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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 08:15

http://www.cinemagora.com/images/films/71/371-b-noblesse-oblige.jpg

 

Les comédies en noir et blanc, pour moi, il n’y avait que Docteur Folamour (sincèrement l’un des films les plus drôles que j’ai pu voir). Mais c’était avant que je découvre Noblesse oblige. Véritable merveille de comédie, à l’humour noir digne d’un Shakespeare, cette comédie explore avec une folie communicative le désir d’un membre rejeté d’une lignée noble d’acquérir un titre en éliminant pour cela les autres membres de l’arbre généalogique. Irrésistible, d’autant plus qu’on touche à une illustration du milieu, dont la constance fait qu’aujourd’hui encore, le film fonctionne aussi bien (toute proportion d’époque gardée).

L’histoire : Une femme noble décide de faire un mariage d’amour, et est par conséquent reniée par l’ensemble de la famille. Une fois morte, son fils jure de la venger en s’appropriant le titre de duc, en éliminant pour cela les autres héritiers qui le précèdent.

 


Magnifique histoire que celle-ci, d’une simplicité extrême et d’une efficacité à toute épreuve. En effet, par cet angle d’attaque (une noble devant se défaire de son amour-propre pour élever péniblement son enfant (ça le rapproche du public) avant de le voir reconquérir « son dû »), le réalisateur rend immédiatement son héros attachant, et justifie sa vengeance en effectuant un portrait atrocement détestable de la noblesse, qui évince tous ceux qui ne se conforment pas à la mondanité avec un mépris scandaleux, et qui pour des petites questions d’amour propre et d’honneur foule au pied des règles fondamentales de savoir vivre et de générosité (le refus d’enterrer la mère dans le caveau familial). Par de petites saillies, le portrait sied parfaitement à cette société dont les codes sont ici parfaitement décryptés, chaque membre illustrant une tendance de carrière « noble » en l’illustrant avec une ironie qui ne manque pas de mordant (un dans la marine, un prêtre, un canonnier, un banquier…). Chacun jouira d’une personnification des plus sympathiques, car caractérisé toujours par un défaut qui servira de prétexte à l’assassinat. Ainsi, notre héros devient un assassin accompli, variant les techniques avec une telle virtuosité que chaque mise à mort devient un moment fort du récit, férocement rythmé et enchaînant les portraits avec une énergie que peu de « vieux films » ont su conserver. Parallèlement à cela, notre héros reste en contact avec une amie d’enfance, largement intéressée par le statut social de son futur époux. Appréciant notre héros pour son caractère, elle le méprise cependant pendant sa période pauvre, en finissant par conclure un mariage d’argent avec un rustre ennuyeux qu’elle s’empresse de tromper. Magnifique personnage que cette blonde vénéneuse, qui tissera sa toile malgré le pouvoir croissant du nouveau Duc d’Ascoyne, quitte à le plonger dans un imbroglio judiciaire d’une merveilleuse ironie, dernier gros retournement comique qui permettra de parodier la Justice une dernière fois avant la fin du film. Féroce de long en large, toujours fonctionnel même si la facture du film fait toujours très années 50, cette comédie est un pur chef d’œuvre, un concentré d’humour noir de bon goût qu’il faut se faire un devoir de découvrir au plus vite. En tout cas mon avis est fait, c’est un chef d’œuvre (d’autant plus qu’une branche de ma famille s’inscrit totalement dans cette tendance).

 

6/6

 

1949
de Robert Hamer
avec Dennis Price, Joan Greenwood

 

http://images.allocine.fr/medias/nmedia/18/35/91/17/19012142.jpg

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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