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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 06:49

mysterious-skin.jpg

Interdit aux moins de 16 ans

 

Gregg Araki ne fait pas l’unanimité, loin de là. Son récent Kaboom, totalement barré et prenant le sexe comme moyen d’expression des étudiants, a pas mal divisé l’opinion, mais était en tout cas assez chiadé visuellement. Mysterious Skin, c’est bien différent, puisque si on parle à nouveau de sexualité, on a un discours beaucoup plus sérieux, au contexte érotique particulièrement fort, mais qui est loin d’être innocent. Regard sur un film particulièrement osé sur son thème, limite transgressif sur les bords.

L’histoire : Brian voit son enfance marquée par deux zones d’ombre, qu’il n’arrive pas à éclaircir. Pendant ce temps, Neil, un autre jeune garçon, entretient une relation sexuelle avec son entraineur de sport, et plus tard, il abandonne ses études pour vivre de sa prostitution.

 

http://soberingconclusion.com/movies/wp-content/uploads/2007/04/mysterious-skin.jpg


Oui, dans ce film, on parle de pédophilie, et vue sous un angle où le mineur est parfaitement consentant, allant jusqu’à ramener des camarades de jeu pour les séances qu’il s’organise avec son entraîneur de base ball. La scène d’introduction, presque onirique et agréable, prendra vite une autre teinte quand on aura identifié à quel moment elle a lieu. Ce qui peut choquer, c’est l’angle par lequel l’histoire de Neil est prise, à savoir qu’il n’y a, sur l’instant, pas de condamnation (et le pédophile ne sera jamais inquiété par une quelconque délation). Si votre morale peut supporter cela pendant une petite demi heure, on s’intéresse après à ce que les adolescents sont devenu. Neil vit en se prostituant dans sa petite ville, utilisant son corps séduisant comme atout. Car Neil est vraiment séduisant, et les premières séances qui nous seront proposées n’auront jamais de ton moralisateur. C’est amoral, sans aseptiser le côté sex symbol du jeune homme (précisons qu’on ne voit jamais rien de plus que du suggéré). Les étudiants de l’histoire sont indubitablement pensé pour être sexualisés et crédibles (on pourrait les côtoyer sans problèmes), dans leur attitude, dans leur tenue vestimentaire… Charlie est le branché gothique tendance bi, Wendy est elle aussi plutôt sulfureuse sans laisser tomber ses vêtements… Bref, le ton du film peut sembler complaisant dans ses débuts, mais le ton se durcit radicalement sur la fin, en montrant la déchéance progressive du parcours de Neil, qui va rencontrer des gens totalement différents à New York, et qui finira assez violemment sa carrière. Une déchéance qui n’est pas sans rappeler un certain Requiem for a Dream, en moins efficace cependant, le choc de la pédophilie acceptée étant plus grand en début de film. Parallèlement à cela, Brian cherche l’explication de ses blancs dans son esprit, en pensant d’abord avoir été victime d’un enlèvement d’extra-terrestre. Le problème, c’est que ces évènements coïncident trop bien avec le passé de Neil, et qu’au moment où il commence sa quête, nous avons déjà deviné quel était la cause de son trauma. Et Gregg Araki se plante vraiment sur ce terrain, puisqu’il ne fait que faire durer cette histoire, retardant sans cesse son dénouement, qui n’a pas tant d’ampleur que ça (certes, on a un peu la gorge nouée par les descriptions qui nous sont faites, mais c’est une pâle copie de ce qu’on a pu ressentir en début de film). Au final, ce qui faisait la fraîcheur du récit (la sexualité présente chez chaque personnage à l’exception de Brian) en prend pour son matricule dans ce dernier acte, ce qui laisse un arrière goût bizarre à ce film imprévisible, violent dans les thèmes qu’il aborde, mais qui a du mal à faire tenir son histoire sur la longueur. Petit salut aux nombreux caméos du film, qui rassemblent quelques seconds couteaux savoureux du cinéma. Un drame inattendu, sexy et abordant sans tabou la sexualité enfantine et étudiante. Recommandable, mais ça secoue un peu tout de même.

 

4/6

 

de Gregg Araki
avec Brady Corbet, Joseph Gordon-Levitt

 

http://www.cinedouard.com/wp-content/uploads/mysterious-skin-2.jpg

                     Neil                                                            Charlie                       Wendy

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commentaires

Nico 17/03/2013 14:24

Salut, je cherchais des avis concernant ce film que j'ai vu et je suis tombé sur ce blog. Je me permet une rectification car je pense que vous n'avez pas tout à fait compris le film.
Neil est faussement consentant.
Neil est un petit garçon qui a des sentiments amoureux et des attirances sexuelles envers son coach mais ce sont des sentiments et des attirances d'enfant. L'enfant a une fantasmatique, cependant
lorsqu'elle se confronte à la sexualité adulte elle n'est pas compatible et c'est là que l'enfant est abîmé.
Il y a un détail très important, peut-être que bon nombre de spectateurs seront passés à côté : Dans la scène où l'entraineur abuse pour la première fois de Neil, c'est à dire la scène du baisé,
Neil évoque la destruction. Il regarde les céréales qui gisent au sol et les compare à un kaleidoscope brisé.
Je pense que ce que Arakki a voulu évoquer, c'est l'instant où l'enfance a été brisé, d'ailleurs le regard de l'enfant est terrible, entre reproche, dégoût et détresse.

