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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 13:20

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On le sait, le nouveau cru de Michael Bay est différent des transformers. En fait, après une carrière parsemée de blockbusters, il se lance dans un projet de comédie régressive moins bête qu’elle n’en a l’air, mais bon, on est quand même chez Bay quoi. Ca tâche ! Mettant vraiment la pédale douce sur les effets spéciaux, le cador de l’explosion massive s’attarde sur ses personnages, développe leur vision du monde, raille gentiment le rêve américain… C’est amusant de découvrir que Bay peut parfois s’émouvoir sincèrement du sort de ses personnages.

L’histoire : A force de côtoyer de riches chefs d’entreprise faisant du sport, un bodybuilder décide de braquer l’un d’entre eux afin d’accéder à la richesse et au rêve américain. Pour réussir son coup, il s’allie avec un membre de son club de fitness et une armoire à glace catholique tout juste sortie de prison.

 

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No Pain no Gain a cela de stimulant, voir Bay qui s’attaque à une comédie dramatique avec un budget modeste, c’est si inattendu qu’on en perd nos reproches. Je raillais d’ailleurs Bay à une époque, pas parce que les budgets faramineux de ses film ont l’air de former une carrière commerciale ou que, simplement, certains de ses films sont nuls, mais parce que c’est permis, de critiquer Bay histoire de se donner une exigence artistique. Belle et cinglante répartie que ce No Pain no Gain, qui tape tout simplement dans un registre plus sobre et un peu plus intéressant que des robots qui cassent tout. Toutefois, Bay ne se renie pas. Bay fait toujours du Bay question humour, et c’est par endroits toujours lourd. Mais l’histoire vise quelque d’élevé derrière son approche régressive du monde. En fait, il réussit à maintenir une cohérence dans son histoire, en suivant ses anti-héros incapables de s’organiser correctement et de réussir un kidnapping sans se faire pincer. Tout le monde est stupide dans ce film. Nos anti-héros, le mec qu’ils braquent, les banquiers, les médecins, les flics, les pin up… C’est l’orgie de débilité à tous les niveaux, même dans ce récit de kidnapping, dont les rebondissements rivalisent en débilité. Avec parfois des pointes d’humour noir si crue qu’on pense aux frères Cohen. Oui, on peut maintenant citer Bay et les frères Cohen dans la même phrase. Et dernière la bêtise crasse de l’ensemble (qui sert beaucoup à se donner une façade de comédie), il y a cette modeste critique du rêve américain, convoité par les plus pauvres, au point de former un plan aussi… simple pour accéder au statut de riche. De la part de Bay, c’était pour ainsi dire inattendu, de même que cette vision régressive de l’ensemble du monde finalement cohérente dans sa tendance vers la médiocrité. Riche ou pauvre (les voisins des beaux quartiers  sont exactement au même niveau), tout le monde se rejoint dans la bêtise sans jamais la nommer, et c’est finalement tout l’intérêt de No pain no gain. Malgré quelques passages à vide qui tentent de se combler par des gags, le film ne parvient pas toujours à garder le niveau. Mais il parvient à le récupérer au cours d’un final sérieux tout à fait conscient de ses conclusions (quoique, les dernières paroles de la femme d’Ed Harris sonnent comme une étrange ironie venant de la part d’une riche ne s’étant jamais souciée de sa sécurité financière), qui termine de rendre attachants ces bodybuilders légèrement cons. A ce jeu, on peut saluer la prestation de The Rock, qui tient là son meilleur rôle depuis… toujours ? Excellent dans la carrure d’un catholique repenti toujours adepte de la grosse baffe dans la gueule pour s’expliquer, la montée de son personnage et sa déchéance touchent, de même que son retournement de veste de dernière minute assez couillu, mais finalement logique. Et comme tout semble coller au fait divers authentique, on peut effectivement parler de bonne adaptation. Assez vulgaire et peu subtile, mais finalement sincère dans le traitement des personnages principaux.

 

4/6


2013
de Michael Bay
avec Mark Wahlberg, Dwayne Johnson

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commentaires

Film streaming 20/05/2014 12:48

L'avantage de Bay, c'est que son film colle parfaitement à sa mise en scène parfois ampoulé, toujours aussi lourde, mais justifié par son histoire.

Film streaming gratuit 10/05/2014 00:51

Une critique qui donne envie !

voracinephile 12/05/2014 19:42



De la part de Michael Bay, qui l'eut cru ?



borat8 08/11/2013 23:48

Tu me diras tu n'es pas le premier à faire cette erreur. Perso je ne l'ai jamais fait mais cela reste une erreur qui revient souvent. Bon tu me diras tu ne pourras pas faire pire que LCI avec "Yann
Moax (et de une!) loréat (et de deux!) du prix Renaudeau (et de trois!)"

borat8 07/11/2013 23:57

Je ne suis pas fan des Coen (sans le h James sinon tu parles de réalisateurs frontaliers .)) mais c'est vrai que par le côté frappadingue et débile de certains personnages de ce film, cela peut
prêter à confusion. Je pense notamment à Steve Buscemi et Peter Stormare dans Fargo, Jeff Bridges et John Goodman dans The Big Lebowski ou le trio Clooney-Turturo-Nelson dans O'Brother.

voracinephile 08/11/2013 21:29



Damned ! Faute impardonnable !



Kapalsky 06/11/2013 20:15

Comme je l'ai lu sur un site américain, le film n'est pas la rédemption de Bay, mais assurément quelque chose de différent.

Maintenant je me demande depuis le premier Transformers si Bay n'essaie pas de concurrencer les Frères Coen? Il leur pique deux de ses acteurs fétiches, John Turturro et Frances McDormand, et
maintenant il prend un sujet que les frangins auraient très bien pu exploiter. Je sais pas, je sens la conspiration... :D

voracinephile 07/11/2013 21:56



Oh, voilà une théorie intéressante Kapalsky ! Bay qui se prendrait pour les frères Cohen, voilà qui ferait tiquer plus d'un cinéphile. Malheureusement pour Bay, ses transformers ne sont pas assez
humour noir pour être vu dans le même angle que No pain no gain... (même si je suis moins agressif à son sujet depuis quelques temps)... Peut être que Transformers 4 fera dans la satire sociale
pour rénover le registre...



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