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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 19:41

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L’un des premiers long métrages d’Andrey Iskanov est Nails. Une sombre histoire tordue qui vit surtout par son postulat de départ assez classique et propice à un film « underground », avant de virer au trip de folie, jouant sur le noir et blanc et les couleurs, ainsi que sur la bande originale qui trouve à nouveau une importance primordiale dans l’œuvre d’Iskanov. Le résultat reste en tout cas jubilatoire, même si le rythme peine parfois quelque peu à avancer.

L’histoire : un tueur au service du gouvernement rentre chez lui après une bonne journée d’exécutions, taraudé par un mal de crâne insidieux. Rien ne parvenant à calmer sa douleur, notre tueur tombe sur un article traitant d’un type s’étant enfoncé des morceaux de métal dans la caboche…

 

http://storage.canalblog.com/12/91/847944/74277584.jpg

 

Comme introduction, nous avons donc un postulat aussi simple que bancal, qui semble annoncer de prime abord un film très expérimental, mais aussi un brin clippesque (le tueur a des mouvements très accélérés, très je-me-la-pète, comme une sorte de Matrix monté en stroboscopique). Mais rapidement, le ton change, virant sur un trip assez étrange : le fait de s’enfoncer des clous dans la tête pour calmer un mal de crâne. Un remède de grand-mère plutôt efficace, mais qui semble chargé d’effets secondaires. En effet, notre tueur, après sa première trépanation maison (un poil lente à se mettre en place) commence à voir le monde en couleur, perturbé par des hallucinations complètement what the fuck, qui jouent beaucoup sur la lumière et les couleurs criardes. Le quotidien de notre héros s’en trouve alors altéré. La nourriture qu’il avait l’habitude de consommer semble n’être constituée que d’ingrédients repoussants (avec prédilection pour la gelée de couleur, histoire d’emballer le tout). Les livres qui avant affichaient du texte se transforment en fouillis coloré indescriptible (en vrai, un bouquin de papiers peints psychédéliques, mais ça le fait sur le coup). En bref, avec ce clou dans la tête, notre tueur a touché quelque chose dans son sub-conscient, et il se met à percevoir une réalité différente. Fissa, il accentue donc le phénomène en se plantant d’autres clous dans la caboche, et en se trépanant un peu au passage avec une perceuse, ce qui nous gratifiera d’une gentille scène gore. Mais tout se corse quand il fera face à une prostituée venant souvent dans son appartement, qu’il voit dès lors comme un monstre menaçant. L’occasion de nous montrer un combat assez allumé en termes visuels, qui nous offrira du gore psychédélique étrange, qui annoncent en tout cas le décalage de la fin, qui place dès lors notre personnage comme un malade mental (on pouvait s’en douter) sans que sa perception d’une autre réalité ne soit niée. En quelque sorte, il est jugé comme fou alors qu’il ne semble pas l’être complètement. Bref, résumé comme cela, c’est linéaire, et pourtant, le film parvient à retranscrire de belles ambiances comme aime chez Iskanov, sans toutefois parvenir à égaler en termes d’intensité les délires de Visions of Suffering, qui allait lui beaucoup plus loin dans ses trips cauchemardeux. Un bel OFNI, mais pas vraiment de quoi crier au génie, POAK se révèlera beaucoup plus passionnant.

 

4.5/6

 

2003

de Andrei Iskanov

avec Andrei Iskanov,alexander shevchenko

 

http://www.filmbizarro.com/screenshots/nails/nails2.jpg

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commentaires

Vince12 06/05/2012 02:27

Oui cette scène est vraiment malsaine. Digne d'un Tobe Hopper sans le déjanté l'humour noir et avec le clinique et le glacial.

Vince12 05/05/2012 14:49

La scène de l'arrachage de dents est très dure mais surement trop longue. mais je trouve que le pire demeure à la fin mais faudrait pas non plus oublier les insectes dans le vagin, scène vraiment
dure aussi. puis le mec dans la neige qui se fait ensuite charcuté à vif.
Oui dans Abyss ça avait scandale. Mais bon à côté de ceux qu'on a cité précédemment ça reste clairement gentillet.

voracinephile 05/05/2012 22:57



Oui, je me souviens de cette scène avec le cafard, et surtout de son extraction, quand les scientifiques épluchent littéralement le crâne de la malheureuse. La scène qui suit, assez grotesque,
m'avais impressionné (le cadavre n'arrêtait pas de bouger et devenait impossible à prendre en photo pour le compte rendu de l'expérience... Digne d'un Tobe Hooper...