Bon enfin, c'est en tout cas ce que j'en ai compris de l'histoire...

voracinephile 17/03/2013 22:10



Bonjour Nico ! Merci pour ce commentaire. Je revois en effet assez bien la scène en question, avec toutes ces céréales, et je comprends donc cette métaphore, qui viendrait atténuer le côté trash
de toute cette partie du film. Je m'étais beaucoup focalisé sur cette "complicité" malsaine entre l'entraîneur et l'enfant, prenant à rebrousse poil tous les drames qui abordent ce sujet. Ici,
cette métaphore viendrait nous remettre un peu dans les "canons" de cette thématique. Mais le fait qu'après cela, Neil ramène un de ses camarades chez le coach m'avait beaucoup choqué, et avait
fait définitivement penché la balance vers la complicité de Neil avec son coach, qu'il aime. Le côté sexuel de cet amour n'était surement pas envisagé par Neil, mais je pense qu'il y a une
certaine "connivence" entre lui et son coach après cela. Je vois assez bien le liens entre les céréales sur le sol et l'enfance brisée, mais pour le reste, le film va dans le trash sans nous
ménager et suit le destin des personnages. Après, je trouve que le film a des problèmes de script (les OVNIs ?) et qu'il est un peu stérile au niveau moral (les personnes brisées continuent de
l'être pendant leur vie...), mais cet essai de relation pédophile "consentie" est une intéressante tentative.



Ze Ring 28/06/2011 18:20


"va falloir que tu rattrapes l'effet papillon dès ce soir, c'est un des indispensables du film fantastique"

Je ne pensais pas que tu aimais ce film!!
Pour ma part ca m'a un peu saoulé... C'est sympa mais ca n'est certainement pas un indispensable du genre à mes yeux.


voracinephile 28/06/2011 18:40



Je ne l'adores pas, mais il est quand même sur tous les topics, et le monde entier l'a déjà vu. Ce n'est certes pas un des meilleurs, mais c'est un film grand public plutôt populaire, qui n'est
pas si mal sur son thème (le seule grosse ficelle étant le moment où il butte le frère de sa copine à la batte, une chose un peu téléphonée pour faire tourner mal les choses). Mais après, c'est
pas mal exploité, comme concept, et sa popularité n'est pas démentie. Faut p'têt commencer par là avant de se frotter à Triangle ou Time crimes.



Marie-Laure 28/06/2011 15:43


Beuh,je vais encore faire des cauchemars:(
J'ai interet a le voir avec mon pititome a coté de moi:)
Je sais pas si david l'a dans sa dvdtheque par contre,au pire,je lui pique:)


voracinephile 28/06/2011 16:06



Pas du tout, il fait pas peur !


Regarde le avec la fin non censurée par contre.


David l'a probablement, c'est un indispensable des collections de dvds !



Marie-Laure 28/06/2011 14:56


Je pense que tu as du comprendre que c'etait moi;)
Je suis avec le compte a david et c'est son pseudo qui etait enregistré,faut pas rever,il est toujours indisponible cette andouille anti Jared Leto:D
Pas vu l'effet papillon par contre.


voracinephile 28/06/2011 15:27



Oui oui, je me doutais bien qu'il y avait de fortes chances pour que tu ais répondu sous le nom de duncan.


En revanche, va falloir que tu rattrapes l'effet papillon dès ce soir, c'est un des indispensables du film fantastique. Mais laisse tomber ses suites qui craignent (quoique le 3 est sympa).



ducan 28/06/2011 14:41


Je deteste les films qui parle de pedophilie,j'ai deja eu du mal avec Mystic River qui en parle 10 secondes:)
Et puis quand je lis qu'au debut du film il y a une partouze avec des ados et un adulte,a moins que j'ai mal compris la phrase,ce qui m'etonnerait.


voracinephile 28/06/2011 14:49



Ah, c'est sûr que si tu as du mal avec le thème, Mysterious skin risque vraiment de ne pas passer. Et puis, je reprécise qu'au début du film, par mineur, je veux dire enfant de moins de 10 ans
(ce qui renforce la claque qu'on se prend). Donc oui, il y a des plans à trois avec des gosses et un adultes, sans qu'il y ait jamais rien d'explicite (c'est déjà assez rude comme ça).


Tu as dû avoir un peu du mal aussi avec l'effet papillon, du coup...



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