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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 18:15

Pacific-Rim-main-Poster-Guillermo-Del-Toro-movie-new-banner.jpg

 

En attendant ma chronique révisionniste sur Transformers, parlons du dernier film de robots sorti dans nos salles chauffées à blanc : Pacific Rim. A grand renfort de trailers agressifs, d’images icôniques et de promesses d’une rare ambition (ressusciter la mode des Kaijus, vraiment ?). Savoir que Guillermo avait détesté la version Emmerich de Godzilla était encourageant, mais Guillermo arriverait-il à gagner son intégrité en face des producteurs ? Un Battleship est si vite arrivé… Et finalement, si le film se révèle largement à la hauteur question effets spéciaux, à défaut de gagner de la profondeur (script idiot qui enchaîne grossièrement les combats), il évite toute la vulgarité habituellement d’office…

L’histoire : après l’ouverture inexplicable d’une faille dimensionnelle dans les Mariannes, d’énormes monstres sont projetés dans notre monde, détruisant tout sur leur passage. Face à la menace, l’humanité toute entière s’unit pour construire de gigantesques robots, manipulés via des connexions nerveuses par pilote embarqué. Ces machines, appelées Jaegers, deviennent vite le seul rempart efficace contre les créatures, de plus en plus grosses.

 

pacific-rim-the-jaeger-program.jpg

 

Guillermo Del Toro affirmait que Pacific Rim était son projet qui avait le plus d’ampleur, c’est effectivement le cas. Le gigantisme des affrontements promit est à nul autre pareil, et on comprend que l’aspect numérique des effets spéciaux était indispensable pour obtenir de tels effets. Magnifiés par une 3D taillée sur mesure (vous aurez envie de crier de satisfaction à chaque uppercut), Pacific Rim est un pur projet de récréation, qui fait effectivement retomber en enfance devant tout l’aspect ludique de la situation. L’intro va sans doute un peu vite en besogne, mais elle ancre bien son sujet dans un contexte international et passe efficacement le pacte du divertissement avec son spectateur, montrant d’office qu’il n’y aura pas d’escroquerie ni de facilité. Si les deux frères têtes brûlées font un peu peur au début (bon sang, comme dans Battleship !), les 15 premières minutes ont le mérite de clarifier les choses, et très vite, le script prend des directions sympathiques qui viennent apporter leur quota de divertissement, malgré la légèreté évidente (et somme toute inévitable) des enjeux. Suite à l’intensification des attaques des monstres, les dernières ressources de l’humanité sont concentrées dans le but de préparer une ultime attaque contre la faille. S’ensuivent les présentations des personnages secondaires, et nous découvrons donc soit des clichés très drôles (les deux scientifiques, mes préférés, surtout le mathématicien complètement INTP méprisant la poésie (« mensonge ! Seul les Mathématiques approchent de la Vérité ! ») qui cabotine avec une jubilation communicative, mais pouvant susciter l'agacement), soit des personnages fonctionnels, suffisamment épaissis pour sortir du simple cliché qu’ils illustrent (le trauma du héros, pas terrible, mais fonctionnel), ou faisant correctement leur office (le connard de service). Et concernant les attractions principales, à savoir les affrontements, ils sont aussi nombreux que variés. Renchérissant constamment en termes de taille, tous les monstres bénéficient d’un design particulier (le crabe est mon favori) et d’appendices de combat originaux qui jouent constamment sur les affrontements. Autant dire que dans un Tokyo illuminé par la nuit, à grand coup de pétroliers, le tout est d’une ampleur rarement vue, et l’enthousiasme de la destruction massive fait complètement son office. Sans renier les morts, les destructions y vont franco, pulvérisant des immeubles avec un réalisme rarement égalé. Enfin, sans trahir quoi que ce soit de l’histoire, on retrouve la richesse de l’univers de Del Toro, qui intègre les corps des monstres abattus dans des bâtiments, qui décrit l’économie souterraine recyclant les corps des Kaijus, jusqu’à une balade dans les entrailles de l’un d’entre eux fraîchement abattu. De véritables moments de bravoure. Et pour les fans de Del Toro, ce dernier a engagé Ron Perlman dans un second rôle complètement irrésistible, qui fera sourire tous les cinéphiles à chacune de ses apparitions. Un personnage réjouissant qui s’intègre parfaitement dans la bonne humeur du projet, confirmant tout le sérieux avec lequel Guillermo traite ses personnages. Le grand spectacle est donc au rendez vous, remettant au goût du jour l’essence très japonaise du projet, sans promouvoir l’armée ni trop se compromettre dans les fautes de goûts qui rabaissent ses concurrents (quelques discours vraiment craignos quand même, digne d'Independance Day de ce bon vieux Emmerich), sans toutefois révolutionner quoi que ce soit. Loin d'être une déception, c'est un divertissement tout à fait recommandable pour en prendre plein les yeux.

