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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 12:14

Nos_amis_les_Terriens-20070423084849.jpg

 

A ce jour, l'un des auteurs français de philosophie les plus populaires est Bernard Werber, qui nous a gratifié de quelques cycles de romans à cheval sur science fiction et philosophie, relativement plus tournés vers une approche populaire qu'un aboutissement profond sur les thèmes qu'il vise (notamment sur le sujet de la société, qu'il nous a bien traité et retraité dans sa trilogie des fourmis). Votre serviteur étant né le même jour (mais pas la même année) que Bernard, il s'est vu plusieurs fois offrir des tomes dudit auteur. Cependant, quand ce dernier a tenté une bève incursion dans le cinéma, le film est sorti dans l'indifférence totale, et une semaine plus tard il avait été complètement retiré des affiches. Film maudit ? Adaptation au grand écran vaseuse ? Hélas, au vu du résultat, on misera plutôt pour la deuxième observation.
L'histoire : Un homme puis une femme se réveillent sur un terrain plat et noir, délimité par des murs invisibles. On étudie leur comportement pendant quelques jours avant de voir plusieurs individus débarquer, formant un groupe dont on va suivre l'évolution.

 

http://media.zoom-cinema.fr/photos/2751/nos-amis-les-terriens-03.jpg

 

En quoi le film de Werber est-il un fiasco ? Et bien déjà parce que ça n'est pas un film ! C'est avant tout une pièce de théâtre, qui fait le pari intéressant de s'essayer au huis clos afin de faire vivre au spectateur une expérience sociologique en plein théâtre. Une excellente idée si la pièce est jouée en face de nous avec d'excellents acteurs. Le problème du film, c'est que formellement, le casting est très loin de convaincre (les profils psychologiques des différents individus sont surjoués, ce qui n'aide pas du tout à nous immerger dans l'histoire), et il a été filmé comme une émission de télé qui filmerait une pièce lambda. C'est plat, sans esthétique, moche et cheap. Il n'y a même pas la surprise d'un film comme Dogville ou Manderlay, où les bâtiments n'avaient aucun mur afin de nous permettre de suivre toutes les actions des individus dans le village. Ici, la mocheté du projet l'emporte d'emblée, et on se fera donc chier à regarder du théâtre là où on attendait du spectacle. Venons en maintenant aux thématiques. On suit d'abord un couple homme-femme, qui finit mathématiquement par s'unir malgré leur vie précédente, avant de les placer au sein d'un groupe d'individus humains. On suit alors la répartition de leurs rôles, tels des cobayes, et nous voyons donc ceux qui endossent le rôle de Dominant dominant, de Dominant dominé et de Dominé dominé, établissant une hiérarchie sociale. Bien, sauf qu'on est pas satisfait. Déjà, comme dit précédemment, le casting inégal a horriblement de mal à instiller de la crédibilité à leur rôle avec leur jeu manichéen manquant de naturel. De plus, on a l'impression ici de voir du recyclage. Werber nous a mainte et mainte fois décrit la même expérience des rats de laboratoires qui établissent les mêmes hiérarchies au sein d'un groupe que nous, et si le message portait ses fruits la première fois, il devient vite saoûlant de le voir se répéter, et de constater que son discours n'a pas évolué, ne s'est même pas développé pendant une dizaine d'années. On se répète, on a aucune surprise, et lorsqu'arrive le premier meurtre, on n'est pas surpris le moins du monde, et on n'éprouve pas le moindre élan de compassion pour la personne disparue. D'ailleurs, où vut en venir le film ? Il effectue le postulat intéressant de prendre des extra terrestres qui jugeraient le monde humain. Intéressant, d'autant plus qu'il a tendance à stigmatiser le mode de vie des sociétés civilisées et certaines de nos coutûmes. Cependant, cette approche tourne rapidement à vide (en dehors de quelques boutades, elle ne fait que rabâcher des problèmes dont nous avons tous connaissance), quand elle ne tourne pas carrément à l'hypocrisie (Oh, les extra terrestres recyclent TOUS leurs déchets ? Ils respectent leur monde depuis l'apparition de leur race ? C'est-y pas beau !). En bref, le film de Werber ne relève en rien du spectacle qu'il nous donnait d'habitude à lire avec ses livres (qui sont tout de même plutôt sympathiques dans l'ensemble), et ennuie clairement pour la répétition de son propos et son absence de conclusion (ce qu'il y a de beau dans l'humanité ? L'amour et l'art... Attendez, je verse une larme). Si le film avait été fait il y a trente ans, je ne dis pas. Pas de nos jours, il suffit d'avoir lu l'encyclopédie du savoir relatif et absolu pour avoir assimilé une bonne partie des idées de Werber. Qui plus est sans s'emmerder pendant une heure et demie. Dommage Bernard, mais si tu arrives à booster des producteurs pour adapter tes Fourmis, on sera au rendez-vous.

2/6

 

de Bernard Werber
avec Pierre Arditi, Audrey Dana

 

http://www.scifi-universe.com/upload/galeries/nosamislesterriens05.jpg

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commentaires

nicos31 21/07/2011 19:26


un très mauvais film... pour ma part j'ai publier aujourd'hui un article sur "Halloween" ainsi qu'un consacré aux affiches du film.


voracinephile 22/07/2011 09:17



Tu es encore plus radical que moi ^^. Oui, clairement, cette première adaptation est très en deça des possibilités de cet auteur, qui devrait laisser aux autres le soin d'adapter ses oeuvres.



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