses promesses. Le dénouement, plutôt court et rythmé, nous offre quelques cascades et jolis maquillages qui viennent conclure l’exercice, qui à défaut d’épater assurent le spectacle. Pas vraiment de génie dans Motel, mais un sens certain de la gestion de la peur, qui faiblit parfois quand le climat change, mais qui se révèle en tout cas mieux foutu que nombre de films reprenant les mêmes ingrédients. L’ambiance est en tout cas le point fort du film, la partie huis-clos réussissant largement à tenir ses promesses. Un avant goût sympathique de ce que sera The Strangers, un des home invasion les plus stressants de la décennie 2000 qui utilisera des mécanismes de peur similaires à ceux de Motel. L’examen d’entrée aux States de Nimrod est réussi !

 

4/6

 

2007
de Nimrod Antal
avec Kate Beckinsale, Luke Wilson

 

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commentaires

Punisher-28 23/05/2012 01:09

Il faut bien souligner le "dans mes souvenirs" quand j'aborde Motel 2 ^^. Tout ce dont je suis sur c'est que j'ai vu bien pire pour une suite en DTV, je le reverré à l'ocasion pour confirmer ou
infirmer mes propos. C'est clair qu'on a eu quelques beaux morceaux dans le genre "home invasion" derniérement tels que The Strangers, La derniére maison sur la gauche et Mother's Day mais il
important de souligner que contrairement à ces exemples Motel beneficie d'un scénario original (il ne s'agit pas d'un remake officiel ou officieux).

voracinephile 23/05/2012 16:04



La dernière maison sur la gauche remake était une petite tuerie en effet, qui délestait le film de Craven de toutes ses fautes de goûts pour en tirer la moelle du résonnement qu'il suivait. Quant
à Mother's day, une belle baffe qui vaut largement l'achat du DVD (Darren Lin Bousman m'a surpris, pratiquement aucune resucée de Saw, et de vrais sentiments pour les personnages). Clair que
Motel a l'originalité pour lui, mais le coup du tunnel reste un poil abusé. En tout cas, il reste une sympathique démonstration des compétences de l'équipe du tournage.



2flicsamiami 22/05/2012 11:36

Effectivement, Un bon film qui à pris un peu à rebrousse poil les attentes en ne misant pas sur le gore (il y a d'ailleurs très peu d'effusion sanglante).

voracinephile 22/05/2012 13:56



Cette certaine pudeur sur la violence voulait rendre la mort des personnages plus effrayante, plus réaliste, mais malheureusement, ce n'est pas vraiment ça qui l'a aidé à devenir efficace. Du
coup, si la barre du rythme monte parfois, elle reste stationnaires pendant quelques tunnels "mécaniques" (on passe d'une chambre à l'autre...). Loin d'être infâmant, mais les références de
l'années 2000 seront les concurrants du film...



alice in oliver 22/05/2012 09:44

mouaif... Bof... Bah franchement, je ne vois pas ce que je peux dire de plus sur ce film que l'on rangera dans la catégorie "aussitôt vu, aussitôt oublié"

voracinephile 22/05/2012 13:36



^^ Je savais qu'il ne t'avait pas marqué, celui-là. Clair qu'il n'est pas sorti à une période très propice (avec du torture porn jaillissant de partout, le film beucoup moins épicé passe pour une
série B fadasse), mais si il commet quelques bourdes, il réserve quelques beaux moments. L'ambiance parvient à être efficace (sans trop singer les productions actuelles) et les acteurs sont
supportables. C'est clair qu'il est loin d'être inoubliable, mais la mise en scène parvient à trouver une certaine efficacité...



Punisher-28 22/05/2012 00:30

J'avoue avoir beaucoup aimé, peu original certes mais trés bien mis en scéne et franchement stressant par moments. La suite (en réalité une préquelle) est dans mes souvenirs plûtot convaicante
(trés proche du 1er mais avec + de personnages, ce qui donne une ambiance assez différente). J'ai également apprécier The Strangers même si il avait tendance à trop ressembler à Ils, de sorte à ce
que je me demande si il ne s'agit pas d'un remake.

voracinephile 22/05/2012 13:23



Ah, les gens qui l'ont aimé sont rares ! Je vois que nous avons tous deux apprécié la mise en scène efficace de Antal, qui fait de gros efforts pour se démarquer de la concurrence Saw Hostel et
tout le tremblement. Des efforts qui n'ont hélas pas vraiment payé, le film manquant parfois de scènes impressionnantes. Mais au niveau de la tension, le tout réserve parfois de beaux petits
moments de suspense.


Pour la suite, tu es la première personne à m'en dire du bien. J'ai entendu les pires horreurs à son sujet, donc j'ai toujours été frileux pour la découvrir. On ne sait jamais, Motel 1 n'ayant
pas été un franc succès (peut être que la mauvaise foi du public est ééénorme, mais on ne le dira pas), mais je pars avec des à-prioris...


J'aborderai bientôt The Strangers, très bon home invasion qui ne joue pas vraiment sur le gore traumatisant mais aussi sur beaucoup de mécanismes de peurs, certains parfaitement maîtrisés. En
tout cas, je trouve The Strangers très supérieur à Ils, film qui m'a fait baillé d'ennui malgré de bonnes idées par moments. Il faut montrer la menace, sinon, ça devient ridicule (c'est comme si
on se mettait à fuir si il y avait un bruit étrange dans les toilettes)...



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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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