 

 

4,3/6


2013
de Guillermo del Toro
avec Charlie Hunnam, Idris Elba

 

Pacific-Rim-Movie-HD-Wallpaper.jpg

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commentaires

Xelloss 27/01/2014 15:38

Bon, ça fait un moment qu'il est sorti mais j'm'en tape l'arrière-train avec une babouche sur l'air de God Save The Queen !

vous voila prévenus, attentifs lecteurs.
J'ai une fois de plus sournoisement subtilisé la pelle du Fossoyeur de Films.

Remontons le temps, voulez-vous :
Ballade innocente dans un magasin et surtout dans le rayon vidéo...
Cible repérée
cible accrochée
Cible capturée !

Bref, le Bluray 3D en main, nous finissons les courses avec un constat déjà affligeant :
On va se prendre une plainte de la part des corbeaux pour tapage nocturne ce soir...
Mais comme les corbeaux n'ont toujours pas déposé de dossier à la gendarmerie, on est tranquille.
(en même temps, vous avez déjà essayé de rédiger un truc avec des pattes de piaf, vous ? XD )


=> Ceci est une ellipse temporelle nous menant directement à la fin du générique

borat8 05/08/2013 12:24

Déjà que nous avions admiré l'ami Franco dans sa parodie de Bieber...

Zogarok 04/08/2013 22:15

On peut le pointer mais je ne vois pas l'intérêt, c'est commun au genre, pas plus proéminent dans les "Transformers" 1 et 2 (c'est surtout ce dernier aspect que je retiens). Et en passant oui je ne
vois pas le problème de cette fibre patriotique, dans le contexte - surtout que c'est plus une mobilisation face à la menace ; et de toutes façons "Pacific Rim" est exactement dans cette dynamique
aussi (c'est pourquoi je le trouve tout aussi "patriotique" dans l'esprit - pas de patrie précise certes, je m'en fous, c'est l'esprit qui compte).

voracinephile 05/08/2013 10:34



Oups, je me rappelle que tu avais déjà souligné ce patriotisme mondial. Pris la plupart du temps pour de l'impérialisme américain type ID4 : notre nation étoilée semble la seule à réagir en face
de l'invasion (les français, tu parles, ils se sont planqués dans leur cave à vin...). Quant au détachement, il est quand même plus palpable dans le 2, qui remake le 1 avec un peu plus d'humour
lourd...



borat8 04/08/2013 20:28

Je n'ose imaginer ce que tu vas pondre sur Spring breakers parce qu'en dehors de reluquer le cul (fort joli) des miss (également)...

voracinephile 04/08/2013 23:40



Oh, je l'ai pris comme un film trash bien putassier. J'aime l'idée, mais le résultat n'est pas à la hauteur... Reste James Franco, énorme



Mouhahahaha ! Entendez moi me gausser grasXelloss 03/08/2013 23:17

Haha, en effet, Pacific Rim n'est pas Inception et encore moins Cloud Atlas...
Mais bon, vu que ce truc ne prétend pas faire des nœuds avec le cerveau des spectateurs, il faut prendre le média pour ce qu'il est et le ranger dans le même tiroir que Tron Legacy, Ga'hoole,
Dragon Gate et autres Avatar...

Mais si, ce tiroir avec la p'tite n'étiquette "PanDansLesDents, PafDansLaFace"

Car il faut bien l'admettre, ces films compensent leur (faible ?) scénario par un visuel qui tatane la rétine du spectateur (et pour certains, une bande son qui s'occupe des bazouilles pendant que
les images font leur fête aux rétines XD )

Et une fois n'est pas coutume, ils nous ont enfin montré que quand on se met sur la tronche en ville, ça fait des dégats (Man Of Steel envoie aussi du pâté de ce côté ;) )
Marre de voir des trucs tirer en ville sans que les bâtiments d'en face ne soient égratignés >_

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