Vince12 04/05/2012 14:00

Décidément la violence de POAK a dut te sur charger parce que si après 4 visions tu ne te souviens plus de la fin pourtant horrible lol! Sinon les rats, oui je pense que c'est vrai aussi et je me
souviens également du film de Mattei.

voracinephile 05/05/2012 14:28



Disons que dans la globalité, je me rappelle de ce qu'il se passe en gros à la fin (le démentallement et la fin des différents personnages du film) ainsi que de quelques images (la décompression,
le câble électrique avalé pour l'électrocution...), mais je n'ai pas cherché à tout retenir, les séquences qui m'ont le plus dérangé restent l'arrachage de dents et l'irradiation.


Ces pauvres animaux qu'on oublie de citer car ils jouent dans des films inconnus... Dans un block buster, le seul "mauvais traitement d'animal" (et encore, c'est loin d'être très méchant) dont je
me souvienne reste dans The abyss, avec le rat dans le liquide de respiration (certes, il ne meurt pas, mais il vit une expérience pas très agréable).



Vince12 03/05/2012 13:44

Pour POAK c'est vrai qu'il y'a tellement de truc horrible qu'on finit par ne plus se souvenir de tout (c'est peut être un peu le défaut du film, à force de prendre des coups on sent plus vraiment
la douleur) mais quand même les dernières scènes restent les plus horribles le type gelé disséqué à vif, la femme électrocuté qui se fait arracher la langue puis vivisectionner, l'autre fille
vivisectionné puis électrocutée sur les organes puis la décompression du mec, c'est vraiment les scènes les plus hardcores.
Pour les animaux on a parlé du chat mais je sais pas si les rats affamés sont brûlés pour de vrai eux aussi à la fin ? Une autre scène trash de men behind the sun c'est la décompression du mec qui
"chie" ses organes.
Quant aux bandes sons de Nails et de Visions Of suffering, je sais que youtube en a un peu de VOS mais pour Nails c'est chaud. J'ai essayé de trouver celle de Ingressions j'ai pas troivé non plus.

voracinephile 04/05/2012 11:57



Je me rappelle de l'électrocution d'organe, mais plus vraiment du reste.


J'avais oublié de parler des rats. Il me semble clair que ce sont de vrais rats aspergés d'essences qui crament. Vu qu'ils s'étaient déjà sali les mains, ils n'ont pas hésité. En revanche,
personne ne parle des Rats de manhattan des des centaines de rats que Bruno Mattéi a tué pour faire ses scènes. Les pauvres bêtes sacrifiées sur l'autel du nanar sidéral...


Merci pour le tuyau youtube, j'irai chercher par là. Pour le reste, les recherches continuent...



Vince12 03/05/2012 08:22

D'abord tu n'as pas tort pour le terme Vivisection puisque ce la signifie "dissection à vif" il est certes endormi mais bien vivant. Mais oui dans POAK si au début (dans l'une des première scènes
on endort la femme (qui ressent quand même de la douleur) à la fin quand on charcute on endort même plus! Sinon pour le chat le fait que quelqu'un qui soutient Deodato, comme toi, le désapprouve,
prouve bien qu'elle est horrible. Comme je disais la tortue et le singe ont été décapités avant d'être charcutés. Après on en revient au même point Men behind the Sun n'a jamais été un bon film
(sans être très mauvais) mais aujourd'hui en plus il souffre de la comparaison avec le film d'Iskanov. En plus d'être ultra gore POAK dispose surtout d'un climat très lourd, vraiment dérangeant,
destabilisant, clinique, glacial. Quand à la BO de Shevchenko (je ne sais pas toi mais moi je ne me lasse pas de l'écouter en boucle) elle est vraiment stressante, tétanisante, ultra violente et
semble venir d'une autre galaxie.

voracinephile 03/05/2012 13:34



Ah, ouf pour la définition, je connais mon vocabulaire (avec une soeur en médecine, c'est pas très dur). Pour Poak, si je me souviens très bien de la césarienne gorrissime, j'ai du mal à me
rappeler des dernier sévices (c'est le soucis de POAK et de sa longueur, on finit par saturer et on se focalise sur ce qui marque).


Sur la question des animaux, nous sommes d'accord, Men behind the sun s'est sali les mains pour un résultat qui est hélas très en deça de POAK. Il risque fort de tomber dans l'oubli au vu de ce
concurrant de poids.


Et pour ce qui est de la bande son de Shevchenko, j'adore moi aussi, même si je dois écouter moins souvent que toi. Maintenant, je recherche les bandes sons de Nails et Visions of suffering,
elles sont tout aussi porteuses en termes d'ambiances.



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