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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 07:13

http://www.avoir-alire.com/IMG/jpg/ne_te_retourne_pas_grd.jpg

 

Les films fantastiques français de qualité ne sont pas loin de se compter sur les doigts d’une main. Pour tant, le dernier effort qui a été tenté dans cette direction n’a pas vraiment séduit, ne remportant aucune récompense à Cannes et ne retombant guère sur ses pattes une fois sortis en salles. Il s’agit de Ne te retourne pas de Marina de Van, une réalisatrice bien plus intéressante que son histoire ne le paraît.

L’histoire : Jeanne est un écrivain qui veut pouvoir se lancer dans l’écriture de son premier roman alors qu’elle était spécialisée dans la biographie. Mais alors qu’elle essaye de rassembler ses souvenirs pour en commencer la rédaction, son quotidien, avec sa mémoire, commence insidieusement à changer.

 

http://www.avoir-alire.com/IMG/jpg/ne_te_retourne_pas_1.jpg


Si l’explication rationnelle du phénomène est tout à fait envisageable (il suffit de voir les intrusions des effets spéciaux comme une transformation psychologique de l’héroïne), Ne te retourne pas a vraiment l’air, à sa première vision, d’un film fantastique bien construit, qui fait développer son histoire de façon intelligente, en faisant d’abord du phénomène une angoisse profonde. En effet, le personnage de Jeanne a un quotidien parfaitement stable au départ, avec mari et enfants. Mais plus elle tente de se concentrer sur son passé, plus son quotidien vole en éclat. Elle commence à croire que des meubles ont bougés, ce qui est le cas, mais la nouvelle configuration des pièces semble avoir été toujours la même pour le reste de la famille. Bientôt, se sont aussi ses enfants qui se mettent à changer (notamment la couleur de leurs yeux), avant que ce soit son mari qui affiche lui aussi un visage totalement différent. Toute la première partie du récit se construit comme un trip parano fantastique, qui semble sur le point de sombrer dans une histoire de folie avec de fréquents allers retours chez le psychiatre de la famille. N’oublions pas de préciser qu’elle perd aussi le sens de l’orientation, son adresse changeant régulièrement. Alors qu’on se demande ce qui peut bien être la cause de son état, c’est l’héroïne elle-même qui se met à changer de physique. On assiste alors à une des transformations les plus élégantes de cette décennie, avec des effets spéciaux très discret qui parviennent à entremêler des parties de Sophie Marceau et de Monica Bellucci sans problèmes (ce qui est, reconnaissons le, assez fort). Dans sa nouvelle apparence, elle retrouve alors une photographie d’elle et d’une petite fille, Jeanne (alors que son nouveau physique possède un prénom différent) prise en Italie à ses huit ans. Commence alors un retour sur ses traces en Italie, à la recherche de la vérité sur cette Jeanne qui a possédé sa vie pendant plus d’une vingtaine d’années. On pensait à une histoire de possession identitaire, un truc du genre. Ce n’est pas vraiment le cas, mais ça s’en rapproche, quand nous découvrons avec l’héroïne ce qui s’est passé à l’année charnière de ses huit ans et auparavant (elle n’a aucun souvenir datant d’avant cette période). Plutôt intéressant pour son propos sur l’identité, le film a surtout le mérite d’avoir un casting féminin assez enviable (Bellucci et Marceau), totalement impliqué dans l’histoire du film. Les effets spéciaux convaincants achèvent de parasiter finement l’ensemble du récit en première partie, en en faisant un des trips parano les plus subtils et les plus efficaces de ces dernières années. Malgré cela, le film ne semble pas tant percer que ça, bien qu’il regorge de qualité tout en conservant une certaine modestie dans ses enjeux (on ne sort jamais du cadre individuel) qui en fait un film de qualité. A voir, même si son rythme est parfois inégal et que son histoire déstabilisante peut en perturber plus d’un !

 

5/6

 

de Marina De Van
avec Sophie Marceau, Monica Bellucci

 

http://www.mikrosimage.eu/wp-content/uploads/2009/06/bigvisuel3-ne-te-reournespas.jpg

Un bel exemple des incroyables trucages numériques du film : du Bellucci avec un peu de Marceau, et hop, un nouveau visage !

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commentaires

A
<br /> ce film est un peu sorti ds l'indifférence générale, il faut bien le reconnaître<br /> <br /> <br />
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V
<br /> <br /> Et dont on entend plus beaucoup parler de nos jours, ce qui est bien dommage. Faut pas qu'il tombe dans l'oubli, les gars !<br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> jamais vu mais j'avais lu aussi une bonne critique ds Mad Movies. Va falloir que je trouve le tps de le trouver et de le regarder<br /> <br /> <br />
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V
<br /> <br /> Disons que voir des actrices pareilles jouer dans un film de cette qualité, avec des effets numériques presque invisibles et incontestablement chiadé, ça fait plaisir. Et dire qu'il n'a rien eu<br /> comme récompense...<br /> <br /> <br /> <br />

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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