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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 06:32

http://cine-pizza.fr/img/visuels-films/opera_943.jpg

 

Dario Argento, réalisateur mythique tombé en disgrâce maintenant qu’il tourne des commandes sans l’âme de ses anciennes productions (pour un Jenifer convaincant, combien de Card player, de Giallo…). Ceci n’efface heureusement pas cela : ses anciennes productions restent des petits chefs d’œuvres du genre. Et on s’attaque tout de suite à l’une des plus belles pièces de sa collection : Opera. Un sommet du thriller giallesque, paré d’une esthétique baroque et d’une mise en scène époustouflante, qui multiplie les moments de virtuosités pour nous livrer un spectacle qui demeurera l’une de ses meilleures productions.

Betty, une chanteuse d’Opera, se voit attribuée le rôle phare de la pièce MacBeth suite à l’accident de la vedette locale. Mais très vite, un mystérieux fan la harcèle et commet plusieurs meurtres avec les hommes proches de la demoiselle.

 

http://www.filmsdocumentary.com/wp-content/uploads/2010/11/terror-at-the-opera-title-still-640x250.jpg


On notera immédiatement la facture prestigieuse du film de Dario, qui utilise ici magnifiquement ses lieux, et qui filme avec une fluidité remarquable, nous gratifiant en cours de film d’un nombre assez important de plans séquences parfaitement cadrés, qui ont le mérite de créer une ambiance intéressante au milieu de tous ces décors baroques. Le style est indéniablement chargé, comme le confirment les pièces des scènes de meurtres, qui contiennent toutes des décorations anciennes, et en quantité. Nouvelle atmosphère explorée dans le giallo, le meurtrier tue ici indistinctement hommes et femmes. Il ne le fait cependant pas dans le désordre, puisque chacune des victimes, hormis le projectionniste du début était une personne chère aux yeux de Betty, ou sera tuée carrément sous ses yeux sans qu’elle puisse s’empêcher de regarder. Car dans Opera, Argento met en scène ses meurtres les plus pervers, la victime féminine étant obligée de garder les paupières ouvertes pour ne pas se les faire déchirer. Ce qui rend dès lors le calvaire des assassinats insupportable pour elle, d’autant plus que celles-ci gagnent en intensité dans le gore (d’abord une simple gorge percée, puis un poignarda gé au ciseaux avant une ouverture du sternum, Dario n’y va pas de main morte). En fait, le petit souci du film pendant sa plus grande partie, ce sont surtout les dialogues, qui ralentissent un peu l’histoire et qui font jouer les acteurs théâtralement, ce qui est parfaitement dans le ton du giallo, mais qui a mal vieilli avec le temps. On voit aussi venir le coup des oiseaux, joli hommage à Hitchcock, ici parfaitement assimilé par l’histoire de Dario qui se plaît à filmer ses piafs et à en faire la clef de l’énigme. Etant dans le giallo, il vaut mieux dès lors se laisser porter par l’histoire, la moindre tentative sérieuse d’analyse des situations ne tenant pas très longtemps (pourquoi balancer les piafs en plein milieu du spectacle, ruinant ainsi complètement une soirée ?). Ce sont les ambiances qui prédominent, et certaines sont d’une redoutable efficacité. Par exemple, cette séquence dans l’appartement, où l’amie de Betty arrive en disant qu’un flic monte alors que celui-ci est déjà dans l’appartement est une merveille de suspense, le danger pouvant être aussi présent à l’intérieur qu’enfermé dehors… On a droit alors à 10 minutes de pure flippe, magnifiées par des éclairages totalement surréalistes qui donnent au film une saveur incomparable, et qui trouvera son dénouement dans un conduit d’aération. Concernant les personnages, ils rappellent eux aussi les ambiances plutôt froides du film. Betty est une frigide notable, que le meurtrier essaye désespérément d’exciter en lui offrant la Mort comme stimulant (les explications seront données au cours d’un face à face final classique, qui rappellera un certain dénouement d’un livre de Thomas Harris). Quant au metteur en scène (avec une coupe de Bruce Willis), il prend tout avec froideur, et se révèle très ambigu tout au long du film. Bref, c’est un spectacle qui en impose, qui se révèle diaboliquement efficace lors de ses séquences de meurtres et qui demeure une œuvre à l’ambiance très réussie. 3ème de mon classement Argento.

 

5/6

 

de Dario Argento
avec Ian Charleson, Daria Nicolodi

 

http://www.horrordvds.com/reviews/n-z/opera/opera_shot2l.jpg

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commentaires

hdef 06/03/2014 20:30

S'ils avaient pu enlever le film carrément... :D
Plus sérieusement, j'ai tendance à le trouver un peu formaté et prévisible, mais je suis dur avec Argento (n'y a qu'à voir mes avis assassins sur Tenebre) et les critiques sont faites aussi parfois
pour faire changer l'opinion des lecteurs.
Wait and see...

hdef 02/03/2014 13:12

Ah... (grosse déception)
Ben j'attends donc la chronique (parce que pour moi le film vaut à peine 1,5...) pour en parler parce que vraiment...

voracinephile 02/03/2014 14:09



Oui... Désolé de te faire de la peine :(


Je vais écrire cela au plus vite. C'est un film hélas trop long (on aurait dû enlever une demi-heure), mais ce syndrome de stendhal a d'excellentes idées et je ne trouve pas la performance d'Asia
nulle.



hdef 28/02/2014 18:37

Ha ha ! Eh ben voilà !! J'arrive toujours à mes fins lol :D
Du 5/6 carrément pour moi

voracinephile 01/03/2014 11:06



Mais je parlais du syndrome de stendhal... XD Même après révision, Phenomena tourne toujours à 4/6 pour moi.



hdef 28/02/2014 13:14

Tututututututut !! Te casse pas la tête : http://www.youtube.com/watch?v=uAVoooUXU_E pour le voir en entier sur youtube. En VO + version uncut !
Enjoy

voracinephile 28/02/2014 18:01



Merci ! Je l'ai revu, et je confirme tout l'attachement que j'ai pour ce film. Un 4,5/6 bien mérité, et que j'appuyerai fièrement dans ma chronique !



hdef 27/02/2014 12:04

J'attends la dite-chronique avec impatience !!!

voracinephile 27/02/2014 17:34



Il faudra pourtant être patient... J'ai acheté le dvd, mais il est dans la demeure familiale. Je le visionnerai donc à mon retour pendant les vacances du 10 mars !